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Athlétisme: à deux mois des JO, Renaud Lavillenie part à la chasse aux minima

Après dix mois sans concours et après une opération aux ischio-jambiers en septembre, l'ancien recordman du monde du saut à la perche Renaud Lavillenie reprend la compétition mercredi à Clermont-Ferrand où il lance une saison qui le mènera, il l'espère, jusqu'aux Jeux olympiques.

Valentine CHAPUIS - AFP/Archives

Après dix mois sans concours et après une opération aux ischio-jambiers en septembre, l'ancien recordman du monde du saut à la perche Renaud Lavillenie reprend la compétition mercredi à Clermont-Ferrand où il lance une saison qui le mènera, il l'espère, jusqu'aux Jeux olympiques.

Les minima olympiques fixés à 5,82 mètres sont "clairement l'objectif" d'ici fin juin, a confié mardi à l'AFP le champion olympique de 2012. "On verra si je vais y arriver ou non mais vu les progrès à l'entraînement, on est conscients que c'est largement à ma portée."

Le pari semble pourtant immense pour Renaud Lavillenie, qui rêve de participer à 37 ans à ses quatrièmes Jeux. L'ancien recordman du monde (6,16 m en 2014) a jusqu'au 30 juin pour passer une barre à 5,82 m, qu'il a effacée plus de 120 fois dans sa carrière mais qu'il n'a plus franchie depuis juillet 2022.

Le Français Renaud Lavillenie pendant les qualifications du saut à la perche des Championnats d'Europe le 18 août 2022 à Munich

Le Français Renaud Lavillenie pendant les qualifications du saut à la perche des Championnats d'Europe le 18 août 2022 à Munich

ANDREJ ISAKOVIC - AFP/Archives

"Ça va être dur", estimait en février Armand Duplantis, son héritier qui a porté le record du monde à 6,24 m. Mais "s'il y a quelqu'un qui peut le faire, c'est Renaud."

- "C'est revenu direct" -

Après une saison 2023 plombée par les pépins physiques, Renaud Lavillenie avait dû renoncer aux Mondiaux de Budapest et avait été opéré en septembre pour une rupture partielle d'un tendon au niveau des ischio-jambiers de la cuisse gauche.

Depuis, il a documenté sur ses réseaux sociaux les étapes de sa réathlétisation, de la reprise en douceur du vélo à celle de la course à pied jusqu'au retour, il y a quelques semaines seulement, des sauts perche en main et sur élan réduit.

"J'ai repris la perche fin mars mais j'ai très peu sauté jusqu'à mi-avril", explique le perchiste. "C'est surtout pendant le stage fin avril aux Etats-Unis que j'ai pu me lâcher un peu plus."

Le perchiste français Renaud Lavillenie aux Mondiaux le 24 juillet 2022 à Eugene dans l'Oregon

Le perchiste français Renaud Lavillenie aux Mondiaux le 24 juillet 2022 à Eugene dans l'Oregon

Jim WATSON - AFP/Archives

"Et c'est revenu direct", apprécie-t-il. "Je ne me suis pas posé de questions en me demandant ce que je faisais et où j'étais, j'étais dans le coup direct. Maintenant il s'agit de retrouver les intensités, de se libérer sur les intentions."

Reprendre la compétition après dix mois sans dossard et à quelques semaines du plus grand rendez-vous sportif au monde ? Pas de quoi effrayer celui qui aborde sa rentrée "sans stress".

"Les derniers entraînements ont été bons", affirme-t-il. "Je ne suis pas encore prêt pour une perf de pointe mais je suis prêt à reprendre la compétition pour prendre des repères, pour essayer de passer ces caps qui se débloquent avec l'adrénaline."

- Une rentrée "entre 5,50 et 5,70 m" -

Le Français Renaud Lavillenie et l'Ukrainien Serguei Bubka devant la Tour Eiffel le 27 juin 2014 à Paris

Le Français Renaud Lavillenie et l'Ukrainien Serguei Bubka devant la Tour Eiffel le 27 juin 2014 à Paris

THOMAS SAMSON - AFP/Archives

Pour sa reprise, Lavillenie a choisi le petit meeting organisé à Clermont-Ferrand par son club "Envol", structure qu'il a créée l'année dernière.

"La priorité, c'est plus la façon dont je vais faire la compétition plutôt que la performance en elle-même", assure-t-il. "Je vais accorder plus d'importance au fait de pouvoir bien sauter, de pouvoir bien gérer mon élan et si ça se met bien en place, il y a de fortes chances que la performance puisse suivre."

Mercredi, le perchiste espère passer une barre "entre 5,50 m et 5,70 m". "Ca va dépendre des conditions, si j'arrive à trouver vite mes réglages ou pas, mais j'ai passé régulièrement 5,50 m à l'entraînement donc il n'y a pas de raison que je ne le fasse pas en compétition."

Il enchaînera ensuite les meetings (le 31 mai chez son ami perchiste Piotr Lisek en Pologne, le 8 juin à Pierre-Bénite près de Lyon, le 15 au Bourget et le 22 à Toulouse) jusqu'au 30 juin et les Championnats de France à Angers, dernière possibilité pour réaliser les minima et espérer une qualification.

Le Français Renaud Lavillenie réalise qu'il est champion olympique du saut à la perche le 10 août 2012 à Londres

Le Français Renaud Lavillenie réalise qu'il est champion olympique du saut à la perche le 10 août 2012 à Londres

JOHANNES EISELE - AFP/Archives

Si ces minima sont "clairement l’objectif", Lavillenie ne se "met pas la pression".

"Je ne me dis pas que les Jeux sont la compétition de ma vie et que je n'ai pas le droit de la rater", affirme le double médaillé olympique et quintuple médaillé mondial. "J'ai déjà une très belle carrière, les Jeux de Paris ne vont pas la changer et ce sera forcément du bonus."

Par Valentine GRAVELEAU / Paris (AFP) / © 2024 AFP

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