"Y aura t-il des vaccins contre la grippe pour tout le monde ?"

La campagne de vaccination contre la grippe a eu un succès inattendu causant un début de pénurie en France, dans les officines. Reportage de Grace Leplat.

Plus de 2 millions de doses de vaccin contre la grippe sont attendues pour le mois de décembre. (Mario Tama/Getty Images/AFP)

Le lancement de la campagne de vaccination contre la grippe a pris les pharmaciens au dépourvu : ils ne s’attendaient pas à une telle ruée sur les vaccins et les ruptures de stock se multiplient. 5,3 millions de doses ont été vendues en une semaine, soit quasiment la moitié du total des ventes de l’hiver 2019-2020. Grace Leplat a rencontré des pharmaciens en rupture... et des clients qui s’inquiètent.

"Tout le monde s’est rué dessus"

Manon, pharmacienne, est obligée de refuser des clients : elle n’a plus de doses. "Tout le monde s’est rué dessus", explique-t-elle. "Le premier jour de la vaccination, le 13 octobre, tout était mis de côté pour des personnes qui nous ont appelés avant." Elle a vendu 200 doses en une semaine "ce qui correspond, pour nous, à toute la période vaccinale en fait".

Dans une autre pharmacie, celle de Stéphanie, quelques doses subsistent… mais en France 60 % des pharmacies de ville sont déjà en rupture de stock. "Cette année, même ceux qui n’ont pas reçu le bon, les personnes non prioritaires, sont venues demander." Elle explique que sa consigne est "de ne pas les donner avant la fin du mois" aux personnes non-prioritaires : "donc ces personnes vont venir à la fin du mois, et on a peur pour nos stocks, si on pourra en avoir ou pas".

"Pourquoi ces doses ne sont pas encore arrivées dans les officines ?"

Jusqu’à fin novembre, pour éviter que les hôpitaux ne soient submergés, les personnes fragiles sont prioritaires pour se faire vacciner. Une stratégie qui, selon Gilles Bonnefond, Président de l’Union des syndicats des pharmaciens d’officine, permettra de garantir des vaccins pour tout le monde. Mais il déplore certaines pratiques : "j’entends des entreprises vacciner leurs salariés, sauf que tous les salariés n’ont pas 65 ans". "Pourquoi on continue, avec la médecine du travail, à vacciner dans les entreprises, alors que nous on manque de vaccins ?" s’interroge-t-il.

Il met néanmoins en garde : "il faut que les laboratoires tiennent les engagements qu’ils ont pris avec les pouvoirs publics". Autrement, le risque de pénurie sera réel. "Il y a encore six millions de doses", mais elle n’ont pas été livrées à ce jour. "Pourquoi ces doses ne sont pas encore arrivées dans les officines ?"

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