Vendée Globe: le suspense à son comble à 24 heures de l'arrivée

A 24 heures de l'arrivée du Vendée Globe, impossible de savoir qui sera le vainqueur parmi le groupe de cinq bateaux qui mène la course vers les Sables-d'Olonne dans un sprint au suspense inédit, accentué par les compensations dont bénéficient ceux qui se sont déroutés pour sauver un concurrent.

LOIC VENANCE - AFP/Archives

A 24 heures de l'arrivée du Vendée Globe, impossible de savoir qui sera le vainqueur parmi le groupe de cinq bateaux qui mène la course vers les Sables-d'Olonne dans un sprint au suspense inédit, accentué par les compensations dont bénéficient ceux qui se sont déroutés pour sauver un concurrent.

"Ca fait tellement longtemps que je suis en mer que j'ai oublié que la vie à terre existait vraiment, ma norme c'est d'être sur Apivia, c'est d'être sur mon bateau et j'arrive pas du tout, mais alors pas du tout à me dire que l'arrivée est imminente", a expliqué mardi Charlie Dalin qui est en tête après 79 jours et devrait arriver en début de soirée mercredi.

Derrière lui, Louis Burton (Bureau Vallée 2) et Boris Herrmann (SeaExplorer - Yacht Club de Monaco) devraient arriver dans la soirée de mercredi, tandis que Thomas Ruyant (LinkedOut) est attendu en début de nuit, suivi de Yannick Bestaven en milieu de nuit/début de matinée.

- "Incapable de donner le podium" -

L'Allemand Boris Herrmann à bord de son monocoque "Seaexplorer" après le départ du Vendée Globe, aux Sables-d'Olonne, le 8 novembre 2020

Loic VENANCE - AFP/Archives

Le premier qui passera la ligne d'arrivée pourrait ne pas être le vainqueur, car deux marins dans le groupe de tête bénéficient d'une compensation horaire pour avoir aidé aux recherches lors du naufrage de Kevin Escoffier: il s'agit de l'Allemand Boris Herrmann, actuellement en deuxième position à 82 milles nautiques (152 km) derrière Charlie Dalin et qui a une compensation de 6 heures, et Yannick Bestaven (266 milles/493 km derrière le leader) avec une compensation de 10 heures et 15 minutes.

"Je sais que ça va se jouer à quelques heures ou quelques minutes près tout ça, donc pour n'avoir rien à regretter après la ligne d'arrivée franchie, je vais tout donner jusqu'au bout", a expliqué à l'AFP Yannick Bestaven.

Pour retrouver un pareil suspense, il faut remonter à l'édition 2012-2013 lorsque Armel Le Cléac'h était arrivé seulement trois heures et 17 minutes après le vainqueur François Gabart, mais lors de cette édition-là, les bateaux suivants avaient rejoint le port respectivement deux jours, huit jours et neuf jours après le duo de tête.

"C'est carrément inédit, comment imaginer d'être sur un plateau de compétiteurs aussi serré après un tour du monde sans escale et sans assistance. C'est incroyable. C'est la première fois qu'on voit ça. Tant mieux, ça prouve que le sport est à sa place. Il y a de la compétition et c'est ça qu'il faut retenir, on est incapable de donner le podium. Donc ça veut dire que le niveau est excellent", a souligné le directeur de course Jacques Caraës.

- Arrivée 'un peu triste' -

Jean Le Cam à bord de son monocoque "Yes We Cam!", avant le départ du Vendée Globe, aux Sables-d'Olonne, le 8 novembre 2020

LOIC VENANCE - AFP/Archives

En raison des compensations, le skipper Jean Le Cam pourrait monter sur la troisième marche du podium même s'il est actuellement huitième car il obtenu seize heures et quinze minutes pour le sauvetage de Kévin Escoffier.

"Dans le coeur des amateurs du Vendée Globe 2020-2021, c'est évidemment Jean Le Cam qui est déjà vainqueur", a estimé le maire des Sables-d'Olonne, Yannick Moreau, se réjouissant d'avoir obtenu mardi l'autorisation de la préfecture pour que des bénévoles du Vendée Globe forment une haie d'honneur pour les skippers qui arriveront entre mercredi et vendredi soir.

"Cette haie d'honneur sera composée de 300 bénévoles, qui seront chacun masqué, placés à quatre mètres les uns des autres, le long du chenal de manière à pouvoir apporter un peu d'humanité, de chaleur, et de ferveur à l'arrivée des skippers du Vendée Globe et éviter qu'ils rentrent dans un port désert, l'hiver, dans le silence sanitaire de la France d'aujourd'hui", a précisé à l'AFP M. Moreau.

Comme au départ, les spectateurs ne seront pas autorisés à admirer leurs héros sur le chenal des Sables-d'Olonne en raison de la crise sanitaire.

Sur les 33 bateaux qui ont pris le départ, huit ont abandonné et 25 sont toujours en course, les derniers concurrents venant de passer le Cap Horn.

Par Fanny ANDRE / Les Sables-d'Olonne (France) (AFP) / © 2021 AFP