Coupe d'automne des nations: le fiasco fidjien

Un petit tour et puis s'en va. Ce devait être une des attractions de la Coupe d'automne des nations mais les trois rencontres des Fidji, face à la France, l'Italie et l'Ecosse, ont été annulées en raison d'une vague de cas positifs.

CHRISTOPHE SIMON - AFP/Archives

Un petit tour et puis s'en va. Ce devait être une des attractions de la Coupe d'automne des nations mais les trois rencontres des Fidji, face à la France, l'Italie et l'Ecosse, ont été annulées en raison d'une vague de cas positifs.

Résultat, la tournée européenne des "Flying Fijians" a tourné au vinaigre. Ils ont encore l'espoir de disputer un dernier match, celui de classement, le 5 décembre face au 4e de l'autre poule mais, pour ça, il faudra encore passer une nouvelle série de tests.

Cette dernière rencontre dépendra "des contrôles sur leur forme physique, une fois que les joueurs seront sortis de leur isolement et en respectant tous les protocoles établis", ont prévenu les organisateurs.

Un coup dur pour les Fidjiens, 11e nation au classement World Rugby, qui souhaitaient s'aguerrir face aux meilleures nations mondiales, notamment européennes. La longueur et la difficulté des déplacements à Suva, la capitale, empêchent ces confrontations régulières: hors Coupe du monde, la nation du Pacifique n'a plus affronté d'équipe européenne depuis novembre 2018... et un succès devant les Bleus (24-18).

Cette Coupe d'automne des nations tombait donc à pic pour démontrer que les Fidjiens valent mieux que ce mièvre Mondial-2019, ponctué par une défaite devant l'Uruguay (30-27).

Surtout, il s'agissait là de leur première rencontre avec leur nouveau sélectionneur, arrivé en début d'année: l'alliage entre la rigueur de Vern Cotter et le jeu ultra-spectaculaire de ses joueurs était prometteur.

Car, avec des fers de lance tels que Semi Radradra (Bristol), Leone Nakarawa (Glasgow), Josua Tuisova (Lyon) ou Nemani Nadolo (Leicester), les hommes de Cotter ont de quoi faire parler la poudre.

- Des écarts de conduite -

Depuis leur arrivée en France, fin octobre, les coéquipiers de Radradra étaient à pied d'oeuvre. Pour rien donc. Puisque vendredi, leur dernière rencontre de la phase de poule, face au XV du Chardon, a été annulée.

L'ailier vedette des Fidji Semi Radradralors du Mondial japonais contre les Gallois à Oita, le 9 octobre 2019

L'ailier vedette des Fidji Semi Radradralors du Mondial japonais contre les Gallois à Oita, le 9 octobre 2019

CHRISTOPHE SIMON - AFP/Archives

"La progression de la contamination dans le camp fidjien, la nécessité d'une période d'isolement d'au moins dix jours, ainsi que le besoin évident d'une préparation adaptée à un match international ont rendu cette décision inévitable, bien que difficile à prendre", ont expliqué les organisateurs.

Avant ça, le nombre de cas positifs au Covid-19 au sein de l'effectif fidjien était monté à vingt-neuf. Joueurs et membres de l'encadrement ont été massivement contaminés.

Difficile de savoir ce qu'il s'est passé exactement. Dans le camp fidjien, selon les information de l'AFP, les regards se tournent vers Vern Cotter.

Le nouveau sélectionneur était en effet en charge des Barbarians, dont la rencontre contre l'Angleterre avait été annulé après des violations des protocoles sanitaires.

"Tout ça n'a pas été très bien géré, notamment la reprise par petits groupes. Ils ont sans doute repris trop tôt les entraînements collectifs", confie à l'AFP une source proche du dossier, qui évoque des écarts de la part des joueurs, dont certains seraient sortis et auraient côtoyés des supporters croisés en ville.

Après leur stage à Limoges, qui devait être ponctué d'un match de préparation contre le Portugal, annulé lui aussi, les Fidjiens s'entraînaient depuis la semaine dernière à Andrézieux-Bouthéon, au stade Roger-Baudras.

Hébergés dans un hôtel quatre étoiles transformé en véritable "bunker", par ailleurs candidat pour accueillir une ou plusieurs équipes lors du Mondial-2023, joueurs et membres de l'encadrement devaient prendre leurs repas en room service. Les Fijdiens volants ont les ailes coupées.

Par Nicholas MC ANALLY / Paris (AFP) / © 2020 AFP