Patinage: Papadakis et Cizeron, d’un souffle seulement

Devant, mais d’un souffle seulement: Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron, en quête d'un sixième sacre continental consécutif historique, sont talonnés par un duo russe après la danse rythmique aux Championnats d’Europe de patinage artistique, jeudi à Graz (Autriche).

Daniel MIHAILESCU - AFP

Devant, mais d’un souffle seulement: Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron, en quête d'un sixième sacre continental consécutif historique, sont talonnés par un duo russe après la danse rythmique aux Championnats d’Europe de patinage artistique, jeudi à Graz (Autriche).

Après sept ans de règne ininterrompu de l’Espagnol Javier Fernandez, qui a mis un terme à sa carrière dans la foulée de son dernier sacre il y a un an, le jeune Russe Dmitri Aliev s’est lui installé sur le trône européen en soirée, à vingt ans.

Sur les airs entraînants de la comédie musicale Fame, combinaison rose bonbon et turquoise plus guêtres pour elle, haut rose et pantalon beaucoup plus sage pour lui, Papadakis et Cizeron, auteurs d’une prestation impeccable, ont récolté 88,78 points. Soit cinq centièmes de plus seulement que les Russes Victoria Sinitsina et Nikita Katsalapov (88,73). Les Italiens Charlène Guignard et Marco Fabbri complètent le podium provisoire (84,66).

Si le tandem français a "le sentiment" d’avoir patiné sa "meilleure performance de la saison", il a plafonné à plus d’un point de son score record (90,03 en novembre). Les danseurs russes, en revanche, améliorent leur meilleure note de plus de deux points et demi. Une situation qui pose question, mais n’a pas vraiment surpris l’entraîneur des quadruples champions du monde et vice-champions olympique tricolores, Romain Haguenauer.

"Pour moi, c’est de loin leur meilleure performance de l’année, c’était propre, c’était fluide. Je trouve que les notes sont basses, on sent que ça tire un peu vers le bas. Ils ont failli être deuxièmes sans erreur", expose Haguenauer. Avant d'apporter une explication: des directives demandant de "ne pas trop donner de 10" en notes artistiques en danse rythmique, passées par le juge-arbitre lors de la réunion d’avant-compétition des juges.

"A ma connaissance, c’est la première fois (que ça arrive). Ça touche qui ? Ceux qui en prennent beaucoup: eux. C’est vraiment dirigé pour les pénaliser eux", développe-t-il.

- "Piqûre de rappel" -

Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron après leur performance en danse rythmique à l'Euro de patiange artistique de Graz, le 23 janvier 2020

Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron après leur performance en danse rythmique à l'Euro de patiange artistique de Graz, le 23 janvier 2020

Daniel MIHAILESCU - AFP

"Je ne pense pas que ce soit une attaque contre Gabriella et Guillaume, précise-t-il toutefois, c’est que ce couple russe, il faut le remonter en le collant aux favoris. Il y a une concurrence indirecte avec les Américains et les Canadiens". Dans un premier temps dans la course au podium mondial, dans deux mois à Montréal.

"C’est quand même une piqûre de rappel: ils ont très bien patiné aujourd'hui (jeudi), mais ça peut être plus enlevé, et si on ne performe pas extraordinairement bien, les autres se rapprochent, surtout dans un contexte où on veut que les autres se rapprochent", résume Haguenauer.

Papadakis et Cizeron, dont la danse libre programmée samedi après-midi est l’exercice de prédilection, restent néanmoins en position favorable pour s’offrir une sixième couronne européenne consécutive.

Elle leur permettrait, à 24 ans pour elle, et 25 ans pour lui, d'égaler le duo le plus titré de l'histoire au niveau continental, les Soviétiques Liudmila Pakhomova et Aleksandr Gorchkov, six fois médaillé d’or dans les années 1970, mais pas consécutivement.

Elle ferait aussi d'eux les patineurs français les plus couronnés de l'histoire sur la scène européenne, devant Surya Bonaly, sacrée cinq fois entre 1991 et 1995, et Alain Giletti, autant récompensé entre 1955 et 1961.

Aliev, lui, s’est offert son premier titre continental avec plus de 25 points d’avance (272,89) sur un autre Russe, Artur Danielian, 15 ans seulement (246,74), et le Géorgien Morisi Kvitelashvili (246,71). Il pointait en deuxième position après le programme court.

Doublé russe sur le podium du programme court avec Artur Danelian (g) et le vainqueur Dmitri Aliev au côté du Géorgien Morisi Kvitelashvili, le 23 janvier 2020 à Graz

Doublé russe sur le podium du programme court avec Artur Danelian (g) et le vainqueur Dmitri Aliev au côté du Géorgien Morisi Kvitelashvili, le 23 janvier 2020 à Graz

Daniel MIHAILESCU - AFP

Arrivé en prétendant légitime à l’or, le Français Kévin Aymoz n’a même pas été invité à participer au deuxième acte au lendemain de son programme court cauchemardesque. Deux chutes au bout de deux sauts sous-tournés, et une combinaison de sauts avortée l’avaient précipité au 26e rang mercredi.

Le jeune élève de Brian Joubert, Adam Siao Him Fa (18 ans), a lui effectué une jolie remontée au classement : 24e et dernier qualifié à l’issue du court, il se classe finalement onzième (219,89) après un programme libre ponctué de trois quadruples sauts.

En tête avant le libre, le vétéran tchèque Michal Brezina (29 ans) s’est effondré au point de ne terminer que septième.

AFP / Graz (Autriche) (AFP) / © 2020 AFP