JO-2020: Jessica Fox, enfin l'or en canoë slalom

Après trois médailles en kayak en trois olympiades, la star australienne du slalom Jessica Fox a enfin décroché l'or jeudi pour la grande première du canoë féminin olympique aux Jeux de Tokyo.

Charly TRIBALLEAU - AFP

Après trois médailles en kayak en trois olympiades, la star australienne du slalom Jessica Fox a enfin décroché l'or jeudi pour la grande première du canoë féminin olympique aux Jeux de Tokyo.

Avec 105,4 points (zéro pénalité), elle a devancé la Britannique Mallory Franklin (108,68, 2 sec de pénalité) et l'Allemande Andrea Herzog (111,13, 2 sec de pénalité). La Française Marjorie Delassus a pris une inattendue quatrième place et donné rendez-vous à Paris en 2024.

L'imposante grande roue du parc de Kasai Rinkai s'est arrêtée de tourner, peut-être agacée par l'incessant chant métallique des cigales de Tokyo, cachées dans les hautes herbes.

La roue du destin a par contre fini par s'incliner du bon côté pour Jessica Fox: à 27 ans, après trois médailles en kayak (argent en 2012, bronze en 2016 et 2021), l'Australienne a fini par se couvrir d'or en canoë.

Il paraît juste que la grande première du canoë féminin slalom aux JO, qui remplace le canoë bi-place masculin pour atteindre la parité, couronne la sportive la plus complète de sa discipline, capable de truster les podiums à la fois en kayak (assis, pagaie double) et en canoë (à genoux, pagaie simple).

Avec ses onze titres mondiaux et ses désormais quatre podiums olympiques, Jessica Fox est un monument de son sport, et une personnalité reconnue en Australie où son sourire s'affiche régulièrement en une des magazines.

- "Laser-eyes" -

L'émotion de Jessica Fox en décrochant la médaille d'or du canoë-slalom des Jeux de Tokyo, le 29 juillet 2021

L'émotion de Jessica Fox en décrochant la médaille d'or du canoë-slalom des Jeux de Tokyo, le 29 juillet 2021

Charly TRIBALLEAU - AFP

L'Australienne a de qui tenir entre son père Britannique Richard Fox, un multiple champion du monde, et sa mère Française Myriam Jérusalmi, médaillée de bronze en kayak aux Jeux d'Atlanta en 1996, deux spécialistes exilés en Australie avant Sydney-2000 pour transmettre leur savoir.

"Les gens l'apprécient parce qu'elle est sympa, souriante, elle s'investit beaucoup. Elle est représentante des athlètes au comité olympique australien, elle s'investit dans la campagne pour les Jeux de 2032 (désormais attribués à Brisbane). Elle est passionnée, réceptive à tout, c'est un plaisir de la coacher", explique sa mère.

Sur l'eau, en équilibre dans son embarcation de carbone, elle se mue en compétitrice implacable. Son regard de feu renseigne rapidement sur ses intentions.

"Son père était surnommé +laser-eyes+ (les yeux laser), elle a les mêmes yeux bleus. Elle est focus", note sa mère.

- "Fière "-

Jeudi elle n'a laissé aucune chance à la concurrence sur l'exigeant bassin olympique qui a retourné quelques embarcations pour des démonstrations d'esquimautage express. Passée la ligne elle a frappé l'eau de ses mains, telle une nageuse.

Un geste comme pour évacuer la frustration de l'épreuve de kayak disputée mardi où, bien que plus rapide, elle avait laissé le titre à l'Allemande Ricarda Funk à cause de deux pénalités (médaille de bronze au final).

"J'étais très fière de gagner le bronze en kayak, mais bien sûr j'avais le sentiment que j'aurais pu faire mieux et monter sur la première marche du podium. Revenir forte après, ça a été très dur émotionnellement, mentalement, donc je suis très fière d'avoir été capable de réussir cette manche aujourd'hui", a-t-elle indiqué.

Cette licenciée du club de Marseille depuis sa naissance est une habituée des bassins français, notamment dans le nouveau centre de Vaires-sur-Marne, où elle a pu passer un peu de temps auprès de son compagnon kayakiste Mathieu Biazizzo (non sélectionné pour les JO) avant de s'envoler pour le Japon.

Elle a su saluer en français la performance de la jeune Marjorie Delassus (23 ans), seulement 31e mondiale et finalement au pied du podium olympique.

"Je ne garde que le positif, j'essayais de ne pas me mettre de pression, de ne prendre que des +good vibes+, et ça m'a plutôt réussi. Faire une manche comme ça en finale des Jeux c'est quelque chose dont je suis fière. J'espère continuer comme ça et ça me sourira peut-être à Paris dans trois ans", a expliqué la Française.

Par Robin GREMMEL / Tokyo (AFP) / © 2021 AFP