Violence conjugale : "Il y a un dysfonctionnement des pouvoirs publics"

70 femmes ont été tuées par leur conjoint depuis le début de l'année. Le "Collectif des proches et familles des victimes de féminicides" a lancé un appel aux pouvoirs publics, intitulé "Protégez-les!", dans Le Parisien Aujourd’hui en France de dimanche. Noël Agossa, oncle d’Aïssatou, 21 ans, jeune femme tuée en 2016 par son ex-petit ami et l’un des initiateurs de l’appel, était "L’invité de l’actu" dans la matinale de Sud Radio du 1er juillet animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger. 

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"Notre cri d'alerte s'adresse en priorité à la police"

Une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint. Dans l'appel du "Collectif des proches et familles des victimes de féminicides" lancé aux pouvoirs publics, intitulé "Protégez-les !", il est expliqué que bien souvent, les dépôts de plaintes par les victimes de menaces n'ont pas permis d'empêcher le drame avant le passage à l'acte. Y a-t-il une défaillance des pouvoirs publics ? "Il y a un dysfonctionnement des pouvoirs publics, aussi bien la police que la justice. En 2016, il y a eu 14 dépôts de plainte et rien n'a fonctionné. Les plaintes ne sont pas enregistrées officiellement et quelques jours après, c'est jeté à la poubelle. 

Notre cri d'alerte s'adresse en priorité à la police. On demande des mesures de protection. Il y a des solutions de mises à l'abri mais il faudrait plus de solutions d'accompagnement dès le dépôt de plainte. En Espagne, au Canada, il y a aujourd'hui des choses qui fonctionnent". 

"Il faut du concret, il y a urgence d'agir"

"La première chose à faire est de croire les femmes menacées de violence par leur conjoint qui viennent porter plainte. On pense beaucoup qu'elles affabulent, qu'elles mentent, au bout de la deuxième ou la troisième plainte. Dès la première plainte, il faut mettre un bracelet à l'accusateur pour éviter des tensions et surtout un éloignement. Pour cela, il faut des décisions judiciaires et politiques".

Sur un plan politique, le Collectif réclame un grenelle des violences faites aux femmes. "Les instances politiques, les associations, les familles des victimes, la police et la justice : tous les décisionnaires doivent se regrouper et décider concrètement des choses à mettre en place. Il faut du concret, il y a urgence d'agir".

Un rassemblement est organisé samedi 6 juillet à 17h place de la République à Paris pour protéger toutes les femmes de France. "On espère que le 6 juillet va faire changer les choses !"

 

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Retrouvez "L’invité de l’actu" du lundi au vendredi à 8h10 sur Sud Radio, dans la matinale de Cécile de Ménibus et Patrick Roger.
 

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