Yves Veyrier : "La dégressivité des allocations chômage est stigmatisante et inefficace"

Yves Veyrier, secrétaire général FO, était "L’invité de l’actu" dans la matinale de Sud Radio du 19 juin animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger. Il revient sur la réforme annoncée de l’assurance chômage. 

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Yves Veyrier : "87% des embauches aujourd'hui sont des embauches en CDD et parmi elles, 30% sont des CDD d'un jour"

La réforme de l'assurance chômage a été dévoilée mardi 18 juin par Edouard Philippe. Emmanuelle Wargon, secrétaire d'État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, a expliqué sur l'antenne de Sud Radio qu'il a été nécessaire de trancher parce que les négociations entre le patronat et les syndicats n'avaient pas abouti. "Je ne peux pas entendre ça ! explique Yves Veyrier, secrétaire général FO, au micro de Patrick Roger. Dès le départ, le gouvernement avait imposé une lettre de cadrage pour cette négociation, qui aboutissait forcément à un échec. D'un côté il y avait le bonus-malus, nous étions axés dessus mais les employeurs n'ont pas voulu entrer dans cette négociation, mais surtout de l'autre, du donnant-donnant sous forme punitive : trois milliards d'économies à réaliser sur les droits des chômeurs".  

Concernant les contrats courts, "on avait un système qui les ciblait précisément, qui pouvait fonctionner. On avait possibilité de dégager des mécanismes qui auraient contribué à rendre plus vertueuses un certain nombre d'entreprises qui abusent dans un certain nombre de secteurs : 87% des embauches aujourd'hui sont des embauches en CDD et parmi elles, 30% sont des CDD d'un jour. On pouvait agir là-dessus et réaliser dans le même temps des économies pour l'assurance chômage. Le gouvernement n'en a pas voulu, il agit de manière massive sur les droits des demandeurs d'emploi".

"La dégressivité des allocations est stigmatisante et inefficace"

La réforme permet au moins d'avancer un peu. Les salariés démissionnaires pourront bénéficier des allocations chômage. "Cette disposition nouvelle est effectivement plutôt favorable, comme celles sur le renforcement de l'accompagnement. Mais punir les salariés au chômage au prétexte que ça conduira à ce qu'ils retrouvent plus facilement un emploi, si ça marchait on le saurait et on aurait déjà réduit le chômage de 50% ! Je rappelle que sur les 3,4 millions de chômeurs, on n'en indemnise qu'un sur deux. Le fait de ne pas indemniser ou de réduire les droits de chômeurs conduisait à ce qu'ils retrouvent un emploi, on baisserait le chômage de 50% d'un coup. Donc ça n'est pas la solution". 

Quid de la dégressivité des allocations ? "C'est stigmatisant et inefficace. Les cadres contribuent beaucoup plus aux recettes du régime de l'assurance chômage qu'ils ne l'utilisent. C'est 42% de cotisations pour moins de 15% de dépenses de l'assurance chômage. Ça remet en cause le principe assurantiel collectif du régime, où on reçoit des droits en fonction de ce pourquoi on a contribué. L'ensemble des confédérations syndicales contestent cette réforme et regardent quelles réactions coordonnées efficaces pourraient être mises en oeuvre".

 

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