Bayern: Coman-Gnabry sur les traces du mythique duo "Rib-Rob"

Les ailiers Kingsley Coman et Serge Gnabry portent à 23 et 24 ans la lourde charge de faire oublier le mythique duo "Rib-Rob" (Ribéry-Robben) au Bayern Munich. Examen de passage mardi à Chelsea en huitièmes de finale aller de Ligue des champions (21h00).

INA FASSBENDER - AFP/Archives

Les ailiers Kingsley Coman et Serge Gnabry portent à 23 et 24 ans la lourde charge de faire oublier le mythique duo "Rib-Rob" (Ribéry-Robben) au Bayern Munich. Examen de passage mardi à Chelsea en huitièmes de finale aller de Ligue des champions (21h00).

Mais s'ils ont parfois étincelé sur la scène européenne, comme Gnabry avec son quadruplé en octobre à Tottenham en phase de poules (7-2), les deux jeunes internationaux n'imprègnent pas encore le jeu du Bayern, comme le faisaient leur glorieux devanciers, partis en fin de saison dernière.

- Des profils comparables... -

Arjen Robben était obsédé par le but, Franck Ribéry partait de plus loin et, s'il était un buteur d'instinct, était aussi un passeur fantastique. Pour l'heure, c'est Gnabry qui marche sur les traces de Robben (9 buts cette saison en Bundesliga, plus son quadruplé en C1), tandis que Coman est plutôt un percuteur à la Ribéry.

"Tous les quatre ont la vitesse, un super dribble et sont très dangereux en un contre un", analyse l'entraîneur de l'Eintracht Francfort Adi Hütter.

Les deux jeunes sont en revanche plus flexibles que leurs aînés, et permutent en permanence de la droite à la gauche. Robben, lui, était fixé à droite et Ribéry à gauche.

- ... Mais des caractères différents -

Les soirs de défaite, Robben n'avait pas la langue dans sa poche pour fustiger ses coéquipiers. Et Ribéry, boute-en-train à ses heures, n'hésitait jamais non plus à prendre la parole dans le vestiaire pour pousser un coup de gueule. Sur la pelouse, leur langage corporel était celui de guerriers.

"Ils étaient des références, pour leur jeu, pour leur attitude, pour leur orgueil", se rappelle leur ancien entraîneur Jupp Heynckes.

Coman et Gnabry sont totalement différents. Le Français est posé, discret, introverti. L'Allemand est "cool", a eu sa période végan et arbore toujours un large sourire. Jusqu'à présent, aucun des deux n'a montré un tempérament de leader.

- Efficacité: peuvent mieux faire! -

Robben et Ribéry ont fait des dizaines de fois la différence dans des matches difficiles. Leurs successeurs n'ont pas encore montré cette capacité à faire basculer une partie.

Cette saison, Coman a marqué deux fois et offert deux buts seulement à ses coéquipiers, faute de précision dans la dernière passe, et d'instinct de finisseur. En C1 aussi, son compteur est bloqué à deux buts. "Je sais qu'en tant qu'ailier, je dois marquer plus", avouait-il au printemps dernier.

Gnabry est plus efficace. Mais "il fait beaucoup de fautes brouillonnes, de concentration ou techniques", taclait début janvier le magazine du football Kicker, qui concluait durement: "Jusqu'ici, le costume laissé par Arjen Robben et Franck Ribéry est trop grand pour Gnabry et Coman".

- Des complémentarités à trouver -

A leur décharge, Coman et Gnabry souffrent d'un manque d'automatismes avec les joueurs de couloirs derrière eux. Les anciennes associations David Alaba/Ribéry et Philipp Lahm/Robben n'ont pas d'équivalent actuellement. A l'époque "Rib-Rob", le Bayern attaquait souvent en situation de deux contre un sur les ailes, avec des garçons qui se trouvaient les yeux fermés.

Cette saison, blessures et changements fréquents de postes n'ont pas permis d'obtenir cette fluidité, même si Benjamin Pavard à droite et Alphonso Davies à gauche font de leur mieux.

- Une marge de progression -

Il convient cependant de ne pas oublier l'âge de Coman-Gnabry: 23 et 24 ans. Ribéry avait 24 ans lorsqu'il est arrivé au Bayern en 2007, et Robben en avait 25 lors de son recrutement en 2009, et les deux ne sont devenus des joueurs majeurs que progressivement. Le point d'orgue de leur carrière date de 2013, lorsque le Français a fait la passe décisive au Néerlandais pour le but vainqueur en finale de Ligue des champions contre Dortmund (2-1).

"J'ai de grands espoirs pour Kingsley et Serge", a récemment déclaré Robben, désormais retraité. "Ce sont deux bons garçons qui veulent apprendre et constamment progresser. Ils ont tout ce qu'il faut, la bonne mentalité, et ils ont déjà montré leur potentiel".

Par Christophe BEAUDUFE / Munich (Allemagne) (AFP) / © 2020 AFP