Euro: flou sur l'accueil de public à Dublin et Bilbao, nouveau délai accordé

L'Euro aura-t-il lieu dans les douze stades initialement retenus? L'incertitude a grandi mercredi avec les doutes émis à Dublin et Bilbao sur l'accueil de spectateurs cet été, un prérequis posé par l'UEFA, qui a donné aux villes hôtes un nouveau délai, jusqu'au 28 avril.

Niall CARSON - POOL/AFP/Archives

L'Euro aura-t-il lieu dans les douze stades initialement retenus? L'incertitude a grandi mercredi avec les doutes émis à Dublin et Bilbao sur l'accueil de spectateurs cet été, un prérequis posé par l'UEFA, qui a donné aux villes hôtes un nouveau délai, jusqu'au 28 avril.

Flou à Dublin, cacophonie à Bilbao, agacement à Munich... La volonté affichée par la Confédération européenne de football de planifier un championnat avec du public cet été (11 juin-11 juillet) se heurte aux doutes liées à la pandémie de Covid-19.

L'UEFA avait fixé une première échéance ce mercredi aux villes organisatrices, réparties dans douze pays d'Europe, pour préciser la jauge possible dans chaque stade au cours du tournoi, et compte communiquer vendredi sur ces propositions.

Mais alors que la crise sanitaire rend de telles projections incertaines, Dublin a reconnu mercredi ne pas savoir si les mesures anti-Covid permettront l'accueil de spectateurs à l'Aviva Stadium.

La fédération de football irlandaise (FAI) "n'est pas en mesure, à ce stade, de donner des assurances sur la présence d'un nombre minimal de spectateurs", a-t-elle écrit dans un communiqué, une annonce qui met en péril la tenue des quatre rencontres prévues à Dublin (trois de phase de poules, un huitième de finale).

De son côté, le dossier a viré à la cacophonie à Bilbao: alors que, selon la presse basque, le stade San Mamés pourrait accueillir jusqu'à 13.000 spectateurs si les indicateurs sanitaires respectent certains plafonds, la Fédération espagnole de football (RFEF) a publié un communiqué très offensif pour critiquer ces conditions posées par les autorités régionales basques, qu'elle juge "impossibles à atteindre".

Optant pour la souplesse, l'UEFA a annoncé mercredi en fin de journée qu'elle accorderait un deuxième délai, "jusqu'au 28 avril" aux villes-hôtes pour ajuster leurs scénarios sanitaires et relever le nombre de spectateurs prévus, a expliqué mercredi à l'AFP un porte-parole de l'instance.

- Une finale dans un stade plein ? -

L'UEFA promettait depuis plusieurs semaines de préciser l'organisation de l'Euro lors de son prochain comité exécutif le 19 avril, quitte à déplacer certaines rencontres si les villes concernées ne peuvent accueillir de public.

Le président de l'Union Européenne de Football Association (UEFA), Aleksander Ceferin, lors de l'inauguration du logo de Budapest pour l'Euro-2020, le 16 novembre 2020

Le président de l'Union Européenne de Football Association (UEFA), Aleksander Ceferin, lors de l'inauguration du logo de Budapest pour l'Euro-2020, le 16 novembre 2020

ATTILA KISBENEDEK - AFP/Archives

Mi-mars, alors que la propagation de variants plus contagieux du Covid-19 mettait déjà le continent en alerte, le patron de l'UEFA Aleksander Ceferin avait surpris en promettant au journal croate Sportske Novosti que les matches de l'Euro ne seraient "pas disputés devant des tribunes vides".

Une exigence qui a agacé en Allemagne, où la présence de public dans les stades est interdite depuis mars 2020. Mais Munich a néanmoins soumis mardi un scénario prévoyant la présence de spectateurs.

Le Stade de Wembley, lors du match amical entre l'Angleterre et la Suède, le 15 novembre 2011 à Londres

Le Stade de Wembley, lors du match amical entre l'Angleterre et la Suède, le 15 novembre 2011 à Londres

GLYN KIRK - AFP/Archives

De leur côté, plusieurs autres pays hôtes ont affiché leur confiance dans la possibilité d'accueillir du public cet été, à commencer par la Grande-Bretagne, qui s'est dit prête à accueillir davantage de matches que ceux déjà prévus à Londres - dont les demi-finales et la finale - et Glasgow.

Selon la presse, la fédération anglaise tablerait sur un Wembley à moitié plein (45.000) pour les demi-finales, mais le Premier ministre Boris Johnson espère, lui, une finale dans un stade plein.

Pour sa part, la Roumanie a annoncé dès le 18 mars qu'elle tablait sur une jauge d'au moins 25% du public à l'Arena Nationala de Bucarest. En Hongrie, le principal quotidien sportif Nemzeti Sport a rapporté que Budapest pourrait proposer une jauge de 50%.

- Format inédit -

Le Danemark prévoit lui d'accueillir au moins 11.000 spectateurs par match à Copenhague, même si le gouvernement se réserve la possibilité de serrer la vis, tandis qu'Amsterdam espère "au moins 12.000 spectateurs".

En Italie, le gouvernement a donné son feu vert à la présence de spectateurs lors des matches prévus au Stadio Olimpico de Rome, dont la rencontre d'ouverture le 11 juin. Le président de la Fédération plaide pour une ouverture à 30% du stadio Olimpico, soit quelque 20.000 spectateurs.

Sur la base des informations reçues, l'UEFA doit donner son avis définitif sur l'organisation du tournoi paneuropéen imaginé par l'ex-patron de l'UEFA Michel Platini et reporté d'un an en raison de la pandémie.

Le stade de San Mamés à Bilbao en Espagne, le 12 février 2020

Le stade de San Mamés à Bilbao en Espagne, le 12 février 2020

ANDER GILLENEA - AFP/Archives

Ce format inédit doit se tenir à Amsterdam, Bakou, Bilbao, Bucarest, Budapest, Copenhague, Dublin, Glasgow, Munich, Rome et Saint-Pétersbourg, avec les demi-finales et finale à Londres.

La semaine dernière, l'UEFA a par ailleurs levé la limite de 30% de spectateurs dans les stades décidée en octobre dernier, afin de permettre aux autorités locales d'augmenter librement la jauge en vue de l'Euro.

Par Coralie FEBVRE avec les bureaux européens de l'AFP / Lausanne (AFP) / © 2021 AFP