Judo: à trois mois des JO, de l'or à point nommé pour Amandine Buchard

Jusque-là jamais montée sur la première marche d'un podium international, Amandine Buchard (-52 kg) s'y est hissée à point nommé aux Championnats d'Europe de judo, vendredi à Lisbonne, pour son ultime compétition avant les Jeux olympiques de Tokyo, dans moins de cent jours.

KARIM JAAFAR - AFP/Archives

Jusque-là jamais montée sur la première marche d'un podium international, Amandine Buchard (-52 kg) s'y est hissée à point nommé aux Championnats d'Europe de judo, vendredi à Lisbonne, pour son ultime compétition avant les Jeux olympiques de Tokyo, dans moins de cent jours.

Même N.1 mondiale depuis "bientôt trois ans" de la catégorie de poids qu'elle a rejointe pour cette olympiade, Buchard (25 ans) ne s'était encore jamais parée d'or. Elle n'y avait récolté "que" du bronze, mondial en 2018 et européen en 2019.

Ce premier sacre, qui arrive après deux autres victoires, à Budapest pour la reprise du circuit mondial au temps du Covid-19 en octobre dernier, puis au Masters en janvier à Doha, lui fait "énormément de bien", elle qui manque souvent de confiance en elle.

"J'ai tendance à me mettre des barrières moi-même. Aujourd'hui, ces victoires consécutives, ce travail sur moi-même, ça me permet d'avoir beaucoup plus de confiance en moi, et du coup d'être moins hésitante, plus productive", décrit-elle.

Sur les tapis portugais, Buchard a dominé en finale l'Italienne Odette Giuffrida, N.4 mondiale et vice-championne olympique 2016, par ippon en moins de trois minutes, après avoir déjà inscrit un rapide waza-ari.

Aux deux tours précédents, elle a expédié ses adversaires, en trente secondes pile en demi-finale (Perez Box), et en moins d'une minute en quarts de finale (Kocher).

- "Machine indestructible" -

Seule son premier combat, face à la physique Roumaine Andreaa Chitu, s'est prolongé jusqu'au golden score, la prolongation après les quatre minutes réglementaires.

"C'est cette confiance en moi qui m'aide vraiment à m'imposer plus vite sur le tapis, explique Buchard. Je viens en mode guerrière, conquérante, en mode je vais à la bagarre. Une fois le premier combat et tout le stress évacués, c'était parti, les chevaux étaient lâchés."

"Cette compétition va me servir de compétition référence pour les JO", poursuit-elle.

Car "l'objectif cette saison, ce n'est ni d'être championne d'Europe, ni championne du monde, c'est d'être championne olympique, assume Buchard. Il ne faut pas que je reste sur mes acquis, il faut que je continue à peaufiner les détails pour arriver en mode machine indestructible" à Tokyo.

Le chemin parcouru depuis cinq ans est en tout cas considérable, tant l'avant-Jeux de Rio avait tourné au cauchemar pour la combattante alors engagée en poids légers.

Au printemps 2016, elle fait le choix de monter des -48 kg en -52 kg après plusieurs forfaits pour excès de poids, ce qui la prive alors de toute chance d'être sélectionnée pour la grand-messe olympique. Mais son corps, et sa tête, n'en peuvent plus. En dépression, l'idée d'arrêter sa carrière l'effleure, et la jeune judoka s'exile plusieurs mois en Espagne, à Valence. Puis elle reprend timidement le chemin de l'Insep à l'automne.

- Mkheidze marque des points -

"Ca fait un petit moment que je suis dans la catégorie, que je performe. Je suis épanouie, j'ai trouvé ma voie, psychologiquement ça va beaucoup mieux, même si j'ai encore certains progrès à faire", estime-t-elle.

Assurée comme Buchard d'être olympienne, la jeune Sarah-Léonie Cysique (-57 kg, 22 ans) a de nouveau obtenu du bronze européen, comme il y a cinq mois à Prague.

"J'ai l'air d'être abonnée à cette médaille... J'espère pouvoir passer-au dessus un jour quand même", s'impatiente-t-elle.

Côté messieurs, Luka Mkheidze (-60 kg, 25 ans) a marqué des points dans la course au billet olympique en jeu en poids légers en s'offrant sa première médaille internationale, en argent en l'occurrence, après sa défaite en finale contre l'Espagnol Francisco Garrigos (ippon en prolongation). D'autant qu'il a battu en quarts son rival tricolore Walide Khyar, finalement septième.

L'encadrement français compte dévoiler la semaine prochaine sa sélection olympique masculine, au moins en partie.

A l'exception de la catégorie des -70 kg, la délégation féminine est elle déjà connue. Mélanie Clément (-48 kg) n'en fait pas partie, et sa médaille de bronze glanée vendredi, elle aussi sa première sur la scène internationale, n'y changera rien.

Par Elodie SOINARD / Paris (AFP) / © 2021 AFP