JO-2020: le volley français pour la première fois en quart

Héroïques face au Brésil, les Bleus ont offert au volley français le premier quart de son histoire olympique, une qualification acquise en arrachant deux sets au Brésil, le champion de Rio, vainqueur 3-2 (25-22, 37-39, 25-17, 21-25, 20-18) dimanche à Tokyo.

Anne-Christine POUJOULAT - AFP

Héroïques face au Brésil, les Bleus ont offert au volley français le premier quart de son histoire olympique, une qualification acquise en arrachant deux sets au Brésil, le champion de Rio, vainqueur 3-2 (25-22, 37-39, 25-17, 21-25, 20-18) dimanche à Tokyo.

Les Bleus, qui ont eu quatre balles de match entre les mains, auraient même pu l'emporter et se donner la chance d'éviter la Pologne comme prochain adversaire, mais le plus important est sauvé.

"On aurait aimé gagner ce match pour avoir un quart plus abordable, mais on n'a peur de personne et maintenant c'est que du bonus", résume le leader de l'équipe Earvin Ngapeth, champion d'Europe avec elle en 2015.

"C'est beaucoup de bonheur parce qu'il a fallu aller le chercher (le quart de finale)", savoure le sélectionneur Laurent Tillie, content comme jamais au point de s'annoncer aux journalistes d'un éclatant "coucou". Un cri du coeur qui en dit long sur sa libération au bout de ce "match de titan quand on voit la durée (2 h 50 min)".

Avant le tie-break électrique, ses joueurs avaient arraché le premier des deux sets qu'il leur fallait au bout d'une deuxième manche sous haute tension 39-37 face à l'équipe de Bruninho, porte-drapeau du Brésil.

"C'est vraiment avec les tripes et le coeur qu'on est allé chercher ce set et qu'on a commencé à les faire douter", livre Ngapeth, à l'influx retrouvé après trois premiers matches pénibles. À l'image de sa feinte pour conclure le deuxième set à la onzième occasion. La manche la plus longue de ce tournoi, celle qui avec le quatrième set conquis une petite heure après (25-21) leur offre le point qui les assure de passer le premier tour.

Évaporé le fantôme de Rio. Pour leur dernier match de poule à nouveau contre la Seleçao, comme en 2016, la "Team Yavbou" a écrit une autre histoire. Cinq ans ont passé au lieu de quatre et un détail le rappelait: les masques portés par les Brésiliens Mauricio Borges et Lucas Saatkamp, "à titre individuel pour avoir une protection supplémentaire", selon l'encadrement.

- "Vous avez vu Djokovic ?"-

Les Français Benjamin Toniutti and Barthélémy Chinenyeze lors du match de groupes des JO de Tokyo, le 1er août 2021

Les Français Benjamin Toniutti and Barthélémy Chinenyeze lors du match de groupes des JO de Tokyo, le 1er août 2021

Anne-Christine POUJOULAT - AFP

Le rêve de médaille olympique de la bande d'Earvin Ngapeth, survolté dimanche (29 points), vit toujours, même s'il va se heurter aux doubles champions du monde polonais, favoris pour le titre olympique.

"D'ailleurs, ils m'attendent", lance rieur Laurent Tillie en pointant du doigt les journalistes polonais. "On sait que c'est la meilleure équipe du monde."

Il sait aussi que ces Jeux ne sourient pas aux favoris: "Vous avez vu Djokovic ? Vous avez vu les championnes olympiques chinoises (de volley) qui ne sortent pas de leur poule ?"

"Les Jeux olympiques, c'est la seule compétition qu'il faut jouer sans calcul, estime-t-il. Tout le monde peut battre tout le monde parce qu'on voit des crispations incroyables."

Tant mieux, le calcul n'est pas vraiment le registre de l'équipe de France, presque éliminée après sa défaite contre l'Argentine 3-2, mais ressuscitée par son succès net vendredi face aux Russes (3-1), certes déjà qualifiés.

Elle défie les pronostics. La raison parfois aussi, à voir le nombre d'échanges mémorables arrachés dimanche grâce à des sauvetages de Jenia Grebennikov (12) ou de Trévor Clévenot (9).

Inspirés peut-être par les chansons diffusées dans la sono vibrante de l'Ariake Arena: Gloria Gaynor et son "I will survive", bien adapté à ce France-Brésil et collant parfaitement à ces Bleus qui ont basculé dans la "survie", comme le répète Laurent Tillie depuis la déroute initiale contre les États-Unis (3-0).

Par Clément VARANGES / Tokyo (AFP) / © 2021 AFP