À Toulouse, Jacqueline Naman, 76 ans, va-t-elle se retrouver à la rue ?

Jacqueline Naman, 76 ans
À Toulouse, Jacqueline Naman, 76 ans, va-t-elle se retrouver à la rue ? Sud Radio

À Toulouse, Jacqueline Naman, 76 ans, va-t-elle se retrouver à la rue ? Depuis la fin de la trêve hivernale le 31 mars dernier, suspendant toute mesure d’expulsion d’un domicile pendant la période d’hiver, cette retraitée, endettée et touchant une toute petite pension, n'arrive plus à payer un loyer qui, lui, a augmenté. À tout moment, elle peut se retrouver à la rue. Ce matin, ses soutiens organisent une manifestation devant la préfecture. Christine Bouillot de Sud Radio l’a rencontrée.

"Ils ont reconnu la précarité de ma situation mais ils m'ont dit qu'il fallait payer mon loyer"

Dans son petit T2 sans chauffage et insalubre, Jacqueline Naman accumule les courriers : "Alors ministre de la Justice... 'Nous sommes là pour vous aider'... Tu parles comme ils aident !". Jacqueline vit là depuis trente-six ans mais, pour la retraitée, la spirale infernale a commencé en 2015, au décès de son ex-mari qui l’aidait toujours à payer son loyer. Une procédure d’expulsion a été engagée par le propriétaire contre Jacqueline Naman pour loyers impayés.

Avec sa toute petite pension de 845 euros, impossible de verser les 550 euros de loyers, les dettes de loyer finissent par s’accumuler (près de 7.000 euros avec les rappels des charges ). "Depuis 2015 jusqu'à ce jour, rien n'est payé. J'ai fait deux demandes de surendettement et ça a été accordé, ils ont reconnu la précarité de ma situation. Mais ils m'ont bien dit qu'il fallait payer mon loyer. Mais comment voulez-vous, avec 845 euros par mois, payer un loyer plus le reliquat sur les charges ? C'est impossible !"

À cela s'est ajoutée la suspension de l’allocation pour le logement (APL) dispensée par la CAF, tant que l'ardoise des loyers n'était pas réglée. Quant aux demandes de logements sociaux, elles restent lettres mortes : "Je n'ai pas le droit aux logements sociaux parce que je dois une somme. Ça leur fait peur, ils vont croire que je vais recommencer et se dire qu'ils auront des logements impayés".

"75% sont éligibles à un logement très social, pour seulement 29% de logements très sociaux construits"

En revanche, l’état de l’appartement ne s’est pas amélioré. Un dégât des eaux, en 2009, a provoqué des trous et laissé des moisissures sur les murs de l’appartement. Son logement a été reconnu comme insalubre par le service communal d’Hygiène et de Santé, en 2014. De plus, par mesure d’économie, Jacqueline ne chauffe plus son appartement.    

Son cas n’est pas isolé dans la métropole toulousaine, selon François Piquemal, porte-parole de Droit au logement (DAL) 31: "En 2017, on a recensé 32.000 demandeurs de logements sociaux, dont 75% sont éligibles à un logement très social, pour seulement 29% de logements très sociaux construits dans Toulouse Métropole".  

Pour aider Jacqueline, ses soutiens organisent une manifestation, ce matin, devant la préfecture.    

 

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