Biathlon: Fourcade, cap sur le gros globe avant LA décision

Avec deux médailles d'or (Individuel, relais) et une de bronze (sprint), Martin Fourcade a marqué de son empreinte les Mondiaux de biathlon à Anterselva, et c'est l'esprit libéré et apaisé qu'il va désormais viser un 8e gros globe de cristal avant de décider de son avenir.

MARCO BERTORELLO - AFP

Avec deux médailles d'or (Individuel, relais) et une de bronze (sprint), Martin Fourcade a marqué de son empreinte les Mondiaux de biathlon à Anterselva, et c'est l'esprit libéré et apaisé qu'il va désormais viser un 8e gros globe de cristal avant de décider de son avenir.

Le scénario se déroule pour le moment parfaitement pour le Français. En début de saison, le quintuple champion olympique avait soigneusement décliné toutes les questions concernant son futur, soucieux en premier lieu de réussir son retour au sommet après un dernier hiver cauchemardesque. Sa renaissance spectaculaire à partir du mois de janvier (4 victoires en Coupe du monde), renforcée par ces Championnats du monde, a validé cette feuille de route.

Reboosté psychologiquement et en position de force sportivement avec une première place au classement général, Fourcade, 31 ans, a toutes les cartes en main pour vivre un dénouement en forme d'apothéose. Il ne lui reste plus que trois étapes (Nove Mesto, Kontiolahti, Oslo) pour sécuriser une 8e couronne. Il sera ensuite temps pour lui de dévoiler ses intentions pour la suite.

Le suspense est entier mais on voit mal ce que le Français, au palmarès long comme le bras, pourrait aller chercher de plus en étirant sa vie de biathlète de deux années supplémentaires.

A Anterselva, le Catalan a comblé deux gros vides dans sa riche collection: il a rejoint dans les annales Ole-Einar Bjoerndalen avec un 11e titre mondial sur le plan individuel et il a enfin remporté une médaille d'or avec le relais français. S'il parvenait à soulever un 8e gros globe de cristal, il pourrait tirer sa révérence la tête haute.

- "Enorme combat" -

Les Français Simon Desthieux, Emilien Jacquelin, Martin Fourcade et Quentin Fillon Maillet, sacrés en relais aux Mondiaux de biathlon, le 22 février 2020 à Anterselva

Les Français Simon Desthieux, Emilien Jacquelin, Martin Fourcade et Quentin Fillon Maillet, sacrés en relais aux Mondiaux de biathlon, le 22 février 2020 à Anterselva

Tiziana FABI - AFP

D'autant que son après-biathlon est déjà à peu près tracé avec son rôle de président de la commission des athlètes de Paris-2024 et sa candidature à la commission des athlètes du CIO en 2022.

Mais pour le moment, il est surtout focalisé sur cette prometteuse fin de saison qui risque tout de même d'être mouvementée puisque son grand rival Johannes Boe s'est relancé après son succès lors de la mass start des Mondiaux, dimanche. Il faut aussi compter avec son coéquipier Quentin Fillon-Maillet, 2e de la course et son dauphin en Coupe du monde, qui est loin d'avoir dit son dernier mot.

"Cela va être une grosse bagarre, a estimé Fourcade. J'avais dit que Johannes Boe restait pour moi le favori du général quand il a décidé de faire une pause en janvier (pour cause de paternité, ndlr). Aujourd'hui, on se retrouve avec 50/50 de chances de gagner parce que j'ai une faible avance. Ça va être serré. S'il gagne toutes les courses et que je suis 2e tout le temps ça peut suffire. Mais il ne gagnera pas tout et je ne serai pas deuxième tout le temps. Ça ne va pas se jouer là-dessus. Il faudra vraiment développer un haut niveau de performances."

Stéphane Bouthiaux, le patron du biathlon français, en est également persuadé: c'est "un énorme combat" qui se profile sur les 8 épreuves encore au programme.

- Suspense -

"Martin y tient vraiment vraiment fort et tout sera mis en place pour aller chercher ce globe, a-t-il expliqué. L'écueil c'est Johannes qui reprend un paquet de points, il y aura du suspense jusqu'à la dernière course."

Avec un menu aussi chargé et une saison jusque-là extrêmement dense en termes d'énergie et d'émotions, pas étonnant que Fourcade désire repousser le plus loin possible sa prise de décision au sujet de son avenir. Dans l'ordre des priorités du moment, le gros globe figure clairement à la première place.

"C'est une réflexion plus globale, qui mêle le personnel et le professionnel, qui mêle le regard d'ensemble sur une carrière et les sensations du moment, a-t-il indiqué. Je suis heureux que ces Mondiaux réussis fassent avancer la réflexion dans aucun des deux sens. Profondément, je ne sais pas ce que je ferai. J'ai envie de décaler au maximum cette décision qui va être dure à prendre. Ce serait mentir de dire que je n'ai pas d'intuition mais ça va vraiment dans les deux sens. Il y a des jours où je ne me vois pas continuer et d'autres où je n'arrêterais ça pour rien au monde."

Par Keyvan NARAGHI / Anterselva (Italie) (AFP) / © 2020 AFP