Ski alpin: Bassino, tête en l'air dans la vie, idées claires sur les skis

Elle est parfois surnommée "Dory", comme le poisson tête en l'air du "Monde de Nemo" qui oublie toujours tout, mais l'Italienne Marta Bassino, N.1 mondiale en slalom géant l'hiver dernier, a les idées claires quand elle chausse les skis.

Fabrice COFFRINI - AFP/Archives

Elle est parfois surnommée "Dory", comme le poisson tête en l'air du "Monde de Nemo" qui oublie toujours tout, mais l'Italienne Marta Bassino, N.1 mondiale en slalom géant l'hiver dernier, a les idées claires quand elle chausse les skis.

A Sölden, où démarre la saison avec les traditionnels géants féminin (samedi) et masculin (dimanche), l'Italienne retrouve une piste où elle a brillé l'an dernier, victorieuse d'une course disputée à huis clos pour cause de pandémie.

"C'est un très beau souvenir, avec Federica (Brignone) deuxième. Et là, il va y avoir en plus le public. Mes parents ont pris leur billet pour venir me soutenir", confie à l'AFP la skieuse de 25 ans.

"Chaque saison est différente, mais on va repartir sur cette base avec une grande confiance dans mes possibilités", ajoute-t-elle, retenant "la constance" qu'elle a "réussi à trouver la saison dernière" avec quatre victoires (pour cinq podiums) en géant en Coupe du monde, auxquelles s'ajoute la seule médaille d'or italienne (en parallèle individuel) aux Mondiaux de Cortina en février.

Jolie progression pour celle qui ne comptait avant cette belle saison qu'un succès en Coupe du monde (en 2019).

- Emulation à l'italienne -

"Assez polyvalente" par nature, la championne du monde juniors 2014 en géant espère progresser encore en super-G et ne boudera pas le slalom ou la descente: "On va voir comment la saison se déroule, mais l'idée est de faire toutes les disciplines", souligne la troisième lame d'un redoutable trio italien, avec Brignone et Sofia Goggia.

L'Italienne Marta Bassino avec le Globe de cristal de la Coupe du monde du slalom géant féminin, à Lenzerheide (Suisse), le 21 mars 2021.

L'Italienne Marta Bassino avec le Globe de cristal de la Coupe du monde du slalom géant féminin, à Lenzerheide (Suisse), le 21 mars 2021.

Fabrice COFFRINI - AFP

"J'ai progressé avec elles. Quand tu t'entraînes avec des athlètes aussi fortes, elles te poussent vraiment à sortir tout ce que tu sais faire et même à chercher tes limites. A la fois sur le plan technique, quand tu analyses ce que fait l'une ou l'autre, et à la fois sur l'aspect mental, quand tu vois comment elles abordent les choses, leur détermination", décrit Bassino.

Sofia Goggia, spécialiste de la descente, reconnaît avoir profité de ses conseils: "Elle m'a beaucoup aidé à comprendre comment on skie vraiment en géant. Il y a beaucoup à apprendre de tous et en particulier de celle qui est actuellement la numéro un dans cette discipline. Parce que je pense que le géant est un peu la clé de voûte d'une certaine constance", relève Goggia.

"On est toujours ensemble, on se ressemble", sourit encore la descendeuse, affichant de vraies affinités avec Bassino alors que Brignone a davantage pris ses distances, en s'entraînant souvent hors de l'équipe avec son frère.

- "Avec le sourire" -

La Française Tessa Worley, double championne du monde du géant (en 2013 et 2017), n'est pas moins admirative de la technique de l'Italienne: "Elle a toujours eu un toucher très fin, on a l’impression qu'elle vole sur la neige, c'est très doux, pour moi, elle va dans le sens de l'évolution de la technique en géant."

Et si on continue de la surnommer "Dory" - "Parfois je ne me souviens plus de ce qui s'est passé quelques jours plus tôt !" -, Bassino trouve dans sa fraîcheur une vraie force.

L'Italienne Marta Bassino dans la zone d'arrivée après avoir participé à la deuxième manche du slalom géant féminin lors de l'étape de la Coupe du monde de ski alpin à Lenzerheide (Suisse), le 21 mars 2021.

L'Italienne Marta Bassino dans la zone d'arrivée après avoir participé à la deuxième manche du slalom géant féminin lors de l'étape de la Coupe du monde de ski alpin à Lenzerheide (Suisse), le 21 mars 2021.

Fabrice COFFRINI - AFP

Cette "insouciance", elle la doit à son père, moniteur de ski, explique celle qui a grandi à Borgo San Dalmazzo, dans le Piémont.

"A l'adolescence, c'est le moment le plus difficile, beaucoup arrêtent la compétition. Grâce à mon père, j’ai toujours abordé le ski et les courses avec le sourire, il m’a toujours montré la compétition comme un divertissement, avec une certaine légèreté", dit-elle.

"Ce qui fait que quand je suis arrivée à un niveau plus élevé, je ne suis pas arrivée essorée comme beaucoup de jeunes. Et aujourd'hui encore, je garde cet état d’esprit: courir, prendre les virages, ça me plaît toujours autant!", prévient celle qui, si elle n'aime pas le froid, est impatiente de se relancer à l'assaut des pistes, samedi à Sölden.

Par Anthony LUCAS / Sölden (Autriche) (AFP) / © 2021 AFP