XV de France: "personne n'est installé", assure François Cros

Appelé dans le groupe pour le Tournoi des six nations sans avoir joué depuis près de trois mois, François Cros se dit, dans un entretien à l'AFP, "très content de la confiance" accordée par le staff de l'équipe de France, sans pour autant se sentir "installé".

Anne-Christine POUJOULAT - AFP/Archives

Appelé dans le groupe pour le Tournoi des six nations sans avoir joué depuis près de trois mois, François Cros se dit, dans un entretien à l'AFP, "très content de la confiance" accordée par le staff de l'équipe de France, sans pour autant se sentir "installé".

Victime d'une fracture à un pied fin octobre, le troisième ligne du Stade toulousain (26 ans, 8 sélections), diplômé de podologie, doit faire son retour à la compétition samedi à Agen, à l'occasion de la 19e journée avancée du Top 14.

Question: Comment vous sentez-vous après cette longue absence?

Réponse: "Il me tarde de rejouer, de retrouver les sensations sur le terrain pour voir où j'en suis et mettre cette blessure derrière moi... On a beau se sentir bien et s'entraîner correctement, le révélateur, c'est le terrain."

Q: Etre blessé au pied, n'est-ce pas le comble du podologue?

R: "Malheureusement, sur une fracture, un podologue ne fait pas grand-chose! Cela ne m'a pas forcément aidé dans ma convalescence. Je pensais pouvoir reprendre un peu plus tôt au départ. C'est long, trois mois... Mais il fallait attendre que la fracture soit bien consolidée pour ne pas avoir d'autres séquelles derrière. Il faut prendre son mal en patience. Et c'est vrai que j'ai la chance d'avoir la podologie à côté qui me permet de faire autre chose, de penser à autre chose qu'au rugby de temps en temps."

Q: Avez-vous quand même suivi l'équipe de France lors de la Coupe d'automne des nations?

R: "Bien sûr! J'ai regardé les matches et c'est très flatteur pour notre groupe France d'avoir - en ayant changé énormément de joueurs - toujours une identité qui reste là. C'est porteur et de bon augure pour la suite."

Q: Le Stade toulousain a aussi enclenché une bonne dynamique pendant votre absence...

R: "Le club tourne bien en ce moment, c'est top pour nous, ça permet d'évoluer dans de bonnes conditions, avec la confiance. A moi de me montrer au niveau qui est le leur actuellement."

Q: Avez-vous été surpris d'être appelé?

R: "Je ne sais pas si +surpris+ est le terme. C'est vrai que j'avais cette appréhension de ne pas y être... Et j'ai été plutôt très content de la confiance que m'a offert le staff. J'ai conscience que c'est quand même assez particulier d'avoir été repris directement après une longue blessure, sans avoir joué."

Q: Est-ce le signe que la troisième ligne que vous formez avec Charles Ollivon et Grégory Alldritt est installée dans l'esprit du sélectionneur?

R: "Quand on se sent installé, on manque déjà d'humilité et on peut se sentir arrivé. Pour l'instant, notre association fonctionne bien. Mais, quand nous n'avons pas été alignés sur la tournée d'automne, la troisième ligne a aussi été très performante. C'est ce qui est bien dans ce groupe: personne n'est installé, la concurrence est grande et ça nous tire tous vers le haut."

Q: Aviez-vous été en contact avec l'encadrement des Bleus?

R: "J'ai eu des contacts réguliers avec plusieurs membres du staff technique et médical. Cela fait plaisir qu'ils s'intéressent à moi et qu'ils prennent des nouvelles. Et j'ai eu un contact avec Fabien (Galthié) un peu avant l'annonce. Il avait besoin d'avoir mon ressenti, de savoir dans quelle condition physique j'étais. J'attends maintenant de le prouver par le terrain plus que par des paroles."

Q: Comment vivez-vous l'incertitude qui plane sur la tenue du Tournoi en raison de la crise sanitaire?

R: "C'est particulier, on a des incertitudes sur plusieurs compétitions. C'est un événement qu'on n'a pas envie de louper et on se prépare fort comme si on allait le jouer jusqu'au bout."

Q: Avec quelle ambition?

R: "On est une équipe en construction. Donc l'objectif est de toujours avancer, toujours progresser. C'est un groupe qui est en confiance, mais surtout qui vit bien. Chacun a de l'importance, chacun a sa part de responsabilité. Et c'est rare les équipes qui fonctionnent comme ça."

Propos recueillis par Sébastien DUVAL

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