Bleues: "Il faudra qu'on bataille pour retrouver" l'élan de 2019, dit Geyoro à l'AFP

"Il faudra qu'on bataille pour retrouver" l'engouement du Mondial-2019 en France, mais cela demande de pouvoir "réellement être soutenues" par les clubs et les instances, affirme Grace Geyoro, milieu du Paris SG et des Bleues, mardi dans un entretien à l'AFP.

FRANCK FIFE - AFP/Archives

"Il faudra qu'on bataille pour retrouver" l'engouement du Mondial-2019 en France, mais cela demande de pouvoir "réellement être soutenues" par les clubs et les instances, affirme Grace Geyoro, milieu du Paris SG et des Bleues, mardi dans un entretien à l'AFP.

Q: C'est l'heure des retrouvailles vendredi avec l’Allemagne, plus de deux mois après la demi-finale de l'Euro. Avec du recul, où avez-vous perdu la bataille?

R: "Elles n'ont pas eu énormément d'occasions mais elles ont été +tueuses+, avec une grande attaquante (Alexandra Popp, ndlr), un peu renard des surfaces. En termes de fraîcheur, aussi, on a eu moins de temps de récupération (après les quarts de finale) et ça s'est ressenti. A un moment, ça commençait à faire beaucoup pour nos jambes."

Q: Les Allemandes ont bien lu votre plan de jeu et bloqué les couloirs français. N'est-ce pas là aussi que la France a failli?

R: "Oui, elles ont la vidéo, comme nous... Elles étaient à deux ou trois sur chaque joueuse dès qu'on avait le ballon. Elles nous encerclaient, elles ont mis énormément d'intensité notamment en première période. Elles ont fermé toutes nos options, tout ce qu'on avait réussi à faire aux premiers matches."

Q: N'aurait-il pas mieux valu jouer contre ce type d'adversaire en préparation à l'Euro, plutôt que contre les plus modestes Cameroun et Vietnam, quitte à perdre?

R: "Je suis tout à fait d'accord. On a besoin de matches à haute intensité tout au long de la saison. Là, ça tombe bien d'affronter deux grosses nations (Allemagne puis Suède en amical, les 7 et 11 octobre, ndlr) en vue de la prochaine Coupe du monde. Perdre dans l'année ce n'est pas une faute grave, ce qui compte c'est de travailler pour arriver prêtes à jouer n'importe quelle nation au moment de la compétition."

Q: L'hypothèse d'un pendant féminin à la Ligue des nations, avec des matches amicaux entre équipes de niveau équivalent en Europe, semble émerger. Est-ce une bonne idée?

R: "Rencontrer des belles nations, c'est une bonne idée pour l'évolution du football féminin, surtout qu'on a la possibilité d'être bien télévisées. Après, on enchaîne des saisons avec beaucoup de matches à haute intensité, en club ou en sélection, et il y a beaucoup de blessures. Il faut faire attention."

Q: De nombreux spectateurs sont attendus à Dresde et Göteborg. En France, vous évoluez dans des stades de taille moyenne, pas toujours pleins, est-ce décevant au regard de l'engouement constaté au Mondial-2019?

R: "Le meilleur exemple pour nous reste la Coupe du monde en France avec des stades plein, cette ambiance... Il faudra qu'on bataille pour retrouver ça, c'est sûr. Le football féminin avait avancé vite après le Mondial, puis c'est redescendu. Avec l'Euro c'est un peu remonté, mais on n'est pas encore au niveau où on voudrait être."

Q: Que manque-t-il pour y parvenir?

R: "Des fois il y a des mots, mais on veut des actes. On peut se battre, essayer, mais il faut qu'on puisse réellement être soutenues par des structures, des clubs, la fédération."

Q: Cet été, votre volonté de rejoindre Chelsea était-elle liée au désir d'aller dans une ligue plus structurée, plus attractive?

R: "Quand on sort de l'Euro en Angleterre, avec une ambiance incroyable dans le pays du football, forcément on a envie de retrouver ça. Cela a pu y contribuer mais ça n'a pas été la seule raison."

Q: Eprouvez-vous de la rancoeur vis-à-vis du PSG qui a bloqué votre départ?

R: "On a discuté avec la direction, aujourd'hui il n'y a pas de rancoeur, non. Je suis sous contrat (jusqu'en 2024, ndlr), Paris c'est mon club de coeur, tout le monde le sait. Je devais rebondir le plus vite possible car le championnat et la Ligue des champions arrivaient très vite, j'ai réussi à le faire".

Q: Le PSG entame sa campagne européenne contre Chelsea justement le 20 octobre. Le tirage au sort lundi vous a-t-il fait sourire?

R: "Je n'ai même pas eu le temps de voir le tirage qu'on m'avait déjà envoyé plusieurs messages! C'est sûr que ça allait faire un peu parler. La vie fait bien les choses, il fallait que je tombe sur Chelsea en phase de poules, c'est comme ça (sourires). Ce sont des bons matches à jouer."

Entretien réalisé par Jérémy TALBOT.

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