Ligue 1: Bordeaux éteint Nantes et l'émotion pour Sala

Bordeaux a repris un peu d'oxygène en battant difficilement (1-0) dimanche des Nantais réduits à 10 pendant plus d'une demi-heure et probablement marqués par l'hommage à leur ancien coéquipier Emiliano Sala, disparu il y a un an.

Sebastien SALOM-GOMIS - AFP

Bordeaux a repris un peu d'oxygène en battant difficilement (1-0) dimanche des Nantais réduits à 10 pendant plus d'une demi-heure et probablement marqués par l'hommage à leur ancien coéquipier Emiliano Sala, disparu il y a un an.

Avec ce succès, les Girondins en plein marasme mettent fin à leur série de quatre défaites d'affilée en championnat et remontent à la 10e place, tandis que les Nantais glissent à la 6e, et voient leur espoir d'une place européenne très fragilisé, avant le derby vendredi chez le rival rennais, actuel 3e, et la réception du PSG dans neuf jours.

Il y a d'abord eu l'émotion, le silence de près de 30.000 spectateurs pendant que les écrans géants diffusaient des images de leur ancien numéro 9 et que la tribune Loire déployait un tifo représentant Sala au côté de Henri Michel et d'autres anciennes gloires disparues du FC Nantes avec cette promesse: "Notre mémoire collective vous rend immortels".

Puis l'explosion des "Emiliano Sala, Emiliano Sala...", un immense tifo affichant le visage de l'attaquent argentin et son numéro 9 sur toutes les tribunes et une minute d'applaudissements qui s'est prolongée. Et à la 9e minute, comme à chaque match depuis un an, des supporteurs ont allumé des fumigènes et le stade s'est levé pour chanter: "c'est un Argentin, il ne lâche rien..."

Peut-être saisis par l'émotion, les Canaris -- qui étaient déjà passés à côté de leurs matches "pour Sala" l'an dernier -- ont eu du mal à entrer dans la partie, laissant les Bordelais se montrer plusieurs fois dangereux sans pour autant se créer de réelles occasions, à l'image d'une frappe de Hwang qui s'est envolée dans les tribunes (14e).

- "Pas d'excuses" -

"Dans les 20 premières minutes, on était incapables de prendre le ballon et de le mettre à terre", s'est énervé Christian Gourcuff, inquiet des "limites affichées ce soir, qui laissent perplexe, qui ne rassurent pas". Et l'émotion liée à Sala ? "Il ne faut pas chercher d'excuses", a-t-il tranché.

Même après la dispersion des fumigènes de la 9e minute, les Nantais ont mis du temps à reprendre un semblant d'ascendant, dans un mouvement lancé par une frappe de Louza juste au-dessus de la transversale (22e).

L'attaquant bordelais Jimmy Briand, au centre, a marqué l'unique but du match Nantes-Bordeaux disputé à La Beaujoire, le 26 janvier 2020.

L'attaquant bordelais Jimmy Briand, au centre, a marqué l'unique but du match Nantes-Bordeaux disputé à La Beaujoire, le 26 janvier 2020.

Sebastien SALOM-GOMIS - AFP

Malgré tout, le match est longtemps resté fermé, bloqué en milieu de terrain et manquant d'inspiration de part et d'autre, jusqu'à l'exclusion pour un 2e carton jaune sévère de Girotto (53e), qui a de nouveau ouvert des espaces aux Bordelais et laissé les Nantais se contenter de contre-attaques précipitées.

Pour Gourcuff, l'exclusion et la suspension à venir de Girotto, alors que nombre de défenseurs sont à l'infirmerie, est "très dommageable. Quand on voit les images (du geste ayant provoqué le 2e carton), ça ne tient à pas grand-chose..."

Désormais maîtres du jeu, les Bordelais ont pressé et multiplié les tentatives: frappe de De Preville déviée en corner par le gardien Lafont (67e), tête de Hwang pas cadrée (81e), jusqu'à la libération par un centre de Méchir parfaitement repris par Briand dans la surface (0-1, 86e).

Leur entraîneur Paulo Sousa s'est réjoui de la "bonne intensité mentale" de ses joueurs, qui sont restés "concentrés sur les tâches individuelles et collectives", même si le score aurait pu être plus large s'ils n'avaient pas pêché dans le dernier geste.

Désormais "l'équipe doit encore continuer à travailler, beaucoup, pour donner une certaine régularité de la qualité qu'on a montrée aujourd'hui". A commencer par lors de la réception de Marseille dans une semaine...

Par Fanny CARRIER / Nantes (AFP) / © 2020 AFP