Mondiaux de judo: sortie de route pour Shirine Boukli

Revancharde après des JO ratés, la Française Shirine Boukli, grand espoir de médaille et N.1 mondiale des moins de 48 kg, s'est fait éliminer dès le troisième tour des Championnats du monde de judo, jeudi à Tachkent.

Kirill KUDRYAVTSEV - AFP

Revancharde après des JO ratés, la Française Shirine Boukli, grand espoir de médaille et N.1 mondiale des moins de 48 kg, s'est fait éliminer dès le troisième tour des Championnats du monde de judo, jeudi à Tachkent.

"Je me sentais très bien, je pensais que ça allait être une belle journée mais on m'a coupé les jambes sur la route", a avoué Boukli, qui s'est inclinée sur waza-ari face à la Kazakhe Abiba Abuzhakynova, 22e mondiale. La judokate de 23 ans pouvait pourtant viser un podium, voire le titre, après avoir décroché son deuxième titre européen fin avril.

"Je suis dégoûtée, j'ai l'impression que c'est pas réel. J'ai pas fait le +taf+, quoi", a-t-elle réagi. "J'étais très bien physiquement mais tactiquement, elle est rentrée dans ma tête et j'ai pas su faire avec".

Timorée en début de combat face à une adversaire qu'elle ne connaissait pas, la Française a montré plus d'agressivité dans la dernière minute, mais il était trop tard pour inverser la tendance.

Restée quelques instants prostrée les mains sur les genoux, elle a ensuite été réconfortée par les autres membres de l'équipe de France dans les coursives de l'Humo Arena de Tachkent.

Shirine Boukli était venue en Ouzbékistan avec des envies de revanche, un peu plus d'un an après sa terrible désillusion aux Jeux olympiques de Tokyo. Arrivée comme une fusée au Japon, elle s'était complètement ratée en tombant aux pénalités dès son premier combat, alors qu'elle représentait là aussi une sérieuse chance de médaille.

- "J'ai la rage en moi" -

La Française Shirine Boukli (en blanc) face à la Kazakhe Abiba Abuzhakynova, lors du 3e tour des Championnats du monde, le 6 octobre 2022 à Tashkent

La Française Shirine Boukli (en blanc) face à la Kazakhe Abiba Abuzhakynova, lors du 3e tour des Championnats du monde, le 6 octobre 2022 à Tashkent

Kirill KUDRYAVTSEV - AFP

Obligée de rebondir, elle s'était reprise rapidement en remportant le Grand Slam de Tel Aviv puis le titre européen en Bulgarie, faisant d'elle une favorite dans ces Mondiaux.

"Je sais que mes concurrentes les plus costauds vont aller jusqu'au bout. Du coup, je me pose la question de pourquoi moi je ne vais pas jusqu'au bout", a-t-elle déclaré.

Pour digérer cette déception, elle aura une occasion de se reprendre lors des prochains Mondiaux qui ont lieu dans seulement sept mois. "Elle a été capable de rebondir après les Jeux, c'est une défaite qui lui servira pour la suite", a assuré son entraîneure Séverine Vandenhende, la championne olympique de Sydney-2000 en -63 kg.

"Aujourd'hui (...) j'ai la rage en moi", a affirmé Boukli. "Je sais que j'ai la possibilité de devenir championne olympique, l'objectif c'est d'être prête ce jour-là parce que c'est le Graal et c'est l'objectif d'une vie. S'il faut passer par une défaite à ces Championnats du monde et peut-être une victoire aux prochains, je prends".

Les Bleus concluent la première journée de compétition sans podium puisque les deux hommes engagés en moins de 60 kg, Romain Valadier-Picard et Cédric Revol, ont tous deux été sortis au deuxième tour. Le même scénario s'est produit pour les deux judokas, sanctionnés d'une troisième pénalité au cours du Golden score.

"Je me suis entraîné et je perds tout seul comme une merde, comme un con, c'est bête", a réagi Valadier-Picard, 20 ans, médaillé de bronze aux Championnats du monde juniors en août et qui participait à ses premiers Mondiaux seniors.

De son côté, Cédric Revol, troisième des Championnats d'Europe fin avril, s'est dit "frustré" de son combat, estimant avoir dominé "une bonne partie du match".

Vendredi, Walide Khyar (-66 kg) et Amandine Buchard (-52 kg) tenteront d'ouvrir le compteur de l'équipe de France.

Par Diane FALCONER / Tachkent (AFP) / © 2022 AFP