Le match entre l'OL et la Juventus à l'épreuve du coronavirus

La progression de l'épidémie de nouveau coronavirus en Italie suscite des inquiétudes avant le 8e de finale aller de Ligue des champions prévu mercredi à Lyon entre l'OL et la Juventus Turin, mais les autorités se refusent pour l'heure à remettre en cause la tenue de la rencontre.

Marco Bertorello - AFP/Archives

La progression de l'épidémie de nouveau coronavirus en Italie suscite des inquiétudes avant le 8e de finale aller de Ligue des champions prévu mercredi à Lyon entre l'OL et la Juventus Turin, mais les autorités se refusent pour l'heure à remettre en cause la tenue de la rencontre.

Les maires (LR) de Meyzieu et Décines-Charpieu, où se situe le stade de l'Olympique lyonnais qui doit accueillir la rencontre, ont demandé mardi aux autorités d'interdire la venue de près de 3.000 supporters de la Juve, "au nom du principe de précaution mais aussi de la prévention à tout trouble à l'ordre public".

Les reports de matches ou huis clos sont habituellement décidés par les instances sportives en concertation avec les autorités, les diffuseurs et les clubs.

Les édiles Christophe Quiniou et Laurence Fautra, qui ont déjà exprimé leurs réserves "les plus fermes" à la préfecture et à l'Agence régionale de santé, estiment que ce match "fait naître des craintes, légitimes" chez leurs administrés, "immédiatement concernés par l'accueil et les flux de supporters".

- "Aucune restriction particulière" -

La Juventus, de son côté, assure qu'"aucune restriction particulière n'est prévue pour les tifosi bianconeri" et que ses fans pourront assister "sans problème" à la rencontre, alors qu'elle jouera à huis clos son prochain match de Championnat d'Italie à domicile, dimanche contre l'Inter, pour éviter tout risque de propagation.

A Lyon, le président de l'OL Jean-Michel Aulas s'est aussi voulu rassurant, appelant à "ne pas créer d'angoisses supplémentaires". Pour l'instant "il n'y a pas de mesure de restriction, (...) les supporteurs italiens seront dans un espace qui n'est pas en contact avec les autres spectateurs", a-t-il souligné.

"Tous les supporters de Lyon et de la Juve peuvent venir sans difficultés". "La crainte pour nous n’est pas liée au virus mais plutôt à la qualité de cette équipe turinoise", a ajouté Jean-Michel Aulas.

Le ministre de la Santé Olivier Véran, ici à s'issue du conseil du gouvernement, le 19 février 2020 à Paris, n'est pas contre l'arrivée des supporters de la Juve à Lyon

Le ministre de la Santé Olivier Véran, ici à s'issue du conseil du gouvernement, le 19 février 2020 à Paris, n'est pas contre l'arrivée des supporters de la Juve à Lyon

Ludovic Marin - AFP/Archives

L'OL, club coté en Bourse, s'attend à dégager des revenus record mercredi soir dans son stade, grâce à une affluence estimée par à plus de 57.000 spectateurs. Comparable, voire supérieure à celle du match contre le FC Barcelone la saison dernière, qui avait engendré plus de cinq millions d'euros de recettes.

"Les gens viennent de partout en Italie car Turin est le club le plus populaire du pays", précise-t-on à l'Olympique lyonnais. Plus de 2.700 fans doivent faire le déplacement, sans les ultras cependant, en conflit actuellement avec la direction de la Juventus.

Le dernier bilan officiel fait état de 283 cas de nouveau coronavirus en Italie, où sept personnes sont décédées de la maladie, ce qui en fait le pays le plus touché en Europe. Le principal foyer se trouve dans la région de Lombardie (nord-ouest), voisine du Piémont - celle de Turin - où six cas ont été recensés.

- Le Piémont pas "à risque" -

Après une réunion avec ses collègues européens à Rome, le ministre de la Santé Olivier Véran a de nouveau estimé qu'"il n'y a pas lieu d'annuler a priori des grands évènements publics qu'ils soient de nature sportive ou culturelle", tout en s'accordant sur le fait "de regarder chaque situation au cas par cas".

"La région du Piémont n'est pas considérée comme une région à risque par la France donc il n'y a pas lieu d'annuler" le match OL-Juve, a-t-il ajouté.

"Nous faisons confiance aux autorités italiennes. Il y a des zones de confinement dont les personnes ne sortent pas, mais les autres circulent: il y a des régions entières de l'Italie où il n'y a pas d'identification du virus", avait souligné le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, lundi soir. "Ce sont vos voisins immédiats et non pas le stade qui est contaminé, c'est la même chose si vous prenez une voiture, si vous prenez un transport en commun, etc.".

Par Pierre PRATABUY / Lyon (AFP) / © 2020 AFP