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Ultim Challenge/Carnet de bord: le périple "grisant" et "éprouvant" de Charles Caudrelier

Une première semaine "éprouvante" à bord du Maxi Edmond de Rothschild. Dans le deuxième volet de son carnet de bord autour du monde, le navigateur Charles Caudrelier, l'un des six marins engagés sur l'Ultim Challenge, revient auprès de l'AFP sur son départ tonitruant.

LOIC VENANCE - AFP

Une première semaine "éprouvante" à bord du Maxi Edmond de Rothschild. Dans le deuxième volet de son carnet de bord autour du monde, le navigateur Charles Caudrelier, l'un des six marins engagés sur l'Ultim Challenge, revient auprès de l'AFP sur son départ tonitruant.

Bien placé en deuxième position lundi, Caudrelier se prépare désormais à affronter les mers du Sud et confesse "ne pas avoir une minute pour s'ennuyer" en poursuivant sans relâche son jeune concurrent, le leader Tom Laperche.

"Cette première semaine de course était éprouvante. On a été au contact tous ensemble les trois premiers jours et, depuis le milieu de la semaine dernière, je suis quasiment bord à bord avec Tom.

Le rythme que l'on s'impose est un peu dingue. Vu qu'on est pas très loin (à quelques dizaines de milles nautiques seulement, ndlr), on échange régulièrement par radio. Ce matin on se disait tous les deux qu'on était en mode régate alors qu'il y a un tour du monde à faire derrière !

J'avoue que je n'ai pas une minute pour m'ennuyer... pour le moment, on ne se donne aucun moment de répit. Je n'ai pas écouté de musique, de podcast. Et il y a énormément de manœuvres à faire pour rester au contact".

- "A ton âge, j'emmerdais pas les anciens" -

Charles Caudrelier à bord du Maxi Edmond de Rothschild, au moment du départ de l'Ultim Challenge, le 7 janvier 2024 à Brest

Charles Caudrelier à bord du Maxi Edmond de Rothschild, au moment du départ de l'Ultim Challenge, le 7 janvier 2024 à Brest

LOIC VENANCE - AFP

"On passe notre temps à regarder les vitesses de l'autre, on essaye de régler le bateau pour aller plus rapidement. Parfois, je me demande qui a 26 ans, car j'ai fait des petites erreurs tactiques, quand lui n'est pas loin du sans-faute.

Je me rappelle encore il y a quelques années quand il s'entraînait sur un petit bateau sur les plans d'eau à côté de moi en Bretagne. Je ne m'imaginais pas qu'il allait m'embêter sur un tour du monde un peu plus tard ! D'ailleurs, je lui ai fait la remarque : +À ton âge, j'emmerdais pas les anciens et je restais en Figaro+.

C'est vraiment très grisant ce début de course, cela me motive. Cela permet d'éviter de penser au fait qu'il y a encore un périple très long derrière. Tu te concentres sur ta journée, tes gestes au quotidien. Mais quand même, à un moment je me suis demandé si j'allais pouvoir tenir la cadence.

Cela dit, petit à petit, on commence à faire corps avec la machine, le sommeil se cale, on arrive à faire des petites siestes en journée, à dormir un peu plus la nuit, on mange mieux. Ce ne sont pas des conditions de vie faciles, mais disons qu'on s'habitue.

Le plus fou, c'est de se dire que c'était presque la partie +facile+. Il fait encore chaud, parfois trop (la flotte est lundi au large du Brésil, ndlr), mais dans trois ou quatre jours, on va commencer à sentir le froid du sud et à rentrer dans le vent. Et là ce sera le début d'un grand couloir... parfois brutal (les mers du Sud).

A bord, cela peut sembler durer une éternité. Les moments à venir seront peut-être moins joyeux, on verra. En tout cas pour le moment, tout va bien ! On a très bien routé pour le moment avec l'équipe à terre et choisi des belles trajectoires.

Cela nous est arrivé de pleurer pour quelques milles de perdus, mais à l'échelle du défi qui nous attend, c'est vraiment pas grand-chose. Tout reste encore à faire."

AFP / Paris (AFP) / © 2024 AFP

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