Urgences en France : "on est repartis comme il y a trois mois"

Yann, Infirmier aux urgences-Smur de Mont-de-Marsan, membre du collectif Inter-urgences, était interviewé dans "le coup de fil du matin" sur Sud Radio le 4 Juin. "Le coup de fil du matin" est diffusé tous les jours à 7h12 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

Un membre du personnel soignant fait une pause aux urgences de l'hôpital Louis-Pasteur à Colmar, le 26 mars 2020 (SEBASTIEN BOZON - AFP)

Comment évolue la situation dans les hôpitaux ? Quelles sont les nouvelles au sein des services d’urgences ?

 

Retour à l'avant-Covid

"La situation est similaire à celle constatée au niveau national, avec une baisse notoire des cas de coronavirus, explique Yann, infirmier aux urgences-Smur de Mont-de-Marsan, membre du collectif Inter-urgences. On ne va pas s’en plaindre ! Nous avons également une baisse des présences en réanimation. Nous sommes plutôt sur la bonne voie."

Est-ce que les personnels soignants peuvent enfin souffler un peu dans les hôpitaux ? "Pas trop, corrige cet infirmier aux urgences-Sur. L’activité a complètement repris. On se retrouve donc dans la situation de l’avant-Covid, avec tous nos problèmes des gestions en termes de manque de personnel, de lits. On est repartis comme il y a trois mois."

 

Les soignants veulent faire du bruit

Après cette parenthèse de deux mois pendant laquelle tout le monde s’est concentré sur l’urgence, "la situation reste la même, estime ce membre du collectif Inter-urgences. Avec l’arrêt du confinement, les gens ont repris le travail, sortent… Les accidents de la route reviennent, les choses se remettent en place et l’hôpital est là pour y répondre. D’où la bataille du collectif pour obtenir ce que nous revendiquons et essayer de nous faire entendre avec ce Ségur de la santé. Et ce n’est pas évident !"

Les soignants ont-ils peur de retomber dans l’oubli, alors que l’on n’applaudit plus les personnels soignants chaque soir à 20 heures ? "Nous allons tout faire pour que cela n’arrive pas. Ce sont les soignants qui font du bruit ; nous avons instauré les mardis et les jeudis de la colère. Nous étions une centaine, mardi soir, à faire du bruit avec des casseroles. On veut interpeller celles et ceux qui nous soutenaient. La bataille est pour les soignants, mais surtout pour les usagers, pour un hôpital meilleur. L’hôpital nous appartient à tous."

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Retrouvez "le coup de fil du matin" du lundi au vendredi à 7h12 sur Sud Radio, dans la matinale de Cécile de Ménibus et Patrick Roger.
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