Mondiaux de judo: des Bleues ambitieuses pour lancer la course olympique

En l'absence de Teddy Riner, forfait de dernière minute, l'équipe de France de judo peut compter sur son ambitieux contingent féminin aux Mondiaux de Tachkent (6-13 octobre), étape majeure dans la course pour la sélection aux JO de Paris.

Franck FIFE - AFP/Archives

En l'absence de Teddy Riner, forfait de dernière minute, l'équipe de France de judo peut compter sur son ambitieux contingent féminin aux Mondiaux de Tachkent (6-13 octobre), étape majeure dans la course pour la sélection aux JO de Paris.

Après cinq années de défection, le triple champion olympique avait prévu de faire à Tachkent son grand retour aux Mondiaux pour tenter de décrocher un onzième titre planétaire, mais une blessure à la cheville droite contractée en août l'en a finalement privé.

Sans leur mascotte, les Bleus peuvent tout de même s'illustrer dans la capitale ouzbèke grâce notamment à leurs représentantes féminines, qui avaient brillé l'an dernier aux JO avec cinq podiums individuels.

Les médaillées de Tokyo Amandine Buchard (-52 kg), Sarah-Léonie Cysique (-70 kg), Madeleine Malonga (-78 kg) et Romane Dicko (+78 kg) peuvent toutes viser un nouveau podium international. Manque seulement à l'appel la double championne olympique Clarisse Agbegnenou, en phase de reprise après son congé maternité.

- "Une question de temps" -

Amandine Buchard après sa victoire en demi-finale du tournoi olympique de Tokyo le 25 juillet 2021 au Nippon Budokan

Amandine Buchard après sa victoire en demi-finale du tournoi olympique de Tokyo le 25 juillet 2021 au Nippon Budokan

Jack GUEZ - AFP/Archives

"A partir du moment où je ne serai pas sur le podium, pour moi ce sera une contre-performance", lance Amandine Buchard, 27 ans, "redynamisée" depuis sa médaille d'argent au Japon.

"Cette médaille, ça a été la récompense de tout ce qui a été fourni depuis toutes ces années, de toutes les fois où on a eu envie d'abandonner, où on a été au plus bas et on a dû se relever. Ça m'a prouvé que le travail paye, et ça m'a rendue juste super heureuse."

Sarah-Léonie Cysique, abonnée aux médailles d'argent sur la scène internationale, veut enfin décrocher un titre individuel. "Des fois je me demande ce qui fait que je n'arrive pas à accéder à cette médaille", reconnaît-elle. "Mais je me dis que c'est juste une question de temps et que ça finira par m'arriver."

Shirine Boukli le 24 juillet 2021 au Nippon Budokan de Tokyo. La Française, N.1 mondiale en -48 kg, est déterminée à faire oublier ses Jeux ratés l'an dernier.

Shirine Boukli le 24 juillet 2021 au Nippon Budokan de Tokyo. La Française, N.1 mondiale en -48 kg, est déterminée à faire oublier ses Jeux ratés l'an dernier.

Jack GUEZ - AFP/Archives

Les Bleues peuvent aussi miser sur leurs récentes championnes d'Europe Shirine Boukli (N.1 mondiale des -48 kg), déterminée à faire oublier ses JO ratés, et Marie-Eve Gahié. Cette dernière est accompagnée chez les moins de 70 kg de Margaux Pinot, tout juste remise d'un accident de moto.

Si les Bleus ont pu avoir deux représentantes dans cette catégorie pour les Mondiaux, ce ne sera toutefois pas le cas aux JO de Paris en 2024.

Cette semaine ouzbèke sera donc l'occasion pour chacune de marquer des points pour la qualification olympique. "Ces Championnats du monde vont lancer la course olympique", a prévenu Frédérique Jossinet, vice-présidente de la Fédération française.

- Un collectif masculin rajeuni -

"Ça va être des +Monde+ décisifs à deux ans des JO de Paris, la course, elle commence clairement maintenant, aux Championnats du monde", assure Romane Dicko, en concurrence à Tachkent avec Julia Tolofua chez les plus de 78 kg). "Il faudra clairement sortir son épingle du jeu. On a envie d'être la meilleure parce qu'on sait que ça va beaucoup compter pour la suite."

Chez les hommes, privés donc de Teddy Riner, l'encadrement des Bleus a voulu dessiner un nouveau collectif "rajeuni". "Chez les filles, on veut qu'elles tiennent leur rang et chez les garçons, on a relancé une dynamique", explique Larbi Benboudaoud, directeur de la haute performance.

Le staff a ainsi sélectionné notamment Kenny Liveze et Romain Valadier Picard, 20 ans tous les deux et respectivement médaillés d'or et de bronze aux Mondiaux juniors en août dernier.

Romain Valadier Picard (en bleu) le 5 février 2022 à Paris face au Belge Jorre Verstraeten. Le Français va disputer à Tachkent son premier championnat chez les seniors

Romain Valadier Picard (en bleu) le 5 février 2022 à Paris face au Belge Jorre Verstraeten. Le Français va disputer à Tachkent son premier championnat chez les seniors

Sameer Al-DOUMY - AFP/Archives

Ils disputeront en Ouzbékistan leur premier championnat chez les seniors. "A eux de saisir cette opportunité, et au-delà d'aller marquer des points, marquer les esprits", affirme Frédérique Jossinet.

"Ces belles performances qu'il y a eu chez les plus jeunes, ça nous permet, j'espère, d'avoir une prise de conscience collective chez les masculins et de dire +nous aussi on peut aller chercher des médailles+", poursuit Larbi Benboudaoud.

Sur la route des Jeux de Paris, les Bleus auront toutefois une nouvelle chance de s'exprimer au niveau mondial dans à peine sept mois lors des prochains Mondiaux, à Doha en mai 2023.

Par Diane FALCONER / Tachkent (AFP) / © 2022 AFP