Yannis Ezziadi et Henry-Jean Servat s'affrontent autour de l'art de la tauromachie

Yannis Ezziadi, comédien et auteur dans le numéro spécial "Tauromachie du Journal" de "Causeur", était l’invité d’André Bercoff le 10 juin 2021 sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états", pour parler de la tauromachie. Face à lui, un autre invité : le journaliste et défenseur de la cause animale, Henry-Jean Servat.

Yannis Ezziadi et Henry-Jean Servat, invités d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio

Yannis Ezziadi, comédien et auteur, et Henry-Jean Servat, journaliste et défenseur de la cause animale, se sont opposés au micro d’André Bercoff au sujet de la sensible tradition de la tauromachie. 

Yannis Ezziadi : "J’ai vu une corrida et là, j’ai vu dans les arènes, la grâce, la beauté"

Le Face à Face d’André Bercoff a eu lieu jeudi 10 juin, des airs de combat idéologique puisque les invités du jour, Yannis Ezziadi et Henry-Jean Servat, défendaient tous les deux leur vision de la tauromachie. Pour l’un, ballet gracieux et pour l’autre, ignominie. Yannis Ezziadi qui a participé à la rédaction du dernier numéro de Causeur sur la tauromachie, a découvert, il y a peu, ce qu’il considère comme un art. "Je suis un jeune aficionado puisque j’ai découvert la tauromachie, en mai 2020, par la littérature et la corrida dans l’arène en live en août dernier", explique le comédien. 

Lassé d’un théâtre et d’un opéra qui ont perdu de leur superbe, Yannis Ezziadi se tourne vers la corrida. Après avoir lu de nombreux livres et romans sur le sujet, la curiosité grandit : "Je me suis dit, ce n’est pas possible, il y a quelque chose de grandiose, il faut que j’aille voir pour de vrai et donc je suis allé à Béziers, j’ai vu une corrida et là, j’ai vu dans les arènes, la grâce, la beauté. J’ai vu un art réellement, un art raffiné avec des figures classiques, j’ai découvert que c’était un art très très codifié", explique-t-il ému. 

Mais ce qui a ému par-dessus tout Yannis Ezziadi, ce ne sont pas les chorégraphies du toréador avec le taureau mais le Paséo, c’est-à-dire lorsque les toréadors et leurs équipes font leur entrée dans l’arène et saluent la foule. "L’orchestre a joué l’air du toréador de Bizet et la foule entière, dont les jeunes, s'est levée et a chanté l’air du toréador de Bizet et bien, les larmes me sont montées aux yeux", se rappelle-t-il fasciné de voir "dans un monde d’inculture" des jeunes chanter de l’opéra. 

 

 

Henry-Jean Servat : "C’est une saloperie qui souille une région et qui déshonore un pays" 

Pour Henry-Jean Servat, la relation est toute autre. Il rappelle lui-même qu’il est "né dans une région de corrida, j’ai passé ma vie avec des gens de corrida, des taureaux et des chevaux de corrida" mais à ses yeux "la corrida, c’est une ignominie". Il ne s’agit en aucun cas d’un ballet entre le toréador et le taureau mais plutôt de "la torture, du supplice d’un animal".

Face à la description romantique de la corrida par Yannis Ezziadi, Henry-Jean Servat se montre dur. "Pour être franc, je n’écoute pas ce que je viens d’entendre, ce genre de chose, c’est tellement idiot qu’il ne faut pas écouter. (…) Il faut être azimuté pour trouver de la beauté dans le fait de torturer un animal brave, magnifique, fier, ombrageux, sublime". Il n’y a donc pas de beauté dans cet art de la corrida où "chaque seconde, à partir de l’entrée dans l’arène du taureau, est occupée à l’affaiblir et à le supplicier, à lui enfoncer du fer dans le corps". Un art de la tauromachie qui aux yeux de Henry-Jean Servat se résume à "une saloperie qui souille une région et qui déshonore un pays."

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