"Une profession soumise au rouleau-compresseur Blanquer"

Karim Bacha, directeur d’une école élémentaire de l’Île-Saint-Denis et porte-parole du syndicat SNU Ipp FSU 93, était interviewé dans "le coup de fil du matin" sur Sud Radio le 3 Octobre. "Le coup de fil du matin" est diffusé tous les jours à 7h12 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

L'école maternelle, nouveau chantier de réforme pour Emmanuel Macron ? (©Tim Douet)
Une directrice d'école primaire de Pantin s'est suicidée.

En Seine-Saint-Denis, les enseignants sont en grève aujourd’hui après le suicide d’une directrice d’école à Pantin.

 

De plus en plus de tâches administratives

Quel est le quotidien d’une directrice d’école ? "C’est un nombre incalculable de tâches, de choses à penser, normalement pour le bien-être et la réussite des élèves, détaille Karim Bacha. Malheureusement, toutes ces injonctions, ces réformes à coups de rouleaux compresseur depuis deux ans et demi, tendent à nous éloigner de la nature de notre métier et de nos missions premières."

Est-ce un quotidien de plus en plus administratif ? "Notamment, estime ce directeur d’une école élémentaire de l’Île-Saint-Denis. Ces tâches administratives ne sont pas forcément nos priorités, quand on rentre dans cette fonction. C’est aussi une conséquence des réformes qui nous conduit à mettre en oeuvre un formatage des enseignants, de nos manières de travailler. Nous avons de plus en plus de guides, d’évaluations imposées, en CP, CE1, maternelle, des attendus de fin d’années… Les enseignants sont pressurés. C’est toute une profession dans le premier degré qui est soumise au rouleau compresseur Blanquer."

80% des directeurs comme Christine Renon

La réforme des rythmes scolaires, il y a cinq ans, est aussi passée par là. "En effet, la question des rythmes scolaires a bouleversé un certain nombre de choses, mis en difficulté la relation avec les municipalités, reconnaît également le porte-parole du syndicat SNU Ipp FSU 93. Elle a beaucoup de conséquences sur le quotidien de la classe. Nous, dans notre ville, on en est sorti par le haut. À Pantin, ce n’est pas le cas. 80% des directeurs se reconnaissent dans la lettre de Christine Renon, à quelques détails près. Quand elle signe « directrice épuisée », c’est parce que nous sommes dans un rouleau compresseur depuis deux ans, qui nous bouscule dans notre éthique."

À cela s’ajoute la relation avec les parents au quotidien. "La relation aux familles est une de nos premières missions, confirme Karim Bacha. En CP, on accueille les nouveaux parents. Les enseignants, les directeurs d’école savent le faire. Cette année, nous avons reçu début septembre la lettre pour les parents de CP. Cette lettre, je l’ai mise de côté. Les parents, je sais les recevoir."

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Retrouvez "le coup de fil du matin" du lundi au vendredi à 7h12 sur Sud Radio, dans la matinale de Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

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