Covid, Mediapro, suspense à tous les étages: une saison folle en L1

En passe de se refermer, la saison 2020/21 de la Ligue 1 s'est écrite avec des ingrédients inédits, entre la défaillance du diffuseur Mediapro, la pandémie de Covid-19 en perturbateur majeur et un sprint final haletant dans le haut comme le bas du classement.

FRANCK FIFE - AFP/Archives

En passe de se refermer, la saison 2020/21 de la Ligue 1 s'est écrite avec des ingrédients inédits, entre la défaillance du diffuseur Mediapro, la pandémie de Covid-19 en perturbateur majeur et un sprint final haletant dans le haut comme le bas du classement.

Voici le thermomètre d'une saison pas comme les autres:

. Froid: stades vides et cas de Covid

Pour lancer la saison du nouveau diffuseur Mediapro, la Ligue avait placé Marseille - Saint-Étienne en ouverture le 21 août. Las, la fête a été gâchée par le Covid-19 qui a contaminé plusieurs joueurs de l'OM et entraîné le report du choc. A la place? Un triste Bordeaux-Nantes (0-0), annonciateur d'un exercice difficile pour les deux rivaux de l'Atlantique.

Calendrier et statistiques des 4 clubs en tête du championnat de France de Ligue 1, prétendants au titre 2020-2021

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Vincent LEFAI - AFP

Partout, les stades de France résonnent creux car, avec le rebond de la pandémie, la présence de supporters reste extrêmement limitée. De fait, les rencontres de L1 sont disputées devant 5.000 personnes maximum (public, staff, sécurité, médias), une jauge vite abaissée à 1.000 personnes, avant de laisser place aux tristes huis clos.

Adieu les recettes de billetterie pour les clubs et adieu l'ambiance dans les stades, où parfois une bande son pré-enregistrée de chants de supporters tente de masquer le vide.

"Ce qu'on peut dire déjà de cette saison, ce sont les défis qui ont été proposés aux joueurs en termes d'effectif, de Covid ou de changements d'horaire (avec la nouvelle grille laissant la part belle au dimanche, NDLR). Plein de choses qui leur ont été imposées qui ont été complètement dingues. Mais elles ont été aussi formatrices", a résumé le manager stéphanois Claude Puel.

. Glacial: impasse et passe d'armes sur les droits TV

En octobre, c'est la douche froide pour le foot français, sonné par la bombe du patron de Mediapro. "Nous voulons rediscuter le contrat de cette saison. Elle est très affectée par le Covid-19", affirme Jaume Roures auprès de L'Equipe.

Détenteur de 80% des droits TV de la L1, le groupe espagnol à capitaux chinois est incapable de verser l'argent dû à la Ligue, obligée de trouver une solution d'urgence face à la panique qui saisit les clubs. Le manque à gagner s'élève à plusieurs centaines de millions d'euros pour ces derniers, qui bâtissent une grande partie de leurs budgets sur les droits télévisuels.

Le président du groupe audiovisuel sino-espagnol Mediapro Jaume Roures lors d'un point presse à Paris, le 21 octobre 2020

Le président du groupe audiovisuel sino-espagnol Mediapro Jaume Roures lors d'un point presse à Paris, le 21 octobre 2020

FRANCK FIFE - AFP/Archives

"La crise Covid est mondiale, mais la crise Médiapro n'est tombée que sur le championnat français", rappelait Christophe Galtier début avril dans un entretien à l'AFP.

"Il vaut mieux tenir que courir. Mediapro proposait plus, mais est-ce que c'était le bon choix ? Le mieux est l'ennemi du bien", a philosophé l'entraîneur de Metz Frédéric Antonetti.

Rupture de contrat, litiges juridiques multiples, appels d'offre: la Ligue dirigée par Vincent Labrune se démène pour éviter l'écran noir, jusqu'à l'annonce début février d'un accord avec Canal+ pour la fin de saison. Cela se traduit par une baisse des revenus télévisuels des clubs à hauteur de 49% pour l'exercice en cours, selon des sources ayant connaissance du dossier.

. Brûlant: lutte au sommet, survie dans l'élite

A deux journées du terme, le championnat de France est loin d'avoir livré son verdict pour le titre, le podium final, les tickets pour l'Europe et la relégation.

L'attaquant du PSG Kylian Mbappe déborde le défenseur lillois Sven Botman lors du choc de Ligue 1 disputé au Parc des Princes, le 3 avril 2021

L'attaquant du PSG Kylian Mbappe déborde le défenseur lillois Sven Botman lors du choc de Ligue 1 disputé au Parc des Princes, le 3 avril 2021

FRANCK FIFE - AFP/Archives

Chose rare, un quatuor constitué par Lille, le Paris SG, Monaco et Lyon a longtemps joué des coudes pour le titre. Avec trois points de plus, les Dogues lillois sont désormais en pôle pour ravir le trône aux superstars parisiennes, pourtant annoncés gagnants en début de saison.

Les billets pour la lucrative Ligue des champions ne sont par ailleurs pas encore attribués. Monaco (3e, 74 points) guette un faux-pas du PSG (76 pts) et se méfie de Lyon (4e, 73 points).

"C'est l'un des plus beaux championnats que j'ai pu vivre. Quatre équipes avec un tel nombre de points, c'est assez rare. C'est plutôt une belle publicité pour la Ligue 1, c'est surtout ça", a estimé le technicien de l'OL Rudi Garcia.

Quatre équipes sont en outre engagées dans un bras de fer pour les 5e et 6e places qualificatives pour les "petites" Coupes d'Europe: l'OM, Lens, Rennes et, dans une moindre mesure, Montpellier.

Le suspense est tout aussi élevé dans le bas de tableau, avec sept clubs à la lutte pour ne pas accompagner Dijon en Ligue 2 ou s'aventurer dans un barrage incertain. Des monuments comme Nantes (en position de barragiste) et Bordeaux (15e) sont ainsi menacés.

Par Jeremy TALBOT / Paris (AFP) / © 2021 AFP