XV de France: les clubs du Top 14 ont l'impression de "payer les pots cassés"

"On en paye les pots cassés": entre joueurs contaminés ou cas contacts et une nouvelle date à trouver pour le match du Tournoi des six nations France-Ecosse, le mécontentement est palpable parmi les clubs du Top 14 face aux déboires sanitaires chez les Bleus.

Lionel BONAVENTURE - AFP/Archives

"On en paye les pots cassés": entre joueurs contaminés ou cas contacts et une nouvelle date à trouver pour le match du Tournoi des six nations France-Ecosse, le mécontentement est palpable parmi les clubs du Top 14 face aux déboires sanitaires chez les Bleus.

Le calendrier de la Coupe du monde 2023 venait à peine d'être dévoilé, avec un alléchant France-Nouvelle-Zélande en guise de hors-d’œuvre, lorsque Didier Lacroix a été invité vendredi, en marge d'un événement organisé à cette occasion à Toulouse par la région Occitanie, à s'exprimer sur le foyer de contagion au Covid-19 apparu au sein du XV de France.

Alors, au nom de l'intérêt supérieur du rugby français, le président du Stade toulousain en a appelé à la "solidarité" de tous les acteurs concernés: "dans les moments difficiles, il faut être très solidaire, très humble, ça peut arriver à tout le monde. Sachons se serrer les coudes".

"Regarder qui est malade et s'il y a des conséquences m'importe plus que de savoir qui est le patient zéro", a-t-il insisté.

En attendant les conclusions du rapport que la Fédération française de rugby (FFR) doit remettre mardi au ministère des Sports afin de faire la lumière sur la chaîne de contamination, l'entraîneur des avants toulousains Jean Bouilhou s'était montré la veille un peu moins consensuel que son président.

"On est presque les fournisseurs officiels de l'équipe de France", avait-il grincé, avant de devoir se déplacer chez le leader du Top 14, La Rochelle, sans sept joueurs majeurs: Cyril Baille, Antoine Dupont, Julien Marchand et Peato Mauvaka, tous testés positifs au Covid pendant leur séjour en sélection, mais aussi Dorian Aldegheri, Selevasio Tolofua et Thomas Ramos, appelés à leur tour à Marcoussis au fil des forfaits successifs.

"Ça nous est préjudiciable, mais c'est comme ça. On fait comme on peut et on subit la situation", avait regretté Bouilhou.

- "Agaçant et frustrant" -

L'entraîneur de l'Union Bordeaux-Bègles (UBB), Christophe Urios, avant un match de Top 14 à Montpellier, le 28 novembre 2020

L'entraîneur de l'Union Bordeaux-Bègles (UBB), Christophe Urios, avant un match de Top 14 à Montpellier, le 28 novembre 2020

Pascal GUYOT - AFP/Archives

Un sentiment d'impuissance partagé par l'entraîneur de l'Union Bordeaux-Bègles (UBB) Christophe Urios, qui a lui vu partir six de ses hommes chez les Bleus de Fabien Galthié.

"Je suis très fier quand on a des joueurs qui sont appelés en équipe de France, mais là ça me fait +chier+ pour ceux qui sont partis", a-t-il déclaré la semaine dernière. "Il y a probablement eu une +connerie+ de faite, je n'en sais rien, mais on a un peu l'impression que l'on en paye les pots cassés".

Aux doutes sur la gestion de la situation sanitaire par l'encadrement du XV de France et les autorités fédérales, s'ajoute le casse-tête du report du match France-Ecosse.

La FFR souhaiterait idéalement qu'il soit disputé fin mars - le 26, 27 ou 28 - soit au-delà de la fenêtre internationale, en plein week-end de Top 14 et à une semaine de la reprise de la Coupe d'Europe.

Cela induirait de nouvelles négociations avec les clubs, après celles déjà tendues de l'automne dernier sur la mise à disposition des internationaux, qui avaient contraint le sélectionneur Fabien Galthié à une large revue d'effectif.

Le compromis serait, en cas de report fin mars de la rencontre face à l'Ecosse, dont la décision finale revient au comité organisateur du Tournoi, que les Bleus soient libérés ce week-end pour la 18e journée du Top 14.

"Une fausse bonne nouvelle" pour le président du RC Toulon Bernard Lemaître, puisque les joueurs contaminés ne pourront pas jouer.

"C'est du bidon et ils le savent très bien, que ce soit à la Fédération ou à la Ligue", a-t-il dit lundi à l'AFP, alors que son équipe vient d'enchaîner deux revers inhabituels à domicile en championnat.

"La situation en équipe de France est agaçante et frustrante parce qu'il y a le dit et le non-dit. Nous, les clubs, ne sommes pas du tout maîtres du jeu pour nos propres joueurs. Chacun a sa vérité, son protocole".

Par Sébastien DUVAL / Toulouse (AFP) / © 2021 AFP