Hand: avec Emil Nielsen, Nantes part à l'assaut de Veszprem

"On a encore faim!": après une saison marquée par plusieurs gros coups, Emil Nielsen et les handballeurs nantais rêvent d'un nouveau Final 4 de Ligue des champions et attendent de pied ferme les Hongrois de Veszprem, des géants d'Europe, jeudi en quart de finale aller (20h45).

CHARLY TRIBALLEAU - AFP/Archives

"On a encore faim!": après une saison marquée par plusieurs gros coups, Emil Nielsen et les handballeurs nantais rêvent d'un nouveau Final 4 de Ligue des champions et attendent de pied ferme les Hongrois de Veszprem, des géants d'Europe, jeudi en quart de finale aller (20h45).

Alors que chez les dames, le Nantes Atlantique Handball vient de remporter le premier titre de Ligue européenne (C2) du hand français et que Brest sera au Final 4 de la Ligue des champions, le "H" rêve lui aussi d'une qualification pour un deuxième Final 4, après celui de 2018 et la finale perdue à Cologne contre Montpellier.

"En Ligue des champions, nous avons battu Kielce, c'est déjà beaucoup. Mais on a encore faim. On veut le Final 4 et on y croit. Cette saison, nous avons perdu des matches stupides et gagné des matches fous", explique le gardien danois au physique massif, champion du monde en janvier, dans un entretien à l'AFP.

Malgré quelques désillusions contre des équipes à leur portée en Starligue, hypothéquant leurs chances de disputer la prestigieuse compétition européenne l'an prochain, les Nantais ont en effet réussi quelques gros coups.

Ils sont allés s'imposer chez les Allemands de Kiel (35-27) au début de la phase de groupe de C1. Et ils ont surtout sorti Kielce, champion d'Europe en 2016, en 8es, avec un match retour magistral en Pologne.

Enfin, fin avril, ils se sont offert en championnat le scalp du PSG (25-24), ogre invaincu à domicile en Starligue depuis juin 2017.

- "C'est un tueur" -

Mais Veszprem n'a manqué qu'un seul Final 4 de C1 depuis 2014. "C'est l'un des meilleurs adversaires au monde. C'est clair que nous ne sommes pas les favoris. Mais on n'a pas de pression, on va jouer plus libéré", explique Emil Nielsen.

Le gardien danois Emil  Nielsen (deuxième à droite) à pose avec le trophée de champin du monde aux côtés de ses coéquipiers Niklas Landin Jacobsen (gauche) et Kevin Moller (deuxième à gauche), après la finale remportée par le Danemark sur la Suède, au Caire le 31 janvier 2021

Le gardien danois Emil Nielsen (deuxième à droite) à pose avec le trophée de champin du monde aux côtés de ses coéquipiers Niklas Landin Jacobsen (gauche) et Kevin Moller (deuxième à gauche), après la finale remportée par le Danemark sur la Suède, au Caire le 31 janvier 2021

Anne-Christine POUJOULAT - AFP/Archives

Arrivé en 2019 en doublure de Cyril Dumoulin, le portier au visage poupon et à la coupe au bol a rapidement profité d'une blessure de l'international français pour faire la démonstration de ses talents et s'imposer comme N.1. Encore sous contrat à Nantes la saison prochaine, il est annoncé au FC Barcelone pour la suite.

"Au quotidien, il est plutôt relax, c'est un bon vivant, un très bon coéquipier. Il est à son rythme", commente Rock Feliho, le capitaine nantais qui sera encore forfait jeudi en raison d'une blessure à un genou. "Mais sur le terrain, c'est un tueur. Il est grand, imposant, c'est une belle bête (1,95m, 120 kg). Mais il est d'une vivacité et d'une souplesse incroyables".

Véritable muraille à Kielce et contre le PSG (15 arrêts sur chacun des deux matches), le jeune gardien sait qu'il devra être dans un grand jour jeudi.

- "Ma marque de fabrique" -

"Mais tout le monde doit répondre présent, c'est comme ça que nous avons gagné par le passé. Nous n'avons pas un gros budget ou les plus grands joueurs. Mais nous sommes meilleurs ensemble que nous ne le sommes individuellement", assure-t-il.

Malgré l'enjeu, la "H" Arena sera encore vide jeudi soir, huis clos oblige. Mais le public sera admis en Hongrie pour le match retour le 20 mai et Emil Nielsen a hâte d'y être: "ce n'est pas que j'ai oublié comment c'était de jouer devant des spectateurs, mais ça fait tellement longtemps... Ça nous manque".

Le gardien de 24 ans n'a pourtant pas l'habitude d'interagir avec le public, de la même manière qu'il s'est fait un nom en refusant obstinément de sourire sur les selfies de groupe les soirs de victoire.

"Ça a commencé avec un match où ils ont pris la photo à un moment où je ne souriais pas. On a trouvé ça drôle, et c'est devenu ma marque de fabrique", explique-t-il. Mais sur la photo prise après la qualification à Kielce début avril, il est hilare: "là, j'ai pas pu me retenir".

Par Fanny CARRIER / Rennes (AFP) / © 2021 AFP