Dopage: suspension réduite pour Coleman, qui reste banni du 100 m olympique

Le sprinteur américain Christian Coleman, initialement suspendu deux ans après des manquements à ses obligations de localisation antidopage, a vu sa sanction réduite à 18 mois par le Tribunal arbitral du sport (TAS) vendredi mais reste privé des Jeux olympiques de Tokyo (23 juillet-8 août).

Christian Petersen - Getty/AFP/Archives

Le sprinteur américain Christian Coleman, initialement suspendu deux ans après des manquements à ses obligations de localisation antidopage, a vu sa sanction réduite à 18 mois par le Tribunal arbitral du sport (TAS) vendredi mais reste privé des Jeux olympiques de Tokyo (23 juillet-8 août).

Le champion du monde en titre du 100 m, âgé de 25 ans, avait été suspendu en octobre 2020 par l'Unité d'intégrité de l'athlétisme (AIU) pour une durée de deux ans, rétrodatée au 14 mai 2020. L'AIU lui reprochait trois défauts de localisation antidopage: les 16 janvier, 26 avril et 9 décembre 2019.

Les athlètes de très haut niveau sont soumis à de scrupuleuses obligations de localisation (adresse, stages, entraînements, compétitions), devant en plus renseigner chaque jour un créneau d'une heure et un lieu afin de pouvoir être testés de façon inopinée.

Trois manquements à ces obligations (un contrôle manqué, le "no show", ou des renseignements imprécis) en moins d'un an sont passibles de deux ans de suspension.

En octobre, l'AIU avait décrit l'attitude de Coleman à l'égard de ses obligations en matière de lutte antidopage comme "totalement négligente, voire imprudente".

D'abord suspendu provisoirement en juin 2020, Coleman avait alors publié un long message sur Twitter accusant l'AIU d'avoir en quelque sorte provoqué le test manqué en décembre 2019.

"Je pense que la tentative du 9 décembre a été délibérée, pour me faire rater un contrôle. Ne me dites pas que j'ai +raté un contrôle+ si vous vous faufilez devant ma porte à mon insu", écrit-il, assurant qu'"il n'y (avait) aucune trace que quiconque soit venu chez moi".

- Négligence "moins grave" -

Le sprinteur affirmait en outre que les contrôleurs s'étaient rendus chez lui alors qu'il faisait des achats de cadeaux de Noël dans un centre commercial voisin, et que cela pouvait être vérifié par ses relevés bancaires.

Le panel du TAS en a tenu compte et explique que même si Christian Coleman a bien violé l'article l'article 2.4 du règlement antidopage, son degré de négligence est "moins grave" que ce qui avait été initialement établi.

Christian Coleman lors de sa victoire sur 100 m aux Mondiaux d'athlétisme de Doha, le 28 septembre 2019

Christian Coleman lors de sa victoire sur 100 m aux Mondiaux d'athlétisme de Doha, le 28 septembre 2019

KARIM JAAFAR - AFP/Archives

"L'athlète aurait dû être en état d'alerte maximale ce jour-là, étant donné les deux échecs de localisation existants déjà à son encontre", a relevé le TAS dans un communiqué publié vendredi.

Mais le panel estime que si le responsable chargé du contrôle avait pris la peine de passer un coup de téléphone à Coleman en arrivant à son domicile, celui-ci aurait pu rentrer à la maison dans le temps imparti et un test antidopage aurait pu être mené.

Même si rien dans le règlement n'oblige un responsable antidopage à téléphoner, le comité du TAS souligne que c'est une pratique courante et que Coleman était en droit d'espérer être appelé.

"En conclusion, le panel du TAS a estimé que la suspension de 18 mois était une sanction appropriée étant donné les circonstances", souligne le communiqué.

Coleman avait déjà échappé en 2019 à une suspension pour vice de forme, quelques semaines seulement avant les Mondiaux de septembre à Doha (Qatar), durant lesquels il avait remporté le titre sur 100 m (en 9 sec 76), après une prestation époustouflante en finale.

Il lui était déjà reproché trois manquements à ses obligations de localisation en mois d'un an, mais l'Américain avait été blanchi par l'Agence antidopage américaine, qui avait commis une erreur dans la date de son premier manquement.

- Une ascension fulgurante -

Chris Coleman assure la victoire du relais américain sur 4x100 m des Mondiaux de Londres, le 12 août 2017

Chris Coleman assure la victoire du relais américain sur 4x100 m des Mondiaux de Londres, le 12 août 2017

Jewel SAMAD - AFP/Archives

Christian Coleman domine le sprint mondial depuis la retraite de la légende jamaïcaine Usain Bolt en 2017. Champion du monde sur 100 m et sur le relais 4x100 m à Doha en 2019, il détient le record du monde du 60 m en salle (6 sec 34).

A seulement 21 ans, Coleman était devenu vice-champion du monde sur 100 m et 4x100m en 2017 à Londres. Le sprinteur, qui a longtemps hésité à opter pour le football américain, a connu un parcours sans embûches jusqu'à ses récents faux pas, avec une progression méthodique jusqu'à son couronnement au Qatar.

Lors de sa première participation aux Jeux olympiques, à Rio il y a quatre ans, l'ex-étudiant en management sportif de l'Université du Tennessee, n'avait participé qu'aux séries du relais 4x100m.

Privé des Jeux, Coleman pourra toutefois défendre son titre aux Mondiaux de Eugene (Oregon), reportés à juillet 2022.

Par Christophe VOGT / Genève (AFP) / © 2021 AFP