Euro: l'Italie n'a encore rien gagné, mais elle ne sait plus perdre

Roberto Mancini et son Italie renaissante n'ont (encore) rien gagné, mais le sélectionneur peut entrer dans l'histoire du calcio en égalant un record d'invincibilité vieux de plus de 80 ans, dimanche (18h00) contre le pays de Galles à Rome.

ALBERTO LINGRIA - POOL/AFP/Archives

Roberto Mancini et son Italie renaissante n'ont (encore) rien gagné, mais le sélectionneur peut entrer dans l'histoire du calcio en égalant un record d'invincibilité vieux de plus de 80 ans, dimanche (18h00) contre le pays de Galles à Rome.

Un 30e match consécutif sans défaite offrirait la première place du groupe aux Azzurri, déjà qualifiés pour les huitièmes de finale de l'Euro après leurs deux belles victoires contre la Turquie et la Suisse (deux fois 3-0).

Le pays de Galles (2e), également bien parti avec 4 points pour figurer au minimum dans les meilleurs troisièmes, assurerait les huitièmes avec un nul. Gareth Bale et consorts, demi-finalistes de l'Euro-2016, seront même premiers en cas de succès à l'Olimpico. Mais il faut pour cela faire chuter une équipe d'Italie invaincue depuis septembre 2018, contre le Portugal (0-1).

Euro 2020 : classement du groupe A

Euro 2020 : classement du groupe A

Vincent LEFAI - AFP

En mars, quand il avait égalé les 25 matches d'invincibilité (2004-06) de Marcello Lippi, le sélectionneur sacré champion du monde en 2006, Roberto Mancini avait eu cette formule: "Je serai content de le rejoindre en décembre 2022!", sous-entendu en réussissant comme lui à soulever la Coupe du monde, dans 18 mois au Qatar.

Dimanche, la série peut atteindre 30 unités (24 victoires et 5 nuls à ce jour), pour égaler son lointain prédécesseur Vittorio Pozzo, entre 1935 et 1939. Un sélectionneur qui a offert pour sa part à l'Italie ses deux premières étoiles mondiales (1934 et 1938), un doublé qui est encore une autre gageure pour Mancini (même s'il vient de prolonger jusqu'au Mondial-2026!).

- Premier ou deuxième? -

Le record absolu d'invincibilité, à l'échelle mondiale, est de 35 matches, codétenu par l'Espagne (2006-09) et le Brésil (1993-96, mais avec un revers aux tirs au but en finale de la Copa America en 1995).

L'Argentine a déjà elle réalisé une série de 31 matches (1991-93) et la France de 30 (1994-96).

Au-delà du clin d'oeil à l'histoire, l'Italie aura surtout pour ambition d'alimenter sa belle confiance et préserver la dynamique d'une équipe qui tourne déjà à plein régime, marquant but sur but et n'en prenant plus depuis dix matches.

La première place serait un joli bonus aussi même si, au vu de la formule complexe retenue pour cet Euro itinérant, terminer premier ou deuxième ne change pas vraiment les choses pour l'Italie.

Finir en tête offrirait même à l'équipe de Mancini en théorie un parcours plus relevé, avec de fortes chances de se retrouver dans la moitié de tableau de la Belgique (en quarts) et de la France (en demie) si elles terminent elles-mêmes en tête de leur groupe.

La deuxième place offrirait aux Azzurri un parcours a priori plus aisé, avec les Pays-Bas en quarts, mais aussi la perspective d'un long déplacement à Bakou, précisément pour ce quart.

- "Pas de calculs" -

Le mieux est sans doute de "ne pas faire de calculs", estimait samedi sur Sky Sport l'attaquant Andrea Belotti.

Le buteur du Torino devrait faire partie de ceux qui vont intégrer le onze de départ - à la place de Ciro Immobile en pointe - pour permettre aux titulaires des deux premiers matches de souffler après des débuts à haute intensité.

A 24 heures de ce dernier match de poule, où une température caniculaire est attendue à Rome (32 degrés), la question est de savoir jusqu'où Mancini ira dans le "turn over", entre nécessité de préserver les organismes et volonté de ne pas dérégler la machine.

Le milieu italien Marco Verratti à l'entraînement le 15 juin 2021 à Rome

Le milieu italien Marco Verratti à l'entraînement le 15 juin 2021 à Rome

ANDREAS SOLARO - AFP/Archives

Marco Verratti, six semaines après sa blessure à un genou et une semaine d'entraînement complet, devrait faire son retour, au moins sur le banc, mais peut-être titulaire d'entrée.

Giorgio Chiellini, blessé à une cuisse, est lui déjà tourné vers les huitièmes et devrait être remplacé par Francesco Acerbi. Federico Chiesa, poussé sur le banc par un Domenico Berardi en grande forme, pourrait lui aussi retrouver le terrain.

Les Gallois eux aussi devraient faire tourner, même s'ils doivent encore assurer la qualification. "On veut gagner tous les matches et ce ne sera pas différent dimanche", a assuré le sélectionneur Robert Page après la belle victoire sur la Turquie (2-0).

Par Anthony LUCAS / Rome (AFP) / © 2021 AFP