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Ski alpin: Cyprien Sarrazin, l'ascension "déconcertante" parmi les meilleurs skieurs du monde

La Stelvio de Bormio, le Lauberhorn de Wengen et désormais le doublé sur la Streif de Kitzbühel. En un mois et alors qu'il n'avait encore jamais gagné en vitesse avant décembre, Cyprien Sarrazin a coché des victoires sur les pistes de ski les plus cultes du monde.

La Stelvio de Bormio, le Lauberhorn de Wengen et désormais le doublé sur la Streif de Kitzbühel. En un mois et alors qu'il n'avait encore jamais gagné en vitesse avant décembre, Cyprien Sarrazin a coché des victoires sur les pistes de ski les plus cultes du monde.

"C'est le satellite Cyprien en orbite", "il est sur un nuage", "dans une autre dimension"... Déjà vendredi, après sa première victoire dans la station du Tyrol autrichien, les coéquipiers du skieur des Hautes-Alpes manquaient de mots pour qualifier l'exploit de leur ami, inconnu du grand public il y a encore quelques semaines et désormais leader d'une équipe de France de ski remontée à bloc.

Et c'était avant même que "Crazy Cyp", 29 ans, ne réalise le doublé sur la piste la plus célèbre du monde, celle où tout skieur qui se respecte rêve de s'imposer une fois, rien qu'une, dans sa vie.

"Il est dans le +flow+ et tout fonctionne à merveille pour lui", a même été forcé de reconnaître le génie suisse du ski Marco Odermatt, battu samedi pour la quatrième fois de l'hiver par le Français, qui menace même de lui ravir le globe de la descente, un duel que personne n'avait vu venir.

Il faut dire qu'à l'entame de l'hiver, l'ancien géantiste reconverti il y a à peine plus d'une saison à la vitesse ne comptait que deux podiums en Coupe du monde, dont une victoire improbable en 2016 sur un géant parallèle.

Souvent freiné par de grosses blessures malgré des qualités physiques exceptionnelles, Sarrazin n'a jamais pu rivaliser non plus dans la course aux globes, terminant au mieux 16e du classement du slalom géant (en 2020) et 51e du classement général (en 2017).

- "Il a tout mis dans l'ordre" -

C'était avant. Avec trois victoires, deux deuxièmes places et une quatrième place en descente cet hiver, "Crazy Cyp" est 2e du classement général et n'est qu'à six points d'Odermatt pour le classement de la descente, la discipline reine du ski.

Même Fabien Saguez, le président de la Fédération française de ski (FFS), ne sait plus quoi dire pour expliquer la progression brutale de son nouveau leader.

"On est un peu en apesanteur", admet-t-il. "Les résultats s'enchaînent sur des pistes mythiques avec facilité. C'en est presque déconcertant, quand on imagine le Cyprien d'il y a deux ans qui terminait un +run+ sur deux dans les bâches".

Ca aussi, c'était avant. Finies les sorties de pistes fracassantes et les manches tellement engagées qu'elles en faisaient trembler le public et lui valait une réputation de tête brûlée. Cyprien Sarrazin l'affirme, il a eu un "déclic dans la tête" et skie désormais comme il vit, très calmement même à toute vitesse.

"Il était fou fou et allait à la faute, mais cette saison, il a tout mis dans l'ordre, surtout dans la tête", confirme son ami Maxence Muzaton.

"Je ne fais plus peur", estime lui-même Sarrazin. "Je suis posé et je prends des risques qui sont maîtrisés, je suis dans ma zone de confort."

- "Ca donne faim" -

Pour y parvenir, il s'est aidé d'un psychologue afin de se "trouver en tant qu'homme". Il s'est aussi mis à la sophrologie pour se canaliser et écoute une "coach énergétique" pour dépasser son "syndrome de l'imposteur".

"Je l'ai vu en grosse difficulté, en gros doute après des grosses blessures", confie son coéquipier Matthieu Bailet. "Alors voir ça, ça donne envie, ça donne faim et ça motive", ajoute-t-il en soulignant la bonne dynamique du groupe vitesse.

En quête de leader depuis la retraite de Johan Clarey l'année dernière, les descendeurs français ont retrouvé avec "Cyp" la gagne qui leur manquait depuis une dizaine d'années.

A Bormio, Sarrazin a remporté la première victoire française en descente depuis huit ans. A Wengen, il a mis fin à 10 années de disette bleue en super-G. Et à Kitzbühel, il est le premier Français à s'imposer en descente depuis 27 ans, après 11 podiums mais aucune victoire depuis 1997.

"Ca fait vingt ans qu'on se casse les dents ici à faire deux, trois, parfois à en mettre huit gars dans les trente premiers", racontait Fabien Saguez. Samedi, le président de la FFS en était certain: il venait de vivre "l'un des plus grands moments du ski français".

Par Valentine GRAVELEAU / Kitzbühel (Autriche) (AFP) / © 2024 AFP

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