Vaccination contre le Covid-19 : "on nous met des bâtons dans les roues"

Xavier Caloin, infirmier libéral dans le Lot, administrateur national du syndicat Convergence infirmière, secrétaire adjoint de l’Union Régionale Professionnels de Santé-infirmiers-Occitanie, était interviewé dans "le coup de fil du matin" sur Sud Radio le 12 janvier. "Le coup de fil du matin" est diffusé tous les jours à 7h12 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

Les process mis en place pour se vacciner créent déjà des embouteillages, témoigne un infirmier libéral. (Mehdi Fedouach - AFP)

Quelles sont les difficultés rencontrées au quotidien lors de cette campagne de vaccination contre le Covid-19 ? Un infirmier libéral qui vaccine contre le Covid-19 témoigne.

 

"Je n’ai vu aucun effet secondaire"

"J’incite tous les Français et les Français à se vacciner. Il n’y a aucune raison scientifique de ne pas se protéger", estime Xavier Caloin, infirmier libéral dans le Lot, par ailleurs administrateur national du syndicat Convergence infirmière. Mais que répondre aux sceptiques quant à son efficacité ou à ses effets secondaires ? "Il faudrait beaucoup moins lire Facebook et les réseaux sociaux, et beaucoup plus la presse spécialisée. C’est un vaccin basé sur la méthode de l’ARN messager, qui existe déjà depuis des années, notamment pour les traitements anti cancer."

"Si l'on a été si rapide, c’est parce que l’on a mis beaucoup de moyens et surtout que l’on a réduit les temps administratifs, estime le secrétaire adjoint de l’Union Régionale Professionnels de Santé-infirmiers-Occitanie. Mais toutes les règles de sécurité ont été respectées. Quant aux effets secondaires ou indésirables, ils sont pour le moment extrêmement faibles. Je vaccine beaucoup, je n’ai vu aucun effet secondaire."

 

"Protéger les décideurs crée clairement un embouteillage"

Dans le Lot, "c’est paradoxal, estime Xavier Caloin. Il y a beaucoup de bonne volonté, mais on nous a mis beaucoup de bâtons dans les roues. On a créé une forme de suspicion pour ce vaccin. D’abord, il faut une consultation médicale, mais il faut aussi un consentement. Pourquoi pour ce vaccin et pas pour les autres ? Il serait très différent des autres, dangereux ? Si vous venez vous faire vacciner, c’est que vous êtes consentant. On a créé une lourdeur administrative, avec une surveillance de trente minutes après, qui fait que vacciner est très difficile. C’est lourd."

"Moins en tant qu’infirmier libéral, je ne peux pas vacciner dans mon cabinet, uniquement parce qu’il y a un ensemble de procédures, de protections juridiques, explique cet infirmier libéral dans le Lot. Ce sont des parapluies. L’objectif est de protéger les décideurs et cela crée clairement un embouteillage." Quel vaccin est disponible ? "J’ai fait à peu près une centaine d’injections de vaccins, il s’agit du Pfizer. Nous avons quelques super congélateurs à -80°C, et nous sommes livrés en flux tendu au dernier moment. Le lendemain matin, on peut faire les injections. Il peut y avoir un peu de perte. Avec ces fioles de 5, on peut faire 6 ou 7 injections si l’on est expérimenté. Il n’y a donc pas de pertes. On va faire l’injection à un soignant devant être vacciné, devant un médecin, et ainsi la dose n’est pas perdue."

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