Le président du Stade toulousain assume son rôle de "pleureuse" face au Covid

Le président du Stade toulousain Didier Lacroix a assumé mardi avoir endossé un rôle de "pleureuse" face à la pandémie afin de mieux faire comprendre au grand public et aux autorités les difficultés financières que traversent les clubs de rugby français, le sien en tête.

Lionel BONAVENTURE - AFP/Archives

Le président du Stade toulousain Didier Lacroix a assumé mardi avoir endossé un rôle de "pleureuse" face à la pandémie afin de mieux faire comprendre au grand public et aux autorités les difficultés financières que traversent les clubs de rugby français, le sien en tête.

Le dirigeant répondait directement à son ancien homologue toulonnais Mourad Boudjellal, qui lui a récemment suggéré dans une chronique vidéo diffusée en ligne d'arrêter "de quémander et de pleurer sur le Covid".

"Comme le dit mon ami Mourad Boujellal, Didier Lacroix est une pleureuse. Et malheureusement, il a raison", a déclaré le président toulousain lors d'une conférence de presse au stade Ernest-Wallon pour présenter ses voeux et faire le point sur l'actualité de son club.

"Oui j'ai pris ce rôle -- à tort ou à raison, peu importe, je l'assume pleinement -- de pouvoir illustrer les difficultés économiques autour du monde du rugby", a-t-il développé. "Elles sont symbolisées par un club comme le Stade toulousain, qui est dans l'économie réelle et pas suspendu à un actionnaire référence qui comble les déficits en fin d'année".

"Oui, Mourad, je l'avoue, je n'ai pas arrêté de chialer dans les différentes interviews de 2020. Il me tarde que ça s'arrête, parce que je ne le fais pas par gaieté de coeur, mais par nécessité réelle".

- Aides de l'Etat -

Didier Lacroix, dans un effort de transparence, a indiqué être parvenu à équilibrer les comptes du Stade toulousain pour la saison 2019-2020, arrêtée avant son terme, grâce notamment à un recours au chômage partiel et à l'exonération des charges.

Mais l'exercice actuel relève selon lui financièrement d'un "numéro d'équilibriste" alors que le huis clos se prolonge dans les stades et que le rugby français est très dépendant des recettes de billetterie et d'hospitalité.

Un prêt garanti par l'Etat (PGE), de plus de 5 millions d'euros, permet au club toulousain "de ne pas être en cessation de paiement" en attendant, d'ici la fin janvier, le premier versement des subventions promises par le gouvernement au rugby professionnel français.

Le dernier champion de France, actuel leader du Top 14, a par ailleurs récolté 1,4 million d'euros grâce à un "mur de soutien" érigé dans l'enceinte d'Ernest-Wallon avec des briques personnalisées aux noms des donateurs, supporters ou entreprises.

Une initiative "symbolique", pour Didier Lacroix, de "la force de l'engagement et de l'attachement au club".

- "Derrière un programme" -

Le président toulousain s'est également exprimé mardi sur l'élection à venir, en mars, du nouveau président de la Ligue nationale de rugby (LNR), pour laquelle plusieurs noms circulent sans qu'aucun candidat ne se soit encore officiellement déclaré.

"On ne peut pas être en guerre permanente avec la Fédération", a-t-il commenté. "On aura des sujets de divergences, sur lesquels il faudra marquer notre désapprobation, mais je pense que la place est à la discussion, à la réflexion et au travail commun plutôt qu'à l'opposition systématique".

"Nous ne cherchons pas à être derrière un homme, mais derrière un programme qui nous paraît être le plus lucide, le plus efficace pour le rugby français", a-t-il ajouté, appelant notamment à une "réorganisation des compétitions" après s'être déjà récemment prononcé en faveur d'une réduction du Top 14 à 12 équipes.

"A voir si la future élection du président de la Ligue nous amènera sur cette voie. C'est pour moi une obligation pour des clubs comme les nôtres, mais c'est profondément impopulaire également, car nous sommes très peu nombreux à être concernés par la mise à disposition en nombre des internationaux", a insisté Didier Lacroix.

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