Yves de Kerdrel: le plan du docteur Le Maire pour que la France reste une nation industrielle

Editorial économique

Bruno Le Maire a lancé un grand plan pour que la France reste une nation industrielle. En quoi cela consiste ?

D’abord il faut saluer cette initiative du Ministre de l’Économie, qui au lieu d’édicter de nouvelles normes se préoccupe de l’industrie. Bruno Le Maire est parti du terrible constat qu’en l’espace de dix ans plus de 600 usines ont fermé en France, avec des suppressions d’emplois à la clé. Bien sûr il est favorable au concept de start-up nation, cher au Président de la République, mais un pays est fort quand il produit et qu’il exporte. Or comme l’a souligné hier Bruno Le Maire, aujourd’hui l’industrie française se résume aux vins et spiritueux, au luxe et à l’aéronautique. Car hélas les grands constructeurs automobiles que sont Renault et PSA ont délocalisé une grande partie de leur production. Du coup la France, court le risque d’un véritable déclassement productif, même si ses performances économiques s’améliorent. Il a donc identifié tous les blocages qui empêchaient l’industrie française de se développer et d’être puissante face à nos voisins étrangers.

Et alors quel est le diagnostic du Docteur Le maire ?

Et bien le ministre a identifié trois difficultés structurelles françaises : le travail, la formation et les impôts. Vous me direz, qu’on aurait fait un sondage auprès de patrons de PME, ils auraient tous répondu ça. Mais c’est important qu’à Bercy on prenne enfin conscience que la France ne travaille pas assez. Je dis la France. Car les français qui travaillent, travaillent beaucoup. Mais il y a beaucoup trop de français qui ne travaillent pas. Et c’est un handicap. Le deuxième handicap, c’est la formation. Car avec les usines qui ferment nous avons perdu une grande partie de notre savoir-faire. Si bien qu’il y a désormais un vrai problème de compétences. C’est ce qui explique que 400.000 offres d’emploi ne trouvent pas preneurs. Le troisième handicap, ce sont les taxes à la production. Car il existe en France une série de petites taxes qui frappent les usines et les fabricants. C’est devenu tellement délirant que ces taxes représentent le double de l’impôt sur les sociétés et sont 7 fois plus importantes qu’en Allemagne.