Viviane Lambert : "Vincent a des réactions. J'ai des tas de vidéos que personne ne veut voir"

La fin de près de onze ans de batailles judiciaires ? Les médecins en charge de Vincent Lambert, ce patient tétraplégique depuis un accident de la route en 2008, doivent débuter lundi 20 mai l'arrêt des traitements. Une décision appuyée par le Conseil d'État, mais les parents du patient annonce qu'ils vont déposer de nouveaux recours. Près de 150 personnes sont venues soutenir, dimanche 19 mai, les parents de Vincent Lambert devant le CHU de Reims. Mathilde Choin de Sud Radio était sur place.

 

 

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"Il est vivant et on veut le tuer !"

Sous une pluie battante, au milieu d’une horde de journalistes et de parapluies, les parents de Vincent Lambert sont accueillis par leurs soutiens : "la vie pour Vincent !" scandent-ils. 

 

Entourée de pancartes « Ne laissez pas Vincent mourir de faim », « Je suis Vincent », Annick, fervente catholique, ne comprend toujours pas la décision des médecins : "Dieu a dit dans sa parole : tu ne tueras pas. Je m'attendais à voir un légume, mais il n'a pas de machines, pas de tuyaux, rien de tout ça, il est vivant et on veut le tuer !"

Philippe aussi est inquiet, son fils Antoine est hospitalisé depuis 14 ans : "la question, c'est demain, Vincent Lambert c'est mon fils ! Et on est 1.700 dans cette situation-là. On confisque la décision, il n'est pas question qu'on m'impose quoique ce soit à propos de mon fils, je veux être associé à cette délibération".

"Vincent a des réactions. J'ai des tas de vidéos que personne ne veut voir"

Décision que ne comprend pas Viviane Lambert : elle dénonce une "euthanasie déguisée, ils sont en train de le tuer" et demande à ce que son fils soit transféré dans une unité spécialisée. "Vincent n'est pas en fin de vie, confie-t-elle. Il n'est pas sous obstination déraisonnable, il vit à côté de nous, il a des réactions. J'ai des tas de vidéos que personne ne veut voir. On est parti trois jours, il pleurait quand il nous a reconnus !

C'est l’heure des dernières tentatives pour les avocats : ils se tournent maintenant vers Emmanuel Macron et annoncent déposer d’autres recours dès aujourd’hui. Mais est-ce que ces recours vont retarder l'arrêt des soins ? Pour Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune et qui défend le maintien en vie de Vincent Lambert, "tout dépend de la conscience de ceux qui ont le doigt sur la gâchette !

 

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