Un Ehpad réservé aux Covidés - asymptomatiques - pour lutter contre l'isolement

Avec des discours politiques qui laissent entendre l'arrivée d'une deuxième vague et des mesures adéquates, une question est revenue sur la table des priorités : comment protéger nos aînés tout en évitant leur "mort sociale", ou du moins leur isolement total, lorsque ces derniers sont testés positifs au Covid-19 ? Reportage de Christine Bouillot à Cordes-sur-Ciel.

Le besoin d'interaction sociale chez les personnes âgées est passée au second voire au dernier plan lors du confinement. Désormais, il s'agit d'éviter l'isolement total de ceux qui sont touchés par le Covid-19. (Photo de Jeff Pachoud / AFP)

Un reportage de Christine Bouillot pour Sud Radio.

 

 

Si elles sont les plus à risques, les personnes âgées sont aussi - et surtout - celles qui ont le plus souffert du confinement. Dans le Tarn, un Ehpad d’un nouveau genre va ouvrir ses portes aujourd’hui : il va exclusivement recevoir des personnes âgées atteintes du Covid, à une précision près : il faudra qu'elles soient asymptomatiques et non malades.

Après avoir vu avec ses équipes les conséquences désastreuses du confinement strict et sans visite dans les Ehapd, le directeur de l'Ehpad de Cordes-sur-Ciel, Guillaume Marzocchi, a construit une solution innovante.

"Durant la première vague, ça a été un vrai questionnement éthique auquel nous avons été confrontés : doit-on les enfermer dans leur chambre avec des médicaments ? Non, ce n'est pas possible, ce n'est pas humain. Nous ne voulions pas de ça pour la deuxième vague", explique le directeur de l'Ehpad en question.

Dès cette semaine, une vingtaine de chambres d’un Ehpad reconfiguré seront réservées à des personnes âgées testées positives mais asymptomatiques. Elles ne seront donc plus enfermées, seules, face à elles-mêmes.

"Quand ils sont asymptomatiques, ils ne se sentent pas malades, et donc là ils pourront vaquer librement à leurs occupations, faire ce qu'ils ont envie de faire, conserver du lien social. Le but est de les isoler par rapport à ceux qui n'ont pas contracté le Covid-19, mais pas de les enfermer dans un espace réduit de 15 à 20 mètres carrés."

Ici, toutes les équipes sont volontaires pour venir travailler. L'expérimentation, elle, va durer lors des trois prochains mois avant d'en tirer des conclusions probantes pour, éventuellement, généraliser cette méthode. L'Agence régionale de santé et le département du Tarn ont évidement donné leur feu vert et les moyens nécessaires à l'agencement des infrastructures.