Basket: à Monaco, le Top 8 de l'Euroligue dans le viseur

"On ambitionne de devenir un club d'Euroligue sur le long terme": Oleksiy Yefimov, directeur exécutif de Monaco, qui dispute jeudi le premier match de son histoire dans la plus grande compétition européenne, a des ambitions élevées pour la Roca Team.

PHILIPPE DESMAZES - AFP/Archives

"On ambitionne de devenir un club d'Euroligue sur le long terme": Oleksiy Yefimov, directeur exécutif de Monaco, qui dispute jeudi le premier match de son histoire dans la plus grande compétition européenne, a des ambitions élevées pour la Roca Team.

Monaco a fait fort sur le marché des transferts durant l'intersaison. Avec notamment la récente arrivée du meneur américain Mike James, un des meilleurs joueurs en Euroligue depuis une décennie.

A 31 ans, le meilleur marqueur de la C1 2019, décrit comme difficilement gérable, débarque des Brooklyn Nets, après un passage au CSKA Moscou où ses performances (19,3 points et 5,7 passes en 27 matches d'Euroligue) ont été aussi bonnes que sa mésentente avec le club a été profonde.

En Principauté, James vient d'abord pour retrouver la compétition-phare mais aussi "un peu de fraicheur pour un nouveau départ". "J'ai beaucoup d'ambition personnelle mais je ne viens pas comme une star, a-t-il annoncé. Je viens aider l'équipe, qui a beaucoup de potentiel. En Euroligue, on va se battre jusqu'au bout pour jouer les +play offs+."

Son arrivée démontre que le président ukrainien, Sergey Dyadechko, aussi discret qu'amoureux de basket, n'a pas l'unique intention de voir Monaco briller dans l'Hexagone. Il veut l'installer au plus haut-niveau.

- Un effectif riche en talents -

D'autant que le gouvernement monégasque a investi "plusieurs millions d'euros" selon le ministre de l'Intérieur Patrice Cellario, pour mettre "à niveau" la salle Gaston-Médecin et permettre de recevoir le gratin européen en Principauté.

"Il n'aurait pas déployé autant de moyens si on n'avait pas l'ambition de poursuivre à ce niveau, indique Yefimov. On va essayer de montrer qu'on peut avoir une équipe et une structure d'Euroligue. On ambitionne de devenir un club d'Euroligue sur le long terme. Cette collaboration peut profiter à chacun."

Le meneur américain Mike James avec les Brooklyn Nets contre les Celtics de Boston en play-off NBA, le 25 mai 2021 à New York

Le meneur américain Mike James avec les Brooklyn Nets contre les Celtics de Boston en play-off NBA, le 25 mai 2021 à New York

Sarah Stier - Getty/AFP/Archives

Pour y parvenir, Monaco a recruté 12 joueurs. Seuls, le MVP des finales d'Eurocoupe en mai contre Kazan, Rob Gray, le meneur Rudy Demahis-Ballou, 19 ans, et le pivot Ibrahim Fall, ont été conservés.

Même Mathias Lessort, auteur d'une magnifique saison, n'est pas resté. "On s'est vite retourné après lui avoir proposé un contrat sans tomber d'accord, explique Yefimov. Notre stratégie a été payante."

En un été, Monaco, dont le budget avoisinera 14 millions d'euros en juin (7,1 millions d'euros l'an passé), a multiplié par deux sa masse salariale (2,8 l'an passé) pour composer un effectif riche de 15 éléments.

Certains possèdent une expérience internationale. Comme Will Thomas (Zenith Saint-Petersbourg), Donta Hall (Orlando Magic), Donatas Motiejunas (trois ans à Xinjiang Guanghui avec 21,6 points et 4,2 passes de moyenne l'an passé après 262 matches de NBA), ou encore l'Australien Broke Motum, finaliste de l'Euroligue 2019 avec l'Efes Istanbul.

- "Une histoire à écrire" -

D'autres offrent des garanties au plan national. A commencer par le néo-capitaine, Leo Westermann. "Après deux saisons en demi-teinte à Barcelone, Monaco était une opportunité pour moi, explique l'international. Rythme et difficulté seront élevés mais l'effectif est de très haut-niveau. On a confiance dans le coach pour impliquer chacun, gérer les égos."

Le meneur Léeo Westermann, ici avec les Bleus, lors d'un match amical contre la Croatie le 8 août 2017 à Orléans, fait aujourd'hui le bonheur de Monaco

Le meneur Léeo Westermann, ici avec les Bleus, lors d'un match amical contre la Croatie le 8 août 2017 à Orléans, fait aujourd'hui le bonheur de Monaco

JEAN-FRANCOIS MONIER - AFP/Archives

Car Monaco a aussi séduit Paris Lee, meilleur passeur du championnat de France avec Orléans la saison dernière, Jerry Boutsiele (Limoges), Danilo Andjusic (Bourg-en-Bresse), et fait revenir Yakuba Ouattara (Real Betis), déjà passé par l'ASM de 2015 à 2017 et de 2018 à 2020.

"On veut gagner le championnat de France", lance d'ailleurs posément Mitrovic. "Mais pour l'Euroligue, c'est autre chose, poursuit-il. On est +rookies+. On a de très bons joueurs mais c'est trop tôt pour parler d'équipe. On va travailler fort pour parvenir à une cohésion et trouver la bonne alchimie."

Pourtant, il a hâte de débuter: "On a une histoire à écrire. Que le groupe soit composé de bonnes personnes est une des clés de la réussite. L'important est d'être honnête dans la relation."

Voici dix ans, Monaco, en 5e division, était battu par Cognac en finale de Coupe de France amateur. Jeudi, la Roca Team reçoit le Panathinaikos pour son premier match au top-niveau européen. "Et on sera prêt", assure Mitrovic.

Par Christophe BELLEUDI / Monaco (AFP) / © 2021 AFP