La violence dans le football amateur, et notamment les agressions subies par les arbitres, est devenue monnaie courante et inquiète les éducateurs. Reportage à Marseille.

Un arbitre frappé puis escorté par les gendarmes pour sortir d'un stade en sécurité. La scène s'est déroulée le dimanche 8 avril lors d'un match de football amateur à Valréas (Vaucluse). Ce jeune arbitre, âgé seulement de 18 ans, a ainsi été pris à partie avant d'être frappé à la tête. Fortement commotionné, il s'en est sorti avec 5 jours d'ITT. Un triste fait divers qui rappelle à quel point la violence gangrène de plus en plus le sport amateur et particulièrement le football. Reportage à Marseille (Bouches-du-Rhône)

"Les parents font tout pour que cela dégénère"

La cité phocéenne ne vit que pour le football. Et si les Marseillais ne jurent que par leur équipe de l'OM, tous les petits clubs amateurs des environs comme Septèmes-les-Vallons ou Les Caillols - qui ont formé, entre autres champions, Zidane et Cantona - font la fierté de toute une ville et de sa périphérie. Ces structures existent grâce à l'acharnement de bénévoles qui sont à la fois entraîneur et éducateur. Un véritable sacerdoce. Un travail d'autant plus remarquable que ces éducateurs sont de plus en plus confrontés à la violence sur les terrains. Des comportements violents qui se traduisent par des insultes, des crachats, et qui se manifestent dès le plus jeune âge, comme nous l'explique un entraîneur qui officie dans un petit club local. "Il arrive même que les plus petits se crachent dessus. Mais les parents font tout pour que cela dégénère", nous confie-t-il. Un constat alarmant que l'un de ses collègues ne nie pas. "On entend souvent des grossièretés, des vulgarités. Même si un petit a 8 ans et fait un tacle un peu appuyé sur un adversaire, on entend souvent le papa et la maman rouspéter et gueuler en lui disant 'rentre-lui dedans, casse lui la jambe'. Ce sont des choses que l'on entend", nous raconte ainsi cet éducateur qui encadre des enfants dans un autre club de la ville.

Principale cible, la arbitres sont fatalement les plus vulnérables. Les "hommes en noir" représentent ainsi 41% des victimes d'agressions. Pour Yves Santigli (Directeur général du district Provence de Football), ce climat est catastrophique pour la formation des futurs arbitres qui se sentent en danger et finissent par jeter l'éponge. "Les jeunes arbitres ne se sentent pas trop en sécurité. On n'arrive pas à les fidéliser et au bout de deux, trois ans, ils arrêtent d'arbitrer. Donc on recommence systématiquement tout le travail qui a été fait en amont", déplore l'intéressé.

Pour rappel, 10 300 matches à incidents ont été recensés la saison dernière. Un chiffre certes en baisse par rapport à l'exercice précédent, mais à en croire certains, bon nombre d'actes de violence dans les stades amateurs seraient passés sous silence...

Propos recueillis par Lionel Maillet

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Anonyme
- Lundi 9 avril 2018 à 22:19
Patricktesta7@yahoo.fr

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