Bleues: la joie de Griedge Mbock "après ces longs mois de souffrance"

De retour chez les Bleues après plus d'un an et demi d'absence, Griedge Mbock revient pour l'AFP sur sa longue convalescence après sa rupture d'un tendon d'Achille, son "soulagement" et sa "joie" d'avoir rejoué "après ces longs mois de souffrance, de travail, de patience."

FRANCK FIFE - AFP/Archives

De retour chez les Bleues après plus d'un an et demi d'absence, Griedge Mbock revient pour l'AFP sur sa longue convalescence après sa rupture d'un tendon d'Achille, son "soulagement" et sa "joie" d'avoir rejoué "après ces longs mois de souffrance, de travail, de patience."

Q: Vous avez retrouvé la "vie de château" à Clairefontaine, selon votre expression. Quel sentiment vous a accompagné au moment d'y revenir, vingt mois après?

R: "Je suis quand même venue entretemps au centre médical, mais ce n'est pas la même chose! Regoûter à la vie de château, ça fait plaisir, c'est beau, surtout après autant de temps d'absence. Retrouver la vie de groupe, les filles, l'atmosphère de Clairefontaine, ça fait plaisir."

Q: Les Bleues vont jouer dans votre Bretagne natale, où vous avez passé une partie de votre convalescence auprès de votre famille. Qu'est-ce que cela vous a apporté?

R: "C'est très rare d'avoir autant de temps en famille. Ça ne m'était pas arrivé de rester aussi longtemps avec eux depuis peut-être dix ans. Ça m'a permis de me ressourcer, penser à autre chose, être bien entourée pour pouvoir bien récupérer de l'opération et me projeter sur la suite de ma convalescence. Ils étaient aux petits soins avec moi, je n'ai rien à redire (rires)!"

Q: Avez-vous mis à profit ce temps-là pour découvrir d'autres horizons?

R: "Après la première intervention de juin 2020, je suis partie en vacances avec des amies, dont Aïssatou (Tounkara) et Grace Geyoro. Ça m'a permis de décompresser, de me changer les idées. Ensuite, mes journées étaient rythmées par les entraînements, la rééducation en club et le repos, parce qu'il en fallait. J'ai pris des cours d'anglais aussi. Ça m'a beaucoup aidé, j'ai bien progressé et ma prof m'a servi un peu de psy (rires). Il fallait trouver des sujets à évoquer donc on en parlait beaucoup. Elle a aussi été un soutien dans cette période. J'ai discuté également avec le préparateur mental du club. Il m'a aidé à appréhender la blessure, effacer certains blocages que j'ai pu avoir et m'aider sur mon retour à la compétition. On oublie parfois l'aspect mental, pourtant c'est important. Ça m'a fait énormément de bien et ça m'a permis de travailler sur moi."

Q: Votre quotidien d'athlète est rythmé par les entraînements, les matches et l'adrénaline que cela procure. Cela a-t-il provoqué un manque chez vous?

R: "Forcément, cela a créé un manque parce que c'est ma passion. Quand tu es privée de ce que tu aimes faire, qu'en plus c'est ton métier, il faut essayer de combler et c'est compliqué. J'ai essayé d'en tirer le positif, ça m'a permis de voir ma famille, des amis à l'étranger, de faire des choses que je n'ai pas le temps de faire d'habitude."

La défenseuse des Bleues Griedge Mbock au marquage de la Serbe Jelena Cankovic en qualification pour l'Euro-2021, le 9 novembre 2019 à Bordeaux

La défenseuse des Bleues Griedge Mbock au marquage de la Serbe Jelena Cankovic en qualification pour l'Euro-2021, le 9 novembre 2019 à Bordeaux

GEORGES GOBET - AFP/Archives

Q: La sortie du tunnel est intervenue le 24 septembre dernier en championnat, après 18 mois d'arrêt. L'avez-vous vécu comme le début d'une nouvelle carrière?

R: "J'ai relativisé pendant ma blessure parce qu'il y avait beaucoup plus grave. On est passé par des moments compliqués avec le Covid, cela a touché beaucoup de personnes dans le monde. Je me disais que ma blessure, ce n'était pas grand-chose par rapport à ce que d'autres personnes ont pu vivre."

Q: Mais pour une sportive de haut niveau, ce n'est pas anecdotique.

R: "Oui mais je me disais que j'étais encore jeune, que ça allait être plus facile de pouvoir reprendre par rapport à une joueuse en fin de carrière. Je me disais: +J'ai du temps pour bien revenir, bien me soigner, je mets toutes les chances de mon côté+. Et c'est reparti. C'était un soulagement, beaucoup de fierté et de joie après ces longs mois de souffrance, de travail, de patience."

Q: Avez-vous pleinement retrouvé vos capacités ou avancez-vous encore sur la pointe des pieds?

R: "Non, je n'ai pas d'appréhension, je n'ai pas peur d'aller au contact, pas peur d'une rechute. Je me sens bien. J'ai encore besoin de temps de jeu pour continuer à progresser sur quelques aspects, mais je retrouve mes sensations petit à petit, je me sens de mieux en mieux au fil des matches."

Propos recueillis par Jérémy TALBOT.

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