C1: le PSG, encore loin du but, a trois mois pour redresser la barre

Qualifié mais dominé par Manchester City (2-1) mercredi, le Paris SG a environ trois mois pour devenir une équipe capable de gagner la Ligue des champions, ce qu'il est loin d'être aujourd'hui, jusqu'aux 8e de finale qui s'annoncent difficiles en février-mars.

Paul ELLIS - AFP

Qualifié mais dominé par Manchester City (2-1) mercredi, le Paris SG a environ trois mois pour devenir une équipe capable de gagner la Ligue des champions, ce qu'il est loin d'être aujourd'hui, jusqu'aux 8e de finale qui s'annoncent difficiles en février-mars.

- Un bilan statistique décevant -

Depuis le début de la saison européenne, le PSG montre un visage qui ne correspond pas à ses énormes ambitions. C'est une grimace de souffrance que les Parisiens esquissent à chaque match, en dépit de leur succès 2-0 à l'aller contre City.

L'équipe de Mauricio Pochettino n'a gagné aucun de ses trois matches à l'extérieur dans son groupe (2 nuls, 1 défaite), un bilan inédit dans l'ère qatarienne démarrée en 2011.

Ces mauvais résultats, qui ne l'ont pas empêchée de décrocher une dixième qualification consécutive pour les huitièmes de finale de C1, découlent de difficultés dans le jeu corroborées par les statistiques de l'UEFA, aussi bien en défense qu'en attaque.

Le PSG concède trop d'occasions: ses gardiens ont réalisé 21 arrêts depuis le début de la compétition, bien plus que leurs homologues de Chelsea (3 arrêts) ou de Liverpool (7).

En attaque, le nouveau trio offensif "MNM" formé par Lionel Messi, Neymar et Kylian Mbappé cherche encore ses marques.

L'attaque parisienne n'a tiré au but que 41 fois (5e pire total sur 32 équipes alignées), un chiffre qui rapproche plus les Parisiens du Sheriff Tiraspol (42) que du Real Madrid (95) ou du Bayern Munich (97).

- Un tirage peut-être épineux -

L'entraîneur argentin du Paris Saint-Germain Mauricio Pochettino le 24 novembre à Manchester, Angleterre

L'entraîneur argentin du Paris Saint-Germain Mauricio Pochettino le 24 novembre à Manchester, Angleterre

Oli SCARFF - AFP

Ce constat s'accompagne d'un autre, implacable: assuré de terminer deuxième de son groupe derrière City, le PSG s'est compliqué la vie pour la suite de la compétition.

Le dernier match contre Bruges, le 7 décembre, comptera pour du beurre. C'est le 13 décembre, date du tirage au sort des 8e de finale (aller: 15-16-22-23 février, retour: 8-9-15-16 mars) que les prochains frissons européens se feront ressentir.

Paris aura un double handicap: affronter une tête de série et jouer le match retour à l'extérieur.

Liverpool, le Bayern, l'Ajax et Manchester United font partie de ses adversaires potentiels. La liste peut s'enrichir lors de la dernière journée avec le tenant du titre Chelsea et le Real Madrid.

Bref, que du lourd... Si Lille, bien placé, venait à terminer en tête de son groupe, il n'y aura pas de choc franco-français possible, selon le règlement de l'UEFA qui interdit les confrontations entre équipes d'un même pays à ce stade de la compétition.

- Une progression obligatoire -

Devant la montagne qui se profile, "il faut s'améliorer dans tous les domaines, tous les aspects", a reconnu Mauricio Pochettino.

"Il faut travailler sur les détails", a confirmé le capitaine Marquinhos au micro de Canal+. "Je pense qu'on peut s'améliorer sur cela, surtout défensivement. Il faut que tout le monde fasse mieux pour que l'on prenne moins de buts."

Pour Presnel Kimpembe, "il va falloir tuer les matches plus tôt. Et aussi travailler en équipe".

Des critiques ont visé la "MNM", pas la plus prompte à lancer le pressing défensif - le contraste avec City, spécialiste dans la matière, a été flagrant.

En plus de son intégration au reste du collectif, les trois superstars cherchent aussi comment jouer entre elles - un autre axe de progression. "Avec le temps, ça va aller de mieux en mieux", a assuré mardi Marco Verratti.

Mais de combien de temps Pochettino dispose-t-il ? Il y a d'abord les contraintes liées à l'infirmerie, toujours pleine, qui l'obligent à changer de onze titulaire à chaque rencontre, et le privent de continuité.

Avant City, ce sont Verratti et Georginio Wijnaldum qui se sont blessés. Dans le même temps, Sergio Ramos, enfin disponible après des problèmes physiques récurrents, doit aussi être intégré.

Ensuite, il y a la pression qui monte autour de sa personne, ses choix tactiques étant de plus en plus débattus, au point qu'ont éclaté des rumeurs sur son départ à Manchester United, en quête d'un manager, que l'Argentin a démenties, se disant "heureux" à Paris.

Jusqu'aux 8e, le programme s'annonce chargé sur le plan national, avec des matches contre Lens, Nice, Monaco, Lyon ou Lille, autant d'étapes qui doivent aider le PSG à progresser.

Par Alexis HONTANG / Paris (AFP) / © 2021 AFP