Mondial féminin de basket: les jeunes Bleues ramenées sur terre et à leurs lacunes contre le Canada

Les Bleues ont touché du doigt leurs "limites", selon l'intérieure Alexia Chartereau, vendredi contre le Canada (défaite 59-45) au lendemain d'un succès porteur d'espoirs en ouverture du Mondial de basket contre l'Australie (70-57).

BRENDON THORNE - AFP

Les Bleues ont touché du doigt leurs "limites", selon l'intérieure Alexia Chartereau, vendredi contre le Canada (défaite 59-45) au lendemain d'un succès porteur d'espoirs en ouverture du Mondial de basket contre l'Australie (70-57).

En vue du troisième match de poules contre le Mali dimanche, et surtout des deux suivants face à la Serbie (lundi) et au Japon (mardi), qui comptent également une victoire (comme l'Australie), elles devront retrouver adresse et expression collective en attaque et s'améliorer au rebond pour espérer atteindre les quarts de finale.

Cantonnée à moins de 50 points (dont seulement 17 en première période), son plus faible total depuis huit ans (au Mondial-2014, déjà contre le Canada), l'équipe de France a affiché un taux d'adresse famélique (37% à deux points et 16% derrière l'arc).

Parce que la défense canadienne a conduit les Bleues à prendre des tirs difficiles... et parce que ces dernières les ont tout de même pris, sans se forcer à faire la passe supplémentaire pour trouver un shoot plus ouvert.

- "Faire bouger la balle" -

"Contre de bonnes équipes, on ne peut pas trouver de solutions en une passe. Elles t'amènent à jouer en quatre, cinq ou six passes peut-être" avant de tenter un tir, souligne le sélectionneur Jean-Aimé Toupane.

"Ce qui va être important (pour la suite), c'est de faire bouger la balle et la défense adverse" abonde l'ailière Alexia Chartereau.

Adepte d'un jeu rapide de transition et en pénétration, avec succès contre l'Australie, cette jeune formation maîtrise moins le jeu de position placé, sur demi-terrain.

La Canadienne Nirra Fields (g.) à la lutte avec la Française Alexia Chartereau (c.) lors du match du groupe B de la Coupe du monde de basketball féminin entre la France et le Canada à Sydney le 23 septembre 2022

La Canadienne Nirra Fields (g.) à la lutte avec la Française Alexia Chartereau (c.) lors du match du groupe B de la Coupe du monde de basketball féminin entre la France et le Canada à Sydney le 23 septembre 2022

BRENDON THORNE - AFP

"On a beaucoup joué en jeu direct, en une ou deux passes, on a encore du mal à transférer (le ballon)" appuie la capitaine Sarah Michel. Une lacune qui se retrouve sur la feuille de statistiques, avec seulement 11 passes décisives réalisées.

Si le ballon doit davantage bouger, les joueuses autour de celui-ci aussi, afin d'offrir plus de possibilités à la porteuse. "Quand Gabby (Williams) ou Sarah (Michel) vont au panier, si elles n'ont pas de solutions autres que le +lay-up+ (double pas pour sauter au panier, NDLR), les équipes vont vite s'adapter" analyse Chartereau.

Les Canadiennes ont ainsi mieux limité l'influence de Williams que les Australiennes: l'arrière, de nouveau meilleure marqueuse française, n'a inscrit que 13 points vendredi, 10 unités de moins que la veille.

Et derrière elle, personne n'a pris le relais (7 pts pour Chartereau et la meneuse Marine Fauthoux). "Gabby... elle a su nous porter, aujourd'hui (vendredi) personne n'a réussi. On ne doit pas attendre l'exploit d'une joueuse à chaque match" reconnaît Fauthoux.

- Aux rebonds! -

"Surtout qu'avec la fatigue qui va s'accumuler, on ne pourra pas faire la différence individuellement" assure Michel.

Déjà présente face aux "Opals", la lacune n'a pas disparu en une nuit: les Bleues souffrent au rebond (36 prises contre 48 pour l'Australie jeudi, 38/56 vendredi). Difficile, dans ces conditions, de sortir la tête de l'eau en défense et de se donner une deuxième chance en attaque.

"C'est un domaine où il faut être vraiment vigilant pour le reste de la compétition" acquiesce Toupane.

La Française Gabby Williams tire lors du match du groupe B de la Coupe du monde féminine de basketball entre la France et le Canada à Sydney le 23 septembre 2022

La Française Gabby Williams tire lors du match du groupe B de la Coupe du monde féminine de basketball entre la France et le Canada à Sydney le 23 septembre 2022

BRENDON THORNE - AFP

"Il faut qu'on soit concernées à cinq par le rebond, toutes connectées en même temps" lance Marième Badiane.

Chartereau, sa partenaire à l'intérieur, acquiesce ("les efforts doivent venir de tout le monde"), mais pointe aussi du doigt la responsabilité des "grandes": elles "doivent faire le travail, pas forcément en prenant la balle, mais en repoussant la joueuse (adverse). C'est juste un état d'esprit, il faut être concentrées jusqu'au bout des actions. Vu qu'on a une équipe jeune, on va dire que ça vient de là".

Par Nicolas KIENAST / Sydney (AFP) / © 2022 AFP