Tour d'Italie: Carapaz fragile maillot rose après l'étape du Mortirolo

Le Mortirolo a laissé la hiérarchie du Giro inchangée mais resserrée, mardi, dans la 16e étape gagnée par le Tchèque Jan Hirt à Aprica où le maillot rose est resté la fragile propriété de l'Equatorien Richard Carapaz.

Luca Bettini - AFP

Le Mortirolo a laissé la hiérarchie du Giro inchangée mais resserrée, mardi, dans la 16e étape gagnée par le Tchèque Jan Hirt à Aprica où le maillot rose est resté la fragile propriété de l'Equatorien Richard Carapaz.

L'écart s'est encore réduit entre Carapaz et son dauphin australien Jai Hindley qui a devancé le porteur du maillot rose pour la... bonification de la troisième place de l'étape (4 secondes). Hindley s'est ainsi rapproché à 3 secondes du champion olympique, à cinq jours de l'arrivée.

Hindley et Carapaz ont fait jeu égal dans la dernière montée (Santa Cristina), la plus sélective de cette étape, avec l'Espagnol Mikel Landa, qui a tenté de passer à l'offensive. Mais le trio n'a pu se départager, pas plus qu'il n'a réussi à creuser un écart définitif sur le Portugais Joao Almeida, le quatrième prétendant.

Almeida, le meilleur rouleur du quatuor dans la perspective du contre-la-montre final dimanche à Vérone, a limité la perte de temps à 14 secondes à l'arrivée. Mais son retard a atteint 44 secondes sur Carapaz.

Derrière les quatre premiers du classement, les écarts se sont creusés. A voir la mine renfrognée à l'arrivée de l'Italien Vincenzo Nibali, qui a pourtant avancé de la 8e à la 5e place (à 3 min 40 sec), les différences sont conséquentes.

- Hirt l'amoureux du Mortirolo -

L'Equatorien Richard Carapaz, toujours maillot rose du Giro après la 16e étape à Aprica, Italie, le 24 mai 2022

L'Equatorien Richard Carapaz, toujours maillot rose du Giro après la 16e étape à Aprica, Italie, le 24 mai 2022

Luca Bettini - AFP

"J'ai cédé dans la dernière partie de la montée de Santa Cristina", a déploré le "Requin de Messine", double vainqueur du Giro (2013, 2016), en soulignant le forcing de l'équipe Bahrain de Landa: "J'ai essayé de gérer la situation."

Sur ces pentes raides, la fatigue de cette longue étape (202 km et trois cols de première catégorie) a pesé dans les jambes. Si le Mortirolo, escaladé par son versant le moins difficile, avait fait office d'écrémage, le Santa Cristina, une route étroite tournicotant sur les hauteurs d'Aprica (13,5 km à 8 % mais les 5600 derniers mètres au-delà de 10 %), a provoqué la sélection.

A l'avant, parmi les rescapés de l'échappée initiale, Hirt a rejoint le jeune néerlandais Thymen Arensman pour dépasser l'Allemand Lennard Kämna qui avait pris les devants. Le Tchèque a basculé en tête au sommet et a préservé quelques secondes d'avance sur Arensman, malgré des soucis de dérailleur et une descente à risques sur une route en partie mouillée.

"Je voulais être dans l'échappée pour avoir une chance de gagner", a commenté Hirt qui a enlevé à 31 ans le plus beau des cinq succès de sa carrière et a signé une deuxième victoire pour l'équipe belge Intermarché (après Biniam Girmay dans la 10e étape).

Dans le Giro 2019, le grimpeur tchèque avait déjà brillé sur le Mortirolo pour prendre la deuxième place de l'étape de Ponte di Legno, derrière l'Italien Giulio Ciccone. "Chaque fois que j'entends parler du Mortirolo, je fais généralement quelque chose de bien", a souri Hirt en révélant avoir souffert de crampes dans la longue descente de ce col mythique du Giro.

Mercredi, la 17e étape relie Ponte di Legno à Lavarone sur 168 kilomètres. Après le passo del Tonale, escaladé à froid, le parcours présente deux ascensions de première catégorie dans les 50 derniers kilomètres, le Vetriolo et le Menador, l'autre nom de Monte Rovere qui est distant de moins de 8 kilomètres de l'arrivée.

AFP / Aprica (Italie) (AFP) / © 2022 AFP