MotoGP: "Je ne suis pas encore à 100%", reconnait Marc Marquez

"Il me manque encore beaucoup" pour être à 100%, a reconnu le sextuple champion du monde de MotoGP, Marc Marquez, lors d'un entretien accordé par visioconférence à l'AFP en marge du Grand Prix de France moto ce week-end au Mans.

PIERRE-PHILIPPE MARCOU - AFP/Archives

"Il me manque encore beaucoup" pour être à 100%, a reconnu le sextuple champion du monde de MotoGP, Marc Marquez, lors d'un entretien accordé par visioconférence à l'AFP en marge du Grand Prix de France moto ce week-end au Mans.

Victime d'une chute lors de la première course de la saison dernière, l'Espagnol est revenu en compétition au Portugal à la mi-avril mais n'a pu faire mieux que 7e et 9e lors de ses deux premières courses. Sa fracture de l'humérus droit a été suivie de nombreuses complications et a provoqué plusieurs interventions chirurgicales.

Pour le champion de 28 ans, six fois titré en MotoGP, la catégorie reine, une fois en Moto2 et une fois en Moto3, la convalescence et le retour à la compétition sont une dure épreuve.

"C'est très difficile cette année de penser au titre. Mais je n'ai que 28 ans et j'espère qu'il me reste encore beaucoup de temps et que je pourrai redevenir ce que j'étais", reconnait-il. "Au niveau mental, cette période de neuf mois (d'absence) a été très dure. Pas tellement pour le temps passé à la maison mais car je ne pouvais participer au championnat".

"En plus, quand tu penses que tu es plus ou moins guéri, tu ne l'es pas à 100%. Quand le docteur te donne le feu vert, ton corps veut juste changer le programme et revenir sur une moto", assure celui dont le style acrobatique est légendaire.

"Je ne pense pas à ce qui m'est arrivé ou à ce qui pourrait m'arriver, à la peur ou au danger. Je suis conscient des risques que l'on prend à chaque fois que l'on monte sur une moto, mais je garde la même mentalité qu'avant", ajoute Marquez. Il souffre encore, et il ne le cache pas, des conséquences de son spectaculaire accident sur le circuit de Jerez (Espagne) en juillet 2020.

- "Gérer les courses" -

Le sextuple champion du monde Marc Marquez lors des essais du GP moto de France au Mans, le 14 mai 2021

Le sextuple champion du monde Marc Marquez lors des essais du GP moto de France au Mans, le 14 mai 2021

Jean-Francois MONIER - AFP

"J'ai des limites qui sont au niveau de la force physique et je dois en tenir compte" constate le pilote Honda. "Je vois bien que je ne peux pas piloter comme je le voudrais, et que je n'ai pas la force nécessaire. Je dois me gérer constamment en course et, si je me dépasse physiquement, pour aller plus vite, je m'épuise. Je dois gérer mes courses, ce que je ne faisais pas avant", constate Marquez.

Il fait donc une croix sur le championnat cette année, après l'avoir remporté en 2013, 2014, 2016, 2017, 2018 et 2019. "Je ne suis pas dans la situation, ni physiquement, ni mentalement, de jouer le titre aujourd'hui, avant la course du Mans".

"Mon principal objectif actuellement est de me sentir à nouveau bien sur la moto, de piloter comme je le veux et pas comme le veut la moto. J'ai terminé mes deux premières courses dans les dix premiers, ce qui n'est pas mal, mais ce n'est pas le résultat que nous souhaitons. L'objectif c’est d'être à 100% physiquement. C'est une question de temps".

Il avoue toutefois viser des podiums dans la deuxième partie de saison, reconnaissant que la "saveur de la victoire" lui manque. Il considère aussi que le championnat du monde MotoGP est "triste" à cause de l'absence de spectateurs en raison de la pandémie de Covid-19.

"Nous sommes dans le paddock tranquilles car il n'y a personne. Mais c'est triste. Il n'y a pas les fans, le bruit, l'action, les photographes, la foule. J'espère que les gens pourront revenir sur les circuits".

Son compatriote Joan Mir a remporté le titre l'an dernier sur sa Suzuki car il a été "le plus régulier" mais "sans se battre à chaque course pour la victoire". Pour la saison en cours, il estime le Français Fabio Quartararo (Yamaha) et l'Italien Francesco Bagnaia (Ducati) "un cran au-dessus des autres" au niveau de la vitesse et de la constance.

Quant au Mans, il y compte déjà trois victoires en MotoGP. "C'est un circuit historique de la vieille école, étroit avec beaucoup de freinages. Le temps est imprévisible avec ou sans pluie, du vent. C'est un circuit qui me plaît quand il pleut". Constat vérifié par une 5e place aux premiers essais libres vendredi, sur une piste encore humide.

Pour la course dimanche, il sait qu'il sera "encore limité physiquement, mais sous la pluie ce n'est pas aussi exigeant", remarque le champion espagnol.

Par Pablo SAN ROMAN / Paris (AFP) / © 2021 AFP