Judo: destins olympiques en jeu aux Championnats d'Europe

A l'image du duel entre Marie-Eve Gahié et Margaux Pinot, N.1 et N.2 mondiales en -70 kg, les judokas français encore en quête de qualification pour les Jeux de Tokyo jouent une partie de leur destin olympique aux Championnats d'Europe, de vendredi à dimanche à Lisbonne.

Lucas Barioulet - AFP/Archives

A l'image du duel entre Marie-Eve Gahié et Margaux Pinot, N.1 et N.2 mondiales en -70 kg, les judokas français encore en quête de qualification pour les Jeux de Tokyo jouent une partie de leur destin olympique aux Championnats d'Europe, de vendredi à dimanche à Lisbonne.

Ni le double champion olympique en titre des poids lourds Teddy Riner, virtuellement qualifié pour Tokyo avec sa quinzième place au classement olympique, ni la quadruple championne du monde Clarisse Agbegnenou (-63 kg) ne participent à la compétition portugaise organisée sous bulle sanitaire, comme l'édition 2020 à Prague il y a cinq mois.

A moins de cent jours des JO de Tokyo (23 juillet-8 août), on connaît déjà six des sept heureuses élues côté féminin - à l'exception de la catégorie des -70 kg.

La sélection masculine, en revanche, n'a pas encore été annoncée, et l'encadrement tricolore espère pouvoir tout dévoiler la semaine prochaine.

Principal enjeu sur les tapis lisboètes: qui de Gahié, championne du monde 2019 et médaillée de bronze européenne en 2020, ou de Pinot, double championne d'Europe en titre et médaillée de bronze mondiale en 2019, tirera le mieux son épingle du jeu ?

"Ce sera un choix très, très difficile à faire quoi qu'il arrive", reconnaît auprès de l'AFP le directeur de la haute performance de la Fédération française de judo Larbi Benboudaoud, qui s'attend à vivre "un grand écart émotionnel".

"C'est déjà un crève-cœur d'en laisser une sur le carreau", se résignait-il il y a quelques jours.

Le dernier duel entre Gahié et Pinot devait avoir lieu au tournoi de Tbilissi début mars, mais des cas de Covid-19 dans plusieurs délégations ayant participé au stage international en amont, dont l'équipe masculine française, ont forcé le staff bleu à revoir ses plans.

La judoka française Margaux Pinot (en bleu) face à l'Allemande Miriam Butkereit, lors des Championnats d'Europe, le 20 novembre 2020 à Prague

La judoka française Margaux Pinot (en bleu) face à l'Allemande Miriam Butkereit, lors des Championnats d'Europe, le 20 novembre 2020 à Prague

Michal Cizek - AFP/Archives

Seules deux olympiennes affûteront leurs armes dans la capitale portugaise : Amandine Buchard (-52 kg) et Sarah-Léonie Cysique (-57 kg).

Côté messieurs, dans certaines catégories de poids, le nom du futur sélectionné olympique reste incertain, et le rendez-vous européen pourrait faire pencher la balance. C'est le cas notamment en poids légers, entre Walide Khyar et Luka Mkheidze, tous deux engagés. En -81 kg (Chilard et Djalo en lice), c'est pire : pour l'instant, les Bleus ne sont pas assez bien classés pour obtenir un quota.

En -100 kg, Alexandre Iddir tient la corde, mais ça n'empêche pas le médaillé de bronze olympique 2016 Cyrille Maret, victime d'une luxation de la hanche avec arrachement ligamentaire dans un sérieux accident de la route fin octobre dernier, de tenter un retour à haut niveau in extremis.

AFP / Paris (AFP) / © 2021 AFP