France-Islande : clés et enjeux

Ce soir à 20h45, les Bleus retrouvent le Stade de France qu’ils avaient amèrement laissé après une défaite face aux Pays-Bas (0-2) puis une panne d’inspiration offensive contre l’Uruguay (1-0). Autant dire que Deschamps tient à remobiliser ses troupes, à attiser cet esprit de « revanche » suite à la mise en échec (2-2) lors de leur dernier face-à-face au Roudourou. 

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Un cérémonial bien léché

Le premier événement n’est pas forcément sportif, paradoxalement. En effet, les comparses de Kylian M’bappé arboreront une tunique inédite, en honneur du centenaire de la FFF. Le résultat est plus que probant et les supporters sont – en majorité – agréablement surpris du design. Mais qui dit "beau" sous-entend « édition limitée » et il fallait donc se lever aux aurores ce matin pour faire partie des 7000 chanceux à l’obtenir. Logo redesigné pour obtenir un effet « rétro », une inscription « 100 ans, 1919-2019 » et un bleu plus clair. Tout a été réfléchi pour inscrire cette soirée du sceau de l’anniversaire, d’autant plus que ce n’est pas tout…

Avant l’entrée des Bleus sur la pelouse, la FFF diffusera sur les écrans géants un mini-film à valeur d’hommage « retraçant les plus grandes heures du football français (selon le communiqué de presse de la FFF). Une bâche géante sera déroulée sur le terrain pour rendre hommage à une centaine de personnalités qui ont incarné et illustré cette histoire ». Tout ce cérémonial donne bien envie d’être devant sa télé pour assister au spectacle mais les festivités resteront futiles si le résultat sportif ne suit pas.

« On prend les mêmes et on recommence » ?

Pour ce faire, les Bleus aligneront une composition peu surprenante. Lloris (cap.), Pavard, Varane, Umtiti, Kurzawa, Kanté, Pogba et Matuidi, M’bappé à droite, Griezmann en meneur de jeu et Giroud maintenu en pointe. En face, l’Islande devra faire sans un de ses joueurs phares, Johann Berg Gudmundsson, l’ailier droit de Burnley. Cette bonne nouvelle pour son vis-à-vis, Layvin Kurzawa, vient peu après le forfait de Lucas Digne, laissant le Parisien comme seul latéral gauche de métier dans cette liste, lui qui n’était que le cinquième à son poste dans la hiérarchie de Deschamps.

Autre forfait, celui de Kingsley Coman sur qui le sort s’acharne, décidément (323 jours d’absence au total depuis sa première blessure en novembre 2016). « DD »a fait le choix de ne remplacer ni Lucas Digne ni le Bavarois, conservant là sa philosophie du « groupe comme cocon à ne pas perturber ».

Avant sa victoire face à la Principauté d’Andorre, l’Islande restait sur 13 matches sans gagner mais avait réussi à accrocher les Bleus dans cette série noire, montrant ici les limites des statistiques. Pour autant, l’Equipe de France peut se targuer d’un bilan extrêmement positif face aux Islandais (9 victoires et 4 nuls sur les 11 affrontements) et marque souvent contre cet adversaire avec 17 buts marqués sur les 6 derniers face-à-face soit presque 3 buts inscrits par match en moyenne pour les Bleus. 

Clés tactiques

Adepte du 4-4-1-1 voire du 4-4-2 à plat, Erik Harmén – l’entraîneur islandais – affectionne les contres et coups de pieds arrêtés, ce qui a tout du match piège a priori. Méfiance donc à l’excès de confiance. Les hommes de Deschamps devront être impériaux dans les airs et concentrés dans les duels, ce pourquoi Umtiti devrait été préféré à Kimpembe en dépit du fait que le Catalan n’a pas été titularisé dans deux rencontres consécutives depuis fin septembre.

Les critiques sur l’individualisme croissant de M’bappé se font de plus en plus bruyantes mais elles se font toujours plus discrètes lorsque l’ancien Monégasque sauve son équipe de la désillusion. Comme il l’avait fait dans le dernier face-à-face contre les insulaires du Nord, en rentrant à 30 minutes de la fin. Le « gamin » avait marqué un but hors-jeu avant de débouler côté droit pour provoquer un contre-son-camp puis de remettre les Bleus a égalité au tableau d’affichage, sur penalty. Les Français aussi, donc, vont jouer crânement leur chance sur coups de pied arrêtés car leurs provocations balle au pied et leur jeu en profondeur perturbent n’importe quelle défense.

Olivier Giroud, également, va tenter d’être seul sur la troisième marche du podium des meilleurs buteurs de l’histoire des Bleus pour ainsi dépasser officiellement Trezeguet, les deux étant à 34 buts chacun. Les remplaçants auront aussi une carte à jouer et essaieront de faire basculer le match, ce qui n’est pas forcément dans leurs habitudes (statistiquement parlant). En effet, depuis un an et demi et 24 rencontres, un seul joueur a marqué en sortant du banc, c’était donc M’bappé face à… l’Islande !