Moto: à 16 ans, Lorenzo Fellon se profile comme la relève de Zarco et Quartararo

Deux Français, Fabio Quartararo et Johann Zarco, se battent cette année pour la victoire en MotoGP mais leur relève est déjà annoncée avec Lorenzo Fellon, 16 ans, qui dispute cette année sa première saison en Moto3, marche-pied vers la catégorie suprême.

JEAN-FRANCOIS MONIER - AFP

Deux Français, Fabio Quartararo et Johann Zarco, se battent cette année pour la victoire en MotoGP mais leur relève est déjà annoncée avec Lorenzo Fellon, 16 ans, qui dispute cette année sa première saison en Moto3, marche-pied vers la catégorie suprême.

Pour la première fois ce weekend, Fellon court sur le circuit Bugatti du Mans dans le cadre du Grand Prix de France moto, un circuit légendaire mais qu'il ne connaît pourtant pas car il a fourbi ses armes en Espagne.

"J'ai commencé à faire de la moto à cinq ans sur une piste de karting", se souvient le jeune Avignonnais, lors d'un entretien avec l'AFP au Mans. Il s'est vite pris au jeu grâce à un esprit de "compétiteur" et un milieu familial très favorable puisque son père, Laurent Fellon, lui-même ancien pilote, préparait des motos de compétition et gérait la carrière de Johann Zarco.

"Ensuite, je suis parti en Espagne pour faire le championnat catalan pendant deux ans, cela s'est bien passé et j'ai pu signer mon premier contrat pour faire le championnat d'Espagne Moto3".

Car, comme Quartararo, faute de filière française organisée, c'est au-delà des Pyrénées que Lorenzo Fellon a participé à des compétitions pour jeunes qui passent pour les plus relevées.

Il débute cette année en championnat du monde Moto3 avec l'équipe de Paolo Simoncelli, le père du pilote italien Marco Simoncelli, tué au Grand Prix de Malaisie en 2011.

L'espoir français Lorenzo Fellon au guidon de sa Honda lors des essais du Grand Prix de France en Moto3,   Moto3, le 14 mai 2021 au Mans

L'espoir français Lorenzo Fellon au guidon de sa Honda lors des essais du Grand Prix de France en Moto3, Moto3, le 14 mai 2021 au Mans

JEAN-FRANCOIS MONIER - AFP

"Je savais que le niveau était très élevé et dès les premiers essais, les pilotes sont déjà dans la qualification, ils sont déjà dans le rythme", constate-t-il.

Le championnat est dominé depuis le début de la saison par l'Espagnol Pedro Acosta, 16 ans également, qui vise ce weekend sa quatrième victoire d'affilée en cinq courses alors que lui aussi est un "rookie" (débutant) dans la catégorie.

- L'école de côté -

"J'ai déjà roulé avec lui dans la Red Bull Rookies Cup et je me bagarrais avec lui", se rappelle Lorenzo Fellon. "S'il est devant, cela veut dire qu'il a travaillé plus que nous et c'est à nous, c'est à dire moi, de travailler encore plus. Car si lui a pu le faire, cela veut dire que nous aussi, en travaillant plus (on pourra le faire)".

"Quelqu'un qui, comme Acosta, gagne tout dès le début de la saison, moi cela me met un petit coup au moral car tout le monde a les mêmes motos et ce n'est que du pilotage. Franchement, cela a été dur de ne pas se focaliser sur lui mais sur mon travail", avoue-t-il.

"Je savais que cela n'allait pas être facile cette année mais pas autant. J'aurais pu travailler plus pendant la pause hivernale. Maintenant, j'ai passé la première, si on peut dire, on s'est pris quelques raclées et cela m'a permis de voir les choses sous une autre vision et de me dire qu'il n'y a qu'un moyen d'y arriver, c'est de travailler et qu'il faudra aller chercher ce que je veux".

Le jeune Français Lorenzo Fellon en marge des essais du Grand Prix de France en Moto3, le 4 mai 2021 au Mans

Le jeune Français Lorenzo Fellon en marge des essais du Grand Prix de France en Moto3, le 4 mai 2021 au Mans

JEAN-FRANCOIS MONIER - AFP

Le fait que deux pilotes français soient au plus haut niveau du MotoGP ne l'intimide pas, bien au contraire. "Cela amène encore plus de motivation de se dire +si je travaille, peut-être un jour cela sera moi+", déclare-t-il, constatant avec ironie qu'aucun des fans rassemblés à l'entrée du circuit pour apercevoir les pilotes à leur arrivée ne le reconnaît encore.

Le jeune pilote aux yeux bleus perçants et à la coupe style "Peaky Blinders" avoue qu'il est difficile de concilier sport de haut niveau avec ses études. En première, il suit dorénavant des cours par correspondance.

"Ma mère a plus un côté éducatif" que son père qui a toujours baigné dans le monde de la moto, confie Lorenzo. "Tant que je peux, je préfère me consacrer totalement à la moto et j'ai mis un peu l'école de côté, même si cela n'a pas été trop facile pour ma mère de l'accepter."

jld/ng/dep

Par Jean-Louis Doublet / Le Mans (AFP) / © 2021 AFP