Petits "arrangements" en Ligue 2: l'ex-patron de Caen Jean-François Fortin relaxé en appel

La cour d'appel de Paris qui rejugeait plusieurs prévenus dans l'affaire des soupçons de matches arrangés autour du Nîmes-Olympique en Ligue 2 en 2014, a relaxé mardi l'ancien patron du club de Caen Jean-François Fortin.

THOMAS COEX, KENZO TRIBOUILLARD - AFP/Archives

La cour d'appel de Paris qui rejugeait plusieurs prévenus dans l'affaire des soupçons de matches arrangés autour du Nîmes-Olympique en Ligue 2 en 2014, a relaxé mardi l'ancien patron du club de Caen Jean-François Fortin.

Le 13 septembre 2018, M. Fortin avait été condamné à 15 mois avec sursis et 15.000 euros d'amende pour corruption passive, s'agissant du match central du dossier, un nul 1-1 Nîmes-Caen le 13 mai 2014, qui avait permis aux Normands de monter en Ligue 1 et à Nîmes d'éviter la relégation. Il avait toujours nié toute velléité d'arrangement.

"Son honneur est rétabli", a commenté auprès de l'AFP François Géry qui le défendait avec Nicolas Demard. "La cour d'appel sanctionne et rappelle qu'un dossier au pénal, ce n'est pas le dossier des +on dit+", a ajouté l'avocat.

En fin de saison 2013-2014, le club de Nîmes-Olympique se trouvait au pied du mur, menacé d'une descente en National.

Ses dirigeants d'alors, Jean-Marc Conrad, président, et Serge Kasparian, co-actionnaire, ont été déclarés coupables en 2018 d'avoir cherché à arranger le score de plusieurs matches afin d'éviter la relégation de ce club qu'ils venaient de reprendre.

Eux qui avaient toujours nié toute malversation s'étaient désistés de leurs appels. Leurs condamnations à trois ans de prison dont 18 mois avec sursis et 50.000 euros d'amende sont définitives.

L'enquête s'était largement basée sur des écoutes téléphoniques plus ou moins limpides - "Commence à machiner, on donnera ce qu'il faut", "Un prêté pour un rendu"... - dans lesquelles le terme "arrangement" était récurrent.

- "Je n'ai jamais triché" -

Pour le tribunal correctionnel, cinq matches avaient fait l'objet de tentatives d'arrangements: les rencontres de Nîmes contre Bastia (0-0), Dijon (défaite 5-1), Brest (1-1), Caen (1-1) et Créteil (1-1).

Ces tentatives avaient échoué. Il n'était pas reproché aux prévenus d'avoir altéré l'issue des rencontres, mais d'avoir essayé.

Quatre des sept hommes condamnés en 2018 avaient été rejugés: M. Fortin, l'intermédiaire et ex-patron de club amateur Franck Toutoundjian et deux hommes soupçonnés d'avoir été des intermédiaires ponctuels, l'homme d'affaires Michel Moulin et un ancien joueur devenu "coach mental", Mohamed Regragui.

S'agissant de Caen, la cour d'appel a considéré que "la preuve de la culpabilité de Jean-François Fortin", qui avait évoqué au téléphone l'intérêt d'un nul avec M. Conrad, "n'est pas rapportée", selon sa décision consultée par l'AFP.

Le stade Malherbe de Caen "retrouve l'honneur qu'il n'aurait jamais dû perdre suite à cette affaire", a réagi le club dans un communiqué.

"Je suis personnellement soulagé que Jean-François Fortin, qui a toujours fait preuve de loyauté en tant que président et partenaire du club, retrouve lui aussi son honneur", a déclaré son président Fabrice Clément.

M. Toutoundjian, condamné en appel pour les matches contre Dijon, Brest et Créteil, a vu sa peine allégée à un an de prison avec sursis.

Il a été relaxé s'agissant du match contre Caen, "l'enquête ayant révélé qu'il était averti de l'entente établie par MM. Conrad et Kasparian en vue de corrompre M. Fortin, mais ne démontrant pas sa propre participation aux faits".

M. Moulin a été condamné à six mois avec sursis et 10.000 euros d'amende pour le match contre Dijon.

M. Regragui, poursuivi pour Nîmes-Créteil, a quant à lui été relaxé. Il s'est dit "soulagé": "je n'ai jamais triché de ma vie".

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