Mondiaux sur piste: de bons chiffres pour les Bleus

La piste française a obtenu "un bon résultat chiffré" des Mondiaux sur piste qui se sont terminés dimanche à Roubaix sur un nouveau triomphe du Néerlandais Harrie Lavreysen dans la vitesse individuelle, l'épreuve-reine des compétitions.

Denis Charlet - AFP

La piste française a obtenu "un bon résultat chiffré" des Mondiaux sur piste qui se sont terminés dimanche à Roubaix sur un nouveau triomphe du Néerlandais Harrie Lavreysen dans la vitesse individuelle, l'épreuve-reine des compétitions.

Avec deux titres et six médailles, les "Bleus" se sont situés à la quatrième place dans la hiérarchie. Le bronze de Sébastien Vigier dans le tournoi de vitesse a boosté le moral de la délégation frustrée dans les autres courses du jour, notamment par Mathilde Gros, une nouvelle fois paralysée dans le keirin, et par Donavan Grondin, au pied du podium (4e) dans la nouvelle course de l'élimination gagnée par l'Italien Elia Viviani. Analyse en quatre points:

. Le bilan du DTN:

"On est sorti un peu chahuté des JO (deux médailles de bronze) mais les sportifs et les staffs se sont remobilisés", a estimé le DTN Christophe Manin qui a annoncé des changements à venir, courant novembre, quand le débriefing de Tokyo sera fait.

"Il y aura un nouveau directeur de la performance. Le mode de sélection est en cours entre le président (de la fédération française), moi-même et le Ministère des Sports", a ajouté le directeur technique national sans citer pour autant le nom de Florian Rousseau, la légende de la piste française désormais libre après avoir quitté après les JO un poste équivalent à la Fédération française d'athlétisme.

Dans les pistes de progression, le DTN a évoqué "un problème de management et de confiance". "On a la recette, les ingrédients, on va travailler sur le glaçage du gâteau pour qu'il soit très beau à Paris 2024", a résumé Christophe Manin.

. +Superman+ Thomas:

Benjamin Thomas, médaillé d'or de la course aux points, enfile le maillot arc-en-ciel de champion aux Mondiaux de Roubaix, le 22 octobre 2021

Benjamin Thomas, médaillé d'or de la course aux points, enfile le maillot arc-en-ciel de champion aux Mondiaux de Roubaix, le 22 octobre 2021

Denis Charlet - AFP/Archives

La médaille d'argent de la poursuite par équipes, une épreuve révélatrice du niveau d'ensemble dans un pays, est la grosse satisfaction française. Dans le sillage de Benjamin Thomas, le +Superman+ du groupe, qui n'a pu toutefois offrir à son compère Morgan Kneisky le cadeau d'adieu dont il rêvait dimanche dans l'américaine.

Thomas, vainqueur aussi de la course aux points, n'est âgé que de 26 ans. Il se projette sur l'olympiade, tout en se consacrant aussi à la route, et fait office de pierre angulaire pour le groupe. Chez les dames, la progression est encourageante alors que le niveau international s'est considérablement élevé.

. Le potentiel du sprint:

L'équipe de France du sprint Florian Grengbo, Rayan Helal et Sébastien Vigier aux Mondiaux de Roubaix, le 20 octobre 2021

L'équipe de France du sprint Florian Grengbo, Rayan Helal et Sébastien Vigier aux Mondiaux de Roubaix, le 20 octobre 2021

FRANCOIS LO PRESTI - AFP/Archives

Les deux médailles de bronze par équipes aux deux derniers JO, tant à Rio qu'à Tokyo, ont fait office de cache-misère dans la vitrine de la piste française. Durant toutes ces années, le sprint français a souffert, à distance des meilleurs (Grande-Bretagne puis Pays-Bas).

Dans ce tunnel d'autant plus obscur que la période précédente avait été éclatante avec cinq titres en vitesse individuelle entre 2009 et 2015, Roubaix a offert une lumière à l'horizon: le trio par équipes s'est trouvé un démarreur régulier et ambitieux (Florian Grengbo), Sébastien Vigier est revenu dans le dernier carré de la vitesse. Tous ont incontestablement du potentiel. Mais le plus dur reste à venir.

. Le cas Mathilde Gros:

La Française Mathilde Gros s'incline devant la Canadienne Lauriane Genest en quart de finale du sprint sur le vélodrome de Roubaix, le 21 octobre 2021

La Française Mathilde Gros s'incline devant la Canadienne Lauriane Genest en quart de finale du sprint sur le vélodrome de Roubaix, le 21 octobre 2021

FRANCOIS LO PRESTI - AFP/Archives

Propulsée très vite en haut de l'affiche, autant par ses qualités de base (l'un des plus gros potentiels du sprint dames) que par ses résultats (triple championne du monde juniors en 2017), la Provençale plafonne depuis trois saisons. "Physiquement, elle est présente. Mais, avec le stress, la pression, la gestion de l'événement, elle perd ses moyens", résumait son entraîneur Herman Terryn avant même le fiasco dimanche dans le keirin.

A 22 ans, rien n'est encore perdu pour la Française, pour l'instant la seule compétitive au niveau international. En attendant l'éclosion espérée de Marie-Divine Kouamé (19 ans), championne du monde juniors du 500 m en 2019, et d'autres jeunes (Julie Michaux, Farrah Prudent).

AFP / Roubaix (AFP) / © 2021 AFP