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Violences policières: des coups à l'origine des graves blessures d'Hedi et non le tir de LBD

Un an après les émeutes, l'enquête sur les violences policières contre Hedi à Marseille a établi que les coups portés sur le jeune homme sont à l'origine de ses plus graves blessures et non le tir de LBD, ont indiqué à l'AFP son avocat et une source proche de l'enquête.

Christophe SIMON - AFP/Archives

Un an après les émeutes, l'enquête sur les violences policières contre Hedi à Marseille a établi que les coups portés sur le jeune homme sont à l'origine de ses plus graves blessures et non le tir de LBD, ont indiqué à l'AFP son avocat et une source proche de l'enquête.

L'information révélée par France Bleu Provence s'appuie sur un rapport d’expertise médicale réclamé par les juges d'instruction que la radio dit avoir pu consulter.

L'avocat de Hedi, Me Jacques-Antoine Preziosi, a confirmé auprès de l'AFP que "ce sont a priori les coups portés au sol après le tir de LBD qui sont à l'origine des plus importantes séquelles" et non le tir qui semblait "le plus spectaculaire pour tout le monde".

Le jeune homme, âgé de 22 ans au moment des faits dans la nuit du 1er au 2 juillet 2023, avait été amputé d'une partie de son crâne après un tir de LBD et un déferlement de coups de poing et de pied de policiers alors qu'il se trouvait au sol.

"L'enquête a établi que les blessures du jeune homme ne sont pas imputables au tir de LBD mais à un objet s'apparentant à une matraque", a aussi indiqué à l'AFP une source proche de l'enquête.

Contacté à plusieurs reprises par l'AFP, le parquet de Marseille n'a pas répondu aux sollicitations.

Quatre policiers de la Brigade anticriminalité de Marseille ont été mis en examen dans ce dossier et le tireur de LBD avait été incarcéré en détention provisoire 40 jours l'été dernier avant d'être libéré sous contrôle judiciaire.

Un an après les événements traumatiques de 2023, Hedi s'est présenté dans le quotidien régional La Provence, avec un crâne reconstitué. "Visuellement, on m’a remis le morceau de crâne dont j’ai été amputé mais je vais devoir repasser par une, ou deux opérations. La greffe n'a pas pris…", a-t-il témoigné évoquant aussi "des crises d’angoisse à l'approche de la date anniversaire".

L'avocat de Hedi, Me Jacques-Antoine Preziosi, à la Cour d'appel d'Aix-en-Provence, le 3 août 2024

L'avocat de Hedi, Me Jacques-Antoine Preziosi, à la Cour d'appel d'Aix-en-Provence, le 3 août 2024

CLEMENT MAHOUDEAU - AFP/Archives

Son avocat souhaiterait une reconstitution qui permettrait de définir le rôle de chacun et également celui de la commandante du groupe, qui a été entendue sous le statut de témoin assistée, sans faire l'objet de poursuite, selon lui.

L'expertise médicale oriente en tous cas l'affaire vers un probable procès en correctionnelle et non aux assises car elle qualifie "l'agression de délit mais pas de crime", a expliqué Me Preziosi.

Lors des émeutes consécutives à la mort de Nahel, 17 ans, tuée le 27 juin 2023 d'une balle tirée par un policier à Nanterre (Hauts-de-Seine) lors d'un contrôle routier, un jeune homme est mort et plusieurs autres dont Hedi ont été blessés.

C'est dans la deuxième ville de France que le plus grand nombre d'enquêtes pour des soupçons de violences policières sont en cours. Au total, le parquet a ouvert 10 enquêtes dont cinq font l'objet d'investigations approfondies dans le cadre d'informations judiciaires, avait-il confirmé à l'AFP le 20 juin.

AFP / Marseille (AFP) / © 2024 AFP

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