éditorial

L'édito de Yolaine de La Bigne

Yolaine de La Bigne

Avec le mouvement #MeToo, on voit de nouvelles initiatives comme cette île interdite aux hommes, est-ce bien sérieux ?

Elle se situe en Finlande, au large de la mer Baltique, c’est une île paradisiaque comme dans les pubs avec tout sauf... Des hommes. SuperShe n’accueille que des femmes. Le concept : se retrouver entre soi, en pleine nature, pour se retrouver soi-même avec un programme très bobo : méditation, yoga, bain de forêt, régime détox. On dort dans des bungalows en bois, confortables mais sobres. Sur les tables de nuit, on a un carnet de notes pour écrire, réfléchir. Tout est bio, compostable ou recyclable, les toilettes sont sèches et on mange des aliments hyper sains, cultivés à côté et sans gluten.

Et ça coûte combien ce programme paradisiaque ?

Cher ! 5000 dollars la semaine car cette île est réservée à des femmes d’influence, non seulement riches mais puissantes qui viennent se ressourcer loin des regards. Ce lieu a été ouvert fin juin 2017 par Kristina Roth, une business-woman germano-américaine, qui a fait fortune dans la « tech » avant de devenir une gourou du bien-être. Le succès a été immédiat. Des milliers de femmes ont écrit et écrivent encore des lettres de motivation pour avoir l’honneur de venir et une centaines d’heureuses élues ont pu poser le pied sur ce nouveau paradis féministe où les hommes sont interdits afin, explique Kristina Roth, que ces femmes puissent réellement être elles-mêmes sans être en concurrence ni dans la séduction.

Ces femmes viennent pour se reposer ? Ou aussi pour se rencontrer et faire du business ?

Quel séjour à la montagne correspond à votre tempérament ? C’est vraiment pour se reposer le corps mais surtout la tête. En général, ce sont des citadines hyperactives, qui viennent du monde entier. Avocates, PDGères de grosses sociétés, elles ont envie de s’arrêter, parfois de se remettre en question. D’ailleurs, souvent elles pratiquent aussi les retraites en monastères ou les stages de yoga mais la différence sur SuperShe c’est le côté Girl Power. Ici, elles peuvent se confier, parler de leurs problèmes intimes. Bien sûr, certains critiquent ce côté « entre femmes » mais Kristina Roth répond qu’il s’agit d’un club réservé aux femmes comme il en existe depuis des siècles pour les hommes et que le mouvement #MeToo induit une solidarité féminine qui fait du bien. Critique ou pas, le concept marche tellement bien, qu’elle ouvre ce mois-ci une autre SuperShe à Hawaï et en prévoit une 3ème aux Caraïbes.

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